TUMEURS DU LOBE TEMPO RO- SPHÉNOÏDAL
Les circonvolutions temporales. — Leur rôle fonctionnel : centres auditifs, physique, verbal, psychique; les fibres d’association du langage et les aphasies sensorielles; les centres du goût et de l’odorat.' — Tumeurs ayant produit la surdité physique, ou la surdité verbale; troubles labyrinthiques. — Tumeurs se caractérisant par des troubles d’aphasie sensorielle; causes d’erreur par compression des tumeurs des lobes voisins; symptomatologie effacée des tumeurs du lobe temporal droit. — Troubles moteurs propres au lobe. — Tumeurs de la portion sphénoïdale, se révélant par des signes de compression des organes de la base ; hémiparésies et hémianesthésies, lésions des nerfs. — Tumeurs de la région olfactive. — Déductions.
Le lobe temporal (flg. 129) forme une pyramide triangulaire, très allongée, dont la base repose sur le lobe pariétal , auquel elle est unie par le gyrus supra-marginalis et par le pli courbe, et sur le lobe occipital. — Sa face externe comprend les trois circonvolutions temporales (T1, T2, T3), séparées par des sillons longitudinaux; celles-ci ont une origine commune dans la pointe ou extrémité du lobe ( pôle temporal de Broca).
Sa face supérieure est cachée dans la scissure de Sylvius : elle comprend les deux circonvolutions temporales profondes ou Iransv erses.
Sa face inférieure présente deux circonvolutions, qui se continuent sans ligne de démarcation avec les lobules fusiforme et lingual ( circonvolutions temporo-occipitales )*.
Le diagnostic topographique des néoplasmes qui occupent ce lobe a été assez souvent affirmé et vérifié par les cliniciens, dans ces derniers temps, en se basant sur les considérations physiologiques et anatomo-cliniques suivantes :
1. Au point de vue nosographique, nous rapprocherons du lobe tem-
poral la circonvolution du crochet (17 y rus uncinatus), la circonvolution de
l’hippocampe, et môme la circonvolution godronnée et la corne d’Ammon, qui, en anatomie, font partie du lobe limbique de Broca.
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4. C’est sur la partie postérieure de la première circonvolution temporale que les expérimentateurs (Ferner, Munk, Luciam et Sburini?K. Mills, Gowers, etc.) placent le centre auditif
commun ( centre auditif physique).
Quelques-uns le délimitent au tiers postérieur de T et T Flechsig indique qu’il occupe la partie la plus reculee de 1 ,
K P,rlC,„, ^
Fi". 129. — Face externe de l'hémisphère droit (Déjerine). U’après la photographie d une pn.ce durcie dans l’alcool. - F4 F2 F3, première, deuxième, troisième circonvo utions frontale ,
— C, cap de la troisième cire, frontale; - f, f2, premier et deuxieme sillons frontaux, r, sillon de la deuxième cire, frontale; - f3, troisième sillon frontal ou incisure m H,
Fa, cire, frontale ascendante; — fm, sillon fronto-marginal ; Gsm, girus supia n nalis; — I, insula; — ic, incisure du cap; — io, sillon interroccipital ; — ip, sillon înlerpariétal ; - ipo, incisure pré-occipitale; -- K", éperon inférieur de la scissure calcarme;
O, 0*0,, première, deuxième, troisième cire, occipitales; — o2, deuxième sillon occipita ,
— oa, sillon occipit. antérieur; — oFt oF2 0F3, partie orbitaire des cire, ion a es, OpF3, opercule frontal ; — OpP2, opercule pariétal ; — OpR, opercule rolandique ; — P, t 2, première et deuxième cire, pariétales; — Pa, cire, pariétale, ascendante; — Pc, pli courbe;
— po, scissure pariéto-occipilale ; — por, sillon post-rolandique; — pri, sillon pre-rolandique inférieur; — prs, sillon prérolandique supérieur; — R, R’, sillon de Rolando, interrompu par un pli de passage superficiel (Y), siégeant au voisinage de l’opercule rolandique; S (v), branche verticale de la scissure de Selvius; — soe, sillon orbitaire externe;
T, T, T-,, cire, temporales; — t\ sillon parallèle; — t't t'2, ses branches verticales; — t2, deuxième sillon temporal; — Y, pli de passage superficiel, interrompant la scissure de Rolando.
mais qu’il s’étend aussi sur la partie voisine de la face supérieure du lobe, sur la circonvolution temporale profonde ou transverse, cachée dans la scissure de Svlvius.
Là, en définitive, dans cette région, qui correspond a ce que Munk, chez les animaux, appelle la sphère auditive, aboutissent, après plusieurs relais, dans le bulbe, la protubérance, le
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tubercule quadrijumeau postérieur, et le corps genouillé interne, les expansions terminales du nerf acoustique.
Mais chacun des nerfs acoustiques est en rapport plus ou moins complet avec les deux lobes temporaux : il en résulte que, pour obtenir la surdité physique , absolue (corticale, dans le cas actuel), il serait nécessaire, que les lésions soient doubles. — Nous verrons, cependant, qu’une lésion unique peut altérer manifestement le fonctionnement de l’audition.
2° Dans le lobe temporal gauche, autour, et surtout en arrière
Fig. 130. — La zone du langage et de ses Iroiscenlres d'images (Déjerine) : — A, centre de Wernickc ou centre des images auditives des mots; — B, centre de Broca on centre des images motrices d'articulations; — Pc, centre des images visuelles des mots.
et au-dessous du centre auditif commun, sur la partie moyenne et postérieure de la première et de la deuxième temporales, se déposent les images commémoratives des mots entendus : c’est là l’aire du centre auditif verbal, dont la lésion entraîne la subdité verbale (Wernicke, Ivussmaul, etc.). — C’est, dans ce même territoire des deux premières temporales, selon les recherches de Larionoff, qu’existerait l 'échelle diatonique des sons musicaux , très régulièrement disposée, et correspondant à celle du limaçon de l’oreille interne : sa lésion engendre la surdité tonale (Monakow).
3° Sur cette même face externe du lobe temporal se trouverait aussi le seul centre moteur connu, mais indéterminé dans son siège, de la région, le centre sensorio-moteur auditif : son
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la rotation de la tete et cl qu’on prête l’oreille à un Schaffer; faits clinique Bender '.)
4° Dans la substance blanche du lobe temporal gauche en istent un grand nombre de fibres d'association , qui relient le centre auditif verbal de son cortex aux autres centres du langage (fig. 1- ) • 1 en résulte que ce lobe joue un rôle important dans la fonction du langage, et que ses lésions entraînent des aphasies sensorielles.
5° La circonvolution du Crochet (gxjrus uncinatus), la circonvolution de l’Hippocampe, qui lui fait suite, et même la corne
Fig. |3|. — Voies olfactives centrales (d’après Déjerine) : — Aol, aire olfactive; Bol, bulbe olfactif; — Pol, pédoncule olfactif; — Roi, radiation olfactive, rejoignant [sL] la strie de Lancisi; — Coa, commissure antérieure; — tth, le tænia thnlami ; — tse, le tænia semi-circularis ; — Te, le tuber. cinereum ; — Tm, le tubercule mamillaire ; — NA, le noyau amvgdalien ; — U, la circonvolution du crochet; — Li, première circonvolution limbique ; — H, "circonvolution do l'hippocampe ; — Ce, corps calleux ; — Cing, cingulum ; Cg, corps godronné; — Tg, trigono; — Tgp, pilier postérieur du Irigone; — Th, couche optique; Na, noyau antérieur de la couche optique; — Gh, ganglion do l’habercula ; — GGd, ganglion dorsal; — GGp, ganglion profond de la calotte de Gudden.
d’Ammon, peuvent être rattachées au lobe temporal : par les racines externe, interne et moyenne de la bandelette olfactive, par les arcs marginaux, par le cingulum qui la relie à la circonvolution limbique, par le trigone cérébral, le tænia semi-circularis, les stries de Lancisi, le corps godronné, etc. Ces parties