TUMEURS DE LA. PARTIE SPHÉNOÏDALE DU LORE
tantôt du côté de la tumeur , par compression du nert, avant son entrée dans le rocher.
2° La paralysie de la VIe paire, moteur oculaire externe (Theoai i . tumeur occupant le lobule fusiforme, le lobule lingual, 1 hippocampe et le gyrus uncinatus); — de la IIIe paire (mot. oc. commun) : cas d’Achard et Weill, d’abord mydriase intense, puis strabisme externe et ptosis; sarcome de la partie antéro-inférieure du lobe temporo-sphénoïdal, de 5 centimètres sur 4 centimètres. — Cas de Mackay : ophtalmoplégie droite , par ramollissement de la III0 paire, côté de la tumeur, et du pathétique, etc.
3° Des hémiparésies et des hémianesthésies, par action sur la capsule interne, sur le pédoncule cérébral, ou par propagation à la ZONE MOTRICE.
Mackay observe une légère hémiparésie et une anesthésie complète de toutes les sensibilités du côté opposé à la tumeur, pour un sarcome comprimant la partie moyenne des circonvolutions temporo-sphénoïdales.
Theoari constate une hémianesthésie incomplète du côté gauche et une hémiparésie sans participation du facial : le néoplasme occupe les lobules lingual et fusiforme, l’hippocampe, aplatit et tasse le pédoncule droit, et, s’étendant jusque dans la substance blanche du centre ovale, refoule les noyaux.
Chez leur malade, Achard et Weill, pour une tumeur ayant évolué en cinq ans, ne trouvent d’abord, en dehors des attaques de vertiges, que des symptômes de compression du nerf optique droit et de la III0 paire, caractérisés seulement par une paralysie de la pupille ; et ces deux signes suffisent aux auteurs à diagnostiquer une tumeur de la base; les symptômes généraux se prononcent; il apparaît du strabisme , du ptosis et de la lourdeur dans les membres inférieurs; à l’autopsie, sarcome angiomateux, occupant la partie antéro-inférieure du lobe temporo-sphénoïdal, ayant pénétré dans la subtance blanche, et refoulé les noyaux de la base '.
On remarquera :
1° Que toutes ces tumeurs de la partie sphénoïdale du lobe empruntent presque exclusivement leur symptomatologie à celle des tumeurs de la buse du cerveau , et qu’il n’existe, pour ainsi dire, aucun des signes propres aux tumeurs du lobe temporal (ni troubles de l’audition, ni aphasies).
I. Mackay (Arch. de Neurol., 1896, I, p. 281). — Theoari (Soc. Anal., 1896, p. 839). — Achard et Weill (Soc. Anal., 1898, p. 370).
TUMEURS DU LOBE TEMPORO-SPHÉNOÏDAL
2° Combien sont fréquentes, dans la période terminale des tumeurs de tous les lobes cérébraux, ces hémiparésies et hémianesthésies\ Il s’agit, en effet, d’une lésion banale, survenant lorsque la tige centrale des centres nerveux, ou ses radiations intra-encéphaliques, sont atteintes par les progrès du néoplasme.
Ces troubles SENSiTivo-MOTEURS peuvent cependant avoir une autre pathogénie. C’est lorsqu’il s’agit de vastes néoplasmes occupant à la fois plusieurs lobes cérébraux, et s’étendant, en même temps qu’au lobe temporal, à la région pariétale et motrice. On en trouvera des exemples dans nos Tableaux de statistique opératoire, ou l’on verra, dans des observations empruntées à Korteweg, Rotganset von Melle, à Guldenarmet Winkler, un sarcome diftus du pli courbe et de la temporale supérieure gauche, un gliome du thalamus, ayant envahi les lobes temporal, pariétal et occipital gauches, et donnant lieu à des complexus symptomatiques, que nous avons décomposés en symptômes propres à chacun des lobes intéressés1.
E. — Troubles de l’odorat et du goût.
Troubles de l’orientation.
Il existe un certain nombre de néoplasmes de la partie interne et médiane du lobe temporal, qui ont donné lieu à des troubles de I’odorat et du goût, tantôt sous la forme d’un déficit, tantôt sous celle d’excitations : anosmie, parosmies, agueusies, hallucinations, odeurs infectes, saveurs âcre ou sucrée , etc.
Hughlings Jackson n’hésita pas à porter le diagnostic de fumeur temporale chez un médecin qui avait fréquemment des auras olfactives et intellectuelles (forte odeur de camphre ou d’éther, réminiscences vives); l’autopsie ne put être faite.
Jackson et Beevor trouvèrent une tumeur de l’extrémité antérieure du lobe temporal chez une personne de cinquante-trois ans qui avait des attaques épileptiques dans lesquelles elle percevait des odeurs infectes, indescriptibles.
D’après Oppenheim, il existe des observations de cette espèce, plus anciennes, dues à Newton Pitt, Jackson, Stewart, et l’auteur allemand ajoute que, chez un de ses patients, une tumeur du lobe pariétal droit, qui s’étendait jusque dans le lobe temporal,
1. Voir Tableaux statistiques opératoires. — Korteweg, Rotgans et von Melle ( Chir . nerveuse de Chipault, 1902, 1, p. 710). — Guldenarm et Winkler (id., p. 718).