CHAPITRE IX
TUMEURS DU CORPS CALLEUX
Fibres d’association du corps calleux. — Bases du diagnostic de ses néoplasmes. — Opinions des auteurs. — Casuistique. — Tumeurs du genou et de la partie antérieure du corps calleux. — Tumeurs de la partie moyenne. — Tumeurs du bourrelet ou splénium. — Critérium.
Le corps calleux est une grande commissure inter hémisphérique, contenant les fibres d’association de toutes les circonvolutions du manteau cérébral, à l’exception de celles du lobe olfactif et de la partie antérieure du lobe temporal, qui sont desservies par la commissure blanche antérieure.
Mais ces fibres ne sont pas, comme on pourrait le croire, disposées par strates régulières, transversales, unissant d’un lobe à l’autre des parties homologues, symétriques : elles s’enchevêtrent en différents sens, de telle sorte, par exemple, que certaines d’entre elles, provenant de la région antérieure ou frontale, se mettent en relation avec la parti-e postérieure de l’hémisphère opposé.
On peut admettre, cependant, avec Déjerine, Schnopfhagen, et la plupart des neuro-anatomistes :
1° Que le genou du corps calleux reçoit les fibres irradiant de la partie antérieure et de la face orbitaire du lobe frontal, et celles de F3, qui l’abordent par un trajet directement transversal.
2U Que le tronc du même corps calleux, par sa couronne rayonnante, est en relation avec la partie postérieure du lobe frontal, avec tout le lobe rolando-pariétal, et la partie postérieure du lobe temporal; les faisceaux, qui proviennent de l'opercule d'Arnold (opercules frontal, rolandique, pariétal), fournissent les fibres inférieures, obliquement ascendantes.
3° Que le bourrelet contient les radiations qui proviennent de la face inféro-interne du lobe occipital, et surtout les fibres des
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forceps major et minor, qui unissent les cunei, les scissures calcarines, et même les plis courbes, de chaque côté.
La connaissance de cette disposition topographique des fibres calleuses et de leurs relations principales, nous permettront d’établir une symptomatologie, assez précise, de ses néoplasmes, d’après le siège qu’ils occupent1.
Nous pouvons dire, en effet, que le diagnostic des tumeurs du corps calleux n’est pas impossible, puisqu’il a été fait exactement et vérifié par Bristowe, Hitzig-Giese et Brissaud.
Il doit, pensons-nous, se baser sur les considérations suivantes :
1° Le néoplasme occupe une situation médiane , et peut exercer une action sur les deux hémisphères, sur les fibres qui les relient, et par conséquent sur les deux côtés du corps, le plus souvent prédominante tantôt à droite, tantôt à gauche.
2° Il intéresse les fibres commissurales reliant les centres des deux hémisphères; et nous avons vu anatomiquement que la nature de celles-ci diffère en avant, au milieu, et en arrière. Il en résulte, ainsi que la clinique nous le montrera, une symptomatologie qui varie un peu selon le siège de la tumeur : en avant, au niveau du genou, elle est plutôt en contact avec les fibres d'association inter frontales, d’où la manifestation assez commune de troubles psychiques et de troubles du langage’, au milieu, avec les fibres intermotrices, d’où les troubles moteurs; et, en arrière, avec les fibres intervisuelles, d’où les phénomènes optiques. La partie moyenne est la plus étendue.
Voyons d’abord les opinions des neuro-pathologistes.
A. — Opinions des auteurs.
Depuis vingt ans, date du premier mémoire de Bristowe (1884), il a été publié un certain nombre d’intéressants travaux sur les tumeurs du corps calleux. • — Je citerai, principalement, ceux de
1. Mott, en excitant le corps calleux, a observé des mouvements bilatéraux de la tète, des yeux, des doigts, de l’épaule, du tronc, de la jambe et du bassin, mais non de la face. Si, après l’ablation d’un hémisphère ou de la zone motrice, on excite la section longitudinale du corps calleux, les mouvements sont unilatéraux. — Muratow a vu la section du corps calleux être suivie des symptômes paralytiques de la destruction de la zone motuce. Mais Kerosayi, Lo Monaco, ont nié l’existence de ces effets, et on peut comprendre à la rigueur que la section de cette commissure ne s accuse par aucune paralysie bien apparente, alors que l’excitation donne lieu à des elTets positifs de mouvement (Morat et Dovon). — D’après Probst, dans les 15 cas connus d’absence du corps calleux existaient des troubles psychiques, e l’épilepsie, etc., sauf dans deux cas, où l’intelligence est donnée comme normale ( Arch . f. Psych., 1901, t. XXXIV, et Rev. neurol ., 1902, p. 3 )■—- Arndt et Iklarek, Arch. f. Psych., 1003, t. XXXIV, et Rev. neurol., 1904, p. lùl).