TROUBLES DE LODORAT ET DU GOUT
avait déterminé des illusions et des hallucinations de V odorat et du goût qui lui causaient des rêves singuliers.
Tl faut mentionner spécialement le cas remarquable de Siebert, qui diagnostique exactement un gliome de la circonvolution unciforme et de la corne d’Ammon chez un malade qui avait des hallucinations olfactives et qui, plus tard, présenta une double anosmie et agueusie b
Enfin, dans nos tableaux statistiques, l’existence des troubles de /’ odorat et du goût, sont mentionnés dans les observations de Rotgans et Winkler, de Durante, etc.
Il importe, cependant, de faire, sur ce point, deux remarques : parfois les troubles de l’oclorat sont dus à une compression du nerf olfactif , comme dans le cas de Rotgans et Winkler, — et, d’autre part, il existe des cas où, malgré une lésion très étendue de la région hippocampique et ammonienne, on n'a constate aucun trouble olfactif.
Il en fut ainsi, en particulier, dans le cas célèbre d’Heidenhain, où, pour un néoplasme (mélano-sarcome), ce chirurgien fit 1 extirpation du lobe temporal tout entier, et dans celui de Eartels. Cette absence de symptômes olfactifs est, dans certains cas, sans doute en rapport avec ce fait que le nerf olfactif, de chaque côté, est en relation avec les deux hémisphères , bien qu’il envoie un plus grand nombre de fibres à V hémisphère correspondant.
Il est probable que, dans un avenir prochain, on pourra attribuer une symptomatologie spéciale aux tumeurs des lobules fusiforme et lingual, dont nous avons trouvé plusieurs cas, si se vérifient les hypothèses de Touche, sur le rôle spécial qu’il leur fait jouer dans la mémoire topographique et dans la faculté de se diriger (orientation) 3.
F. — Déductions.
De cette étude détaillée des néoplasmes des lobes temporosphénoidaux, on peut tirer les déductions suivantes :
Le meilleur signe de localisation des tumeurs dans le lobe
1. H. Jackson (fieu. Neurol., 1900, p. 378). — Jackson et Beevor ( Drit . med. Journ., fév. 1888), and Drain, oct. 1889. — Newton Pitt, Drain, 1898. — Jackson Stewart, Drain, 1899. — Siebert ( Monat . /'. Psycli., 1893, Bd. VI, et Dev. Neurol., 1900, p. 1149).
2. Heidenhain (Arch. /'. lelin. Chir., Bd. LXIV, Ileft 4) et Edinger ( Deuts . Arch. /'. Iclin. med., Bd. 73, et Dev. neurol., 1903, p. 773). — Ossipow ( Ueber die physiologische Dedeutung des Ammonshorn, Arch. für Anut. und Phys., Supplément, 1900, et Dev. Neurol., 1901, p. 301). — Gorschkow (Inaug. Diss., Pétersbourg, 1901, Neurol. Centralbl., 1900, XXIII). — Cas récent de Bartels (myxo-sarcome de la corne d’Ammon, Dev. neurol., 1903, p. 212).
3. Touche (Dresse médicale, 1901, p. 306, et fieu. Neurol., 1902, p. 87).
296 TUMEURS DU LOBE TEMPORO-SPHÉNOÏDAL
temporal gauche consiste dans l’apparition des manifestations de l’aphasie sensorielle, lorsque celle-ci est précoce, et pour ainsi dire la première en date. — Il en est ainsi surtout si I’hémianopsie fait défaut, ou est tardive.
Pour les tumeurs du lobe temporal droit, les troubles du langage font défaut; aussi leur symptomatologie est-elle plus obscure , et se réduit à quelques 'phénomènes auditifs, souvent légers, transitoires, et aux signes de compression communs aux deux lobes, et à ceux du syndrome général. — Parfois, elles restent à peu près latentes.
Les troubles de l’audition (paracousies, hypoacousies, surdité verbale) et surtout les attaques convulsives précédées d’un aura acoustique, d’tiALLUCiNATiONS de l’ouie, peuvent contribuer au diagnostic. — La surdité unilatérale est plutôt l’effet de la compression du nerf acoustique, — et la surdité complète suppose une lésion double, fait très rare.
Les troubles des sens de l’odorat et du goût, en particulier, les auras et lps hallucinations olfactives , l 'anosmie simple ou double, Yaqueusie , peuvent faire supposer que le lobe olfactif (gyrus unciforme, hippocampe, corne d’Ammon) est en question; mais, souvent, ce document symptomatique fera défaut, soit que l’examen ait été incomplet, soit qu’il s’agisse d’une compression directe de la bandelette olfactive.
Tous les néoplasmes TEMPORO-SP11ÉNOÏDAUX, s'ils sont profonds, peuvent s’accompagner, en cours d’évolution, de troubles SENSITIV O -MOTEURS, et Surtout d’HÉMIPARÉSIES et d’HÉMIANESthésies, soit par extension aux régions corticales motrices voisines, soit par compression ou envahissement des irradiations de la capsule interne.
Les tumeurs qui siègent dans la partie sphénoïdale du lobe ont une symptomatologie tout à fait comparable à celle des tumeurs de la fosse cérébrale moyenne, dont nous parlerons plus loin (compression des nerfs de la base, des pédoncules, etc.); et, assez souvent, les signes de localisation propres aux lésions du lobe temporal font défaut.
II faut noter enfin, pour éviter les erreurs de topographie dans le diagnostic localisateur, que les néoplasmes des parties voisines (des lobes pariétaux et occipitaux en particulier), par compression ou extension, peuvent emprunter quelques traits de la symptomatologie spéciale aux tumeurs du lobe temporo-sphénoïdal.