TUMEURS SE CARACTÉRISANT PAR DES TROUBLES D APHASIE
lésion sous-corticale du lobe temporal, mais qu’il ne faut jamais néCTliCTer d’exercer un contrôle sévère sur l’état anatomique des organes de Vouie ; car, d’après Freund, la surdité verbale est, dans certains cas, le résultat d’une altération des organes périphériques.
Enfin, dans les néoplasmes de cette partie du cortex temporal, on peut observer des troubles labyrinthiques, très manifestes. (Voir obs. Raymond, p. 284.)
B. — Tumeurs se caractérisant par des troubles d aphasie
sensorielle. — (Tumeurs du lobe temporal gauche, très
exceptionnellement, du lobe temporal droit).
Dans le schéma très justifié de Déjerine (fig. 130), la zone du langage recouvre largement le lobe temporal, au moins la première et une partie de la deuxième temporales. Au-dessous de l’écorce, dans la substance blanche, existent abondamment des voies d’association entre les divers centres du langage.
Ainsi qu’on l’a fait remarquer, la destruction d’un seul des centres du langage ou de ses connexions suffit à amener des troubles d’intensité variable, dans les différentes formes du langage (parole, lecture, écriture, chant, gestes, etc.).
Ces considérations nous expliquent la grande valeur des différentes modalités (/'aphasies sensorielles, pour le diagnostic des tumeurs du lobe temporal gauche.
11 importe, pour que la signification topographique soit marquée, qu’il y ait manifestement prédominance des troubles sensoriels de l’aphasie. C’est en se basant sur ces caractères que Wernicke, Kohler, West, Spiro et Oppenheim établirent un diagnostic exact. Sommer localisa aussi une tumeur dans le lobe temporal, et la trouva par l’opération : Bruns eut la même réussite 1 2.
Si l’existence de I’apiiasie s&nsorielle est un bon signe pour la localisation d’une tumeur dans le lobe Lemporal, il faut cependant savoir qu’il y a de nombreuses causes d'erreur.
C’est ainsi que Fraser, Starr, en raison de l’aphasie, crurent à une affection de la troisième circonvolution frontale gauche :
1. Déjerine et A. Thomas (Heu. Neurol., 1902, p. 927). — P. Bonnier : l’aslasie-abasie labyrinthique (/leu. neurol., 1903, p. 359). 11 place en celle région un centre cortical labyrinthique.
On peut encore observer des signes d'amnésie sensorielle, comme dans le cas de Probsl, où, pour un vaste ramollissement couvrant la région, il y eut surdité tonale (lieu. Neurol., 1902, p. 322).
2. Cités par Oppenheim, p. 111. — II. Spiro (Ueber zwei Faite von llirngeschwulxle, Inaug. Diss., Berlin, 1891). — Sommer (J ahr bûcher /’. Psych., 1891, Bd. XII).
TUMEURS DU LOBE TEMPORO-SPHÉNOÏDAL
l’ouverture du crâne sur ce point fut sans résultat, et l’autopsie révéla une tumeur du lobe temporal gauche
Les néopilasmes du pli courbe et du lobe occipital produisent aussi de I’aphasie sensorielle : mais le trait distinctif réside en ce que, souvent, il y a coexistence de I’hémianopsie. Si celle-ci fait défaut, on peut plutôt penser au siège de la tumeur dans le lobe temporal.
Broca et Brissaud, dans le cas qu’ils communiquèrent à la Société de chirurgie, en 1896, se guidèrent, d’une part, sur l 'absence de troubles moteurs et d'hémianopsie, et, d'autre part, sur l’existence de la cécité verbale , de la diminution de l'acuité auditive , et des troubles aphasiques (parapbasie et amnésie verbale), pour rechercher un sarcome à l’extrémité de la scissure de Sylvius, au voisinage du lobe temporal * il fut trouvé à l’endroit prévu, et opéré avec succès par Broca2.
Sommer, lui aussi, trouva son endothéliome assez volumineux, de la région temporale, parce qu’il avait remarqué que le malade, un architecte, qui avait perdu la notion de \a. signification des dessins géométriques et des nombres, qui avait de la paralysie et l’agraphie, ne présentait pas d’hémianopsie3.
D’autre fois, c’est la coexistence des troubles auditifs, qui décide le diagnostic en faveur du lobe temporal. — Une malade de Botgans et Winkler, aveugle par névrite double, quoiqu’elle ne fût pas sourde, n'entendait pas ce qu’on lui disait (surdité verbale), avait de la paraphasie, de l’intoxication des actes et des mots, et, une diminution réelle de l'acuité auditive à droite, sans lésions de l oreille : une voussure temporale indiquait, d’ailleurs, le siège de la tumeur, un gliome diffus, qui fut enlevé à la curette 4.
Enfin, les néoplasmes des territoires environnants, principalement du lobule pariétal inférieur, de 1 insula, du pli courbe, du gvrus supra-marginal, peuvent aussi déterminer par action à distance, et surtout par compression du lobe temporal, de l’aphasie sensorielle , et la plupart des symptômes propres aux tumeurs de ce lobe.
C’est ainsi que, dans un cas, décrit et figuré par Oppenheim, une tumeur développée dans le ggrus supra-marginalis gauche, comprimant T1, produisit une légère paraphasie et une aphasie