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TUMEURS SE CARACTÉRISANT PAR DES TROUBLES D APHASIE

amnésique, qui peu à peu aboutit à une surdité verbale, bien caractérisée 1 .

Il semble encore qu’un certain nombre de tumeurs de la région temporale, surtout a droite, ne présentent aucun s\ mptôme de localisation, et même restent à peu près latentes.

Il en fut ainsi, d’après Oppenheim, dans un de ses cas per-

Fig. 134. Tumeur du gyrus supramarginalis gauche, avant produit une compression du

lobe temporal (Oppenheim). — Les sillons sont tellement bouleversés par la tumeur, qu’il est impossible de reconnaître sur la figure le cours de la scissure de Sylvius.

sonnels, et dans les faits de Conollv Norman, Prowbridge, Goodhardt, etc.

Dans quelques cas, les apparences sont telles, qu’on croit à un ramollissement simple. Faitout, chez une malade aphémique, qui ne pouvait même répéter son nom, bien qu’elle n’eût ni surdité, ni cécité verbales, ni agraphie, trouva un kyste hydatique, du volume d’un œuf, dans la partie moyenne de T2 et T3, et un peu T1. — Mingazzini enleva une gomme de la même région, ayant donné lieu à de l'aphasie sensorielle et à des crises d’épilepsie jacksonnienne 3.

La manifestation la plus singulière, un peu inattendue peut-

1. Oppenheim (toc. cil., p. 111). — Inversement, par exception, une tumeur située dans le lobe temporal peut, par compression exercée sur le lobe occipital ou le pli courbe, causer de I’hémianopsib. Trompés par ce symptôme, Wood et Agnew trépanèrent sur le cuneus, au niveau du centre visuel, alors qu’il s’agissait d’un néoplasme du lobe temporal (Wood et Agnew, University med. Magazine, avril 1889).

2. Conolly Norman ( Journ . of mental Sc., July 1896). — Prowbridge (Journ. of nerv. and mental disease , 1891). — Goodhardt ( Lancet , 1886, 1).

3. Faitout (Soc. Anal., 1896, p. 643). — Mingazzini (Rev. Neurol., 1902, p. 726).

duket

TUMEURS DU LOBE TEMPORO-SPHÉNOÏDAL

être, des tumeurs du lobe temporal, consiste dans l’apparition de doubles d’aphasie sensorielle, lorsque la tumeur siège a droite.

Oppenheim en a observé deux cas, Dans le premier, il s’agissait d’une femme de cinquante-neuf ans, qui, après avoir souffert longtemps de maux de tête, présenta des troubles du langage, en même temps qu'une hémiparésie gauche. Ceux-ci étaient caractérisés par de la surdité verbale, de la paraphasie, de l’alexie et de l’agrapbie. Plus tard, survint une hémianopsie et une hémihypoesthésie gauches. On trouva une tumeur, occupant la couche optique droite, et s’étendant dans la substance blanche du lobe temporal.

Ce paradoxe d’une tumeur du thalamus et du lobe temporal droits, produisant une aphasie, doit être attribué à ce que la malade était gauchère : elle l’était devenue à l’âge de dix-sept ans (et non par hérédité familiale), à la suite d’une blessure de la main droite, qui la rendit plus habile de la main gauche

Il existe, parait-il, un cas semblable de Bramwell et Nonne. — Westpbal observa une tumeur du lobe temporal de l’hémisphère gauche, qui ne donna pas lieu à de l’aphasie, parce que le malade était gaucher.

Dans le second cas d’Oppenheim, un tubercule du volume d’une noix, occupant le lobe temporal droit , détermina de l’aphasie chez un droitier. L’auteur allemand propose plusieurs hypothèses pour l’interprétation de ce cas difficile : ostéoporose simultanée des deux os temporo-pariétaux constatée à la percussion, qui était douloureuse; l’aphasie était le premier degré d’un état de stupeur, survenu dans les derniers jours ; peut-être l’hémisphère droit avait-il. chez cet homme, une certaine influence sur le langage; ou bien encore on pouvait penser que le virus tuberculeux avait intoxiqué le centre du côté opposé ou y avait déterminé un œdème, comme dans un fait de Dinkler, où une tumeur d’un hémisphère avait produit une hydrocéphalie dans le ventricule de l’hémisphère opposé 2.

En résumé, malgré ces particularités et ces exceptions, on peut admettre, avec Bischoff, que la lésion totale du centre auditif verbal produit de la surdité verbale et des troubles des représentations verbales : parole, écriture, lecture; la parole spontanée n’est cependant pas incompréhensible. — Ce sont là, d’ailleurs, les manifestations ordinaires, caractéristiques, des tumeurs de la région correspondante du lobe temporal3.

1. Il s’agit d’une gaucherie acquise (voir faits : de Kussmaul, Touche, Koster, Joffroy; aphasies sensorielles par lésion temporale droite (Soc. Neurol, et Rev. Neurol., 1903, p. 112).

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