I. In Heitz et Rentier {Rev. Neurol., 1901, p. OU
TUMEURS DU LOBE TEMPORO-SPHÉNOÏDAL
sont en rapport avec les voies olfactives provenant du bulbe olfactif ; la plupart des physiologistes leur attribuent un rôle impoi tant dans les fonctions de /'odorat et du goût (Ferrier, Bechterew, Gorschkow, Gowers, Flechsig, Luciani, Fasola, etc.)'
Il ne seia pas étonnant de voir leurs lésions provoquer des tioubles olfactits ou gustatifs, tels que l’anosmie, la parosmie, l’hyperosmie, ou l’aura-olfactive, l’agneusie, etc. (Déjerine)1.
6° Par son extrémité antéro-inférieure , le lobe temporo-sphénoidal est logé dans la fosse cérébrale moyenne; et, en dedans, il confine aux organes de la base et aux pédoncules : il en résulte que ses néoplasmes produisent de ce côté des symptômes de compression, utiles à connaître; en particulier, des hémiparésies et des hémi-anesthésies.
C est en tenant compte de ces données anatomo-physiologiques qu on arrive à ranger les tumeurs du lobe temporal, en des groupements rationnels, assez caractéristiques : la clinique en confirme l’importance, ainsi que nous allons l’établir.
A- — Tumeurs ayant produit de la surdité physique, ou de la surdité verbale. — Troubles labyrinthiques.
Raymond, dans une de ses dernières leçons cliniques, rapporte l’histoire d’un maquignon qui, à la suite d’un coup de pied de cheval sur la région pariétale gauche, vit, quatre mois après, apparaître les symptômes classiques d’une tumeur cérébrale (céphalée, vomissements, œdème papillaire); il survint une surdité droite , avec vertiges, démarche ébrieuse, état d’hébétude, etc. ; il n’y eut jamais de phénomènes moteurs ou oculaires, pas d’attaques d’épilepsie. L’évolution, très rapide, se termina en dix mois : à l’autopsie, on trouva un gliome kystique hémorragique, occupant tout le centre ovale du lobe temporal gauche.
On peut rapprocher de ce fait une observation de Vigouroux, ou il ne s’agissait pas de tumeur, mais d’un ramollissement ancien, occupant la moitié postérieure de T', et la partie postérieure du gyrus marginalis, sans altération du pli courbe. Le malade n'eut ni surdité physique, ni surdité psychique, mais uniquement de la surdité verbale', il n’y avait ni aphasie, ni paraphasie, ni cécité verbale2.
1. Gorschkowe, centres de l 'odorat et du goût (voir Rev. neurol., 1903, p. 764, et Arc/i. de neurol., 1903, I, p. 266).
2. Raymond ( Cliniques , V, 1901, p. 13). — Vigouroux (Soc. Anat ., 1901,
P- 711). Voir aussi le cas de Ballet (Rev. neurol., 1903, p. 083 et van Gehuchlen et Goris (Nevraxe, III, p. 63 et Rev. neurol., 1903, p. 156).
tumeurs ayant produit de la surdité
Wernicke et Friedtander rapportent un cas intéressant dans lequel la cause de la surdilé et d’une aphasie sensorielle fut une production néoplasique occupant les deux lobes temporaux (plus exactement, le lobe temporal à gauche et, à droite, le lobe pariéto-temporal ’).
On pourrait citer encore des observations de bchiess-Gemuseus, Ormerod, Mills et Bodmer, où il est fait mention de suidité physique, psychique, ou verbale 2.
Lorsqu’il s’agit de néoplasmes du lobe temporal, bien plus fréquents sont les phénomènes d’excitations des centres auditifs CORTICAUX.
Strumpell, pour un gliome gros comme une pomme, occupant P1 et P2, qui avait produit les troubles ordinaires de la motilité et de la sensibilité, mais qui était entouré d’une zone de ramollissement, pénétrant probablement jusqu’à T1, constata dans l’oreille gauche, qui cependant était d’une intégrité absolue, de la dysacousie, des bourdonnements, des sifflements; le malade entendait des sons de flûte, des gazouillements d’oiseaux^ et était affecté d’une surdilé complète, même au contact des os.
Luhrmann invoque l’existence d’une gomme temporale, pour expliquer, chez un malade (qui avait, en outre, présenté quelques troubles paraphasiques), la diminution brusque de Vacuité auditive de l’oreille droite, et des bruits subjectifs très violents.
Kaplan3, chez un malade (qui présentait, en outre, d’autres troubles intéressants), vit des accès d 'épilepsie sensorielle , avec aura auditive (paroles articulées), hallucinations de l’ouïe, et grande excitabilité : sarcome de la partie interne du lobe temporal, atteignant la partie antérieure de T1.
Dans un cas observé par Gowers, pour une tumeur dont la plus grande partie siégeait dans la circonvolution temporale supérieure, il y eut des convulsions, qui commençaient par une aura auditive dans l’oreille du côté opposé. — Dans un autre cas, une tumeur de la même région déterminait des convulsions, précédées d’un sifflet bruyant de machine. — Le malade deWestphal, chez lequel on trouva une tumeur du lobe temporal gauche, eut, au début et pendant le cours de ses lésions, des attaques qui s’accompagnaient de bourdonnements d'oreille. — Bennett signale
1. Wernicke et Friedlttnder ( Forschritte (1er Meclicin, 1883 , n" 6, und Wernicke' s Lehrbuch).
2. Cités par Oppcnhcim, Schiess-Gemuseus ( Monat . f. Augenheilk ., 1875); Ormerod (Prit. med. Journ., mars 1884); K. Mills et Bodmer (Journ. of nerv. und mental di.sca.se , 1887, XIV).
3. Strumpell (Arch. de Neurol., 1884, p. 80). — Luhrmann (Arch.de A'earo/., 1890,11, p. 314). — Kaplan [AI, Ig. Zeit. f. Psgch., 1898, p. 957, et Rev. Neurol., 1S9S. p. 408).
TUMEURS DU LOBE TEMPORO-SPHÉNOÏDAL
plusieurs faits de cette nature. — Wilson parle d’un malade qui, quatre mois avant sa mort, eut de violentes douleurs d'oreilles , à la
suite desquelles il tombait sans connaissance et dans des convulsions : on trouva une tumeur dans le lobe temporal droit. — Ormerod observa un fait de cette nature1 2.
Il faut, enfin, signaler l’observation si intéressante de Sérieüx et Mignot, où, dans un cas de kystes hydatiques multiples, du volume d’une noisette, dont quelques-uns occupaient les centres auditifs des deux circonvolutions temporales droite et gauche, on constata: une
surdité complète , bilatérale et brusque , des hallucinations de l'ouïe très marquées, et, en même temps, de l’excitation maniaque et de la logorrhée 2 (fi g.
Eig. 132. — Kystes hydatiques de la face externe de l'hémisphère droit (P. Sérieux et R. Mignot) : — F‘F!FS, circonvolutions frontales; — Fa, Pa, circonvolutions frontale et pariétale ascendantes; — Ps, Pi, lobules pariétaux ; — Pc, pli courbe; — O'O'O’, cire, occipitales; — T1 T* T’, cire, temporales; — 1, scissure de Sylvius ; — 2, Scissure de Rolando; — 3, sillon interpariétal; — 4, sillon parallèle; — 5, sillon pariéto-occipital.
Fig. 133. — Kysles bydatiques de la face externe de l’hémisphère gauche (P. Sérieux et R. Mignot) : — F'F’F", circonvolutions frontales; — Fa, Pa, cire, frontale et pariétale ascendantes ; — P* P! PJ, lobules pariétaux ; — T' T’ T’, cire, temporales; — O1 0! 0J, cire, occipitales; — 1,2, 3, 4, 5, scissures de Sylvius, de Rolando, inter-pariétale, parallèle, et pariéto-occipilule.
Relativement à la