‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 133 sur 338 · TUMEURS DE LA PARTIE POSTÉRIEURE · texte numérisé non relu

TUMEURS DE LA PARTIE POSTÉRIEURE

rieur droits, de la rotation de la tète à droite, des contractures des membres droits; puis, les secousses et la contracture s étendirent dans les membres gauches ; le facial, l’hypoglosse, et la parole restèrent intacts ; seule la mandibule fut ébranlée pai les secousses... Le malade, après vingt-sept jours, mourut en état de mal 1 .

Déjà cet auteur, qui relève 25 cas de tumeurs du corps calleux, indique une symptomatologie différente pour les trois régions du corps calleux : la partie antérieure sera intéressée, si les troubles psychiques dominent le tableau clinique, longtemps avant l’apparition des troubles moteurs, et ceux-ci occuperont surtout la face, le cou (rotation de la tête) et le bras; — à la partie moyenne, il y aura affaiblissement, parésie des membres supérieurs et inférieurs, presque simultanément, et la paralysie véritable n’existera que tardivement. — On soupçonnera une tumeur de la partie postérieure, si la paralysie commence par les membres inférieurs; si la face reste indemne; si la marche n’est intéressée que tardive ment, et si les symptômes rappellent ceux des lésions cérébelleuses.

D’après tous ces faits, il semblerait d’abord que les lésions et tumeurs du corps calleux n’auraient pas, à l’heure présente, de symptomatologie propre, mais qu’elles l’emprunteraient aux régions voisines des hémisphères, lorsqu’ils sont en même temps lésés, ce qui permet le diagnostic.

Le fait le plus spécial, c’est qu'en raison de leur situation médiane, les deux hémisphères et les deux côtés du corps sont intéressés, ordinairement avec inégalité.

Mais il reste des faits obscurs, soit à cause de l’absence de symptômes propres, soit parce que ceux-ci, bien qu’existant, demeurent vagues. Tel fut le cas de Blackwood, où il s’agissait d’un gliome des 2/3 postérieurs du corps calleux, ayant envahi de chaque côté les gyri uncinati, déprimé les ventricules, dont il occupait le plafond, sans lésion des noyaux : on observa de l’affaiblissement intellectuel, de la diminution de la mémoire, une démarche incertaine, un tremblement bien net des lèvres et des membres, de la somnolence, à la fin ; bref, un aspect de paralysie générale, sans phénomènes localisés2.

On peut enfin se demander pourquoi, dans les tumeurs calleuses, ces hémiparésies, ces parésies ? Les libres motrices sont-

1. Schupfer (Rev. di Frematr., 1899, Arch. de neurol., 1900, I, 361, et Rev. neurol., 1899, p. 861).

2. Blackwood (The journ. of mental science, juillet 1900, et Arch. de neurol., 1061, II, p. 523).

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elles atteintes, détruites, ou comprimées? — A l’occasion d’un malade de Bicêtre, qui fut frappé d’une hémiplégie spasmodique droite , et qui cle plus était hémianopsique, et avait, au niveau des membres supérieur et inférieur du côté gauche , des secousses musculaires, des mouvements choréiques, et chez lequel on trouva un ramollissement blanc du bec du corps calleux, s’étendant environ 1 centimètre et demi dans la substance blanche, P. Marie dit : cc que ces hémiplégies sont un mode de réaction banale des lésions de déficit du cerveau ».

Cette explication, pensons-nous, ne saurait suffire, et, s’il est impossible d’attribuer ces troubles moteurs à une compression et à une destruction de fibres motrices, dans un bon nombre de cas, on peut du moins penser que, par la lésion des fibres d’associations motrices de la commissure calleuse, les centres moteurs corticaux eux-mêmes sont influencés , d’une manière réflexe ou indirecte.

En tout cas, qu’il s'agisse de ramollissement ou de tumeur, il parait indipensable, dans l’avenir, de soumettre la région calleuse à des coupes systématiques, où, à l’aide des réactifs modernes, on pourra mieux se rendre compte de l’étendue des lésions et du siège des faisceaux dégénérés.

F. — Critérium.

Il semble que le véritable critère , pour le diagnostic clinique des tumeurs du corps calleux, réside dans ces trois faits :

1° Bilatéralité des troubles moteurs , inégalement répartis des deux côtés du corps.

2° Absence de symptômes de compression des nerfs de la base.

3° Absence de troubles de la sensibilité.

La bilatéralité se rencontre aussi, comme nous l’avons exposé, dans les néoplasmes de la face interne des hémisphères, qui agissent sur les centres moteurs symétriques et voisins : mais le fait est plus spécial aux tumeurs du lobule paracentral et aux membres inférieurs . — D’ailleurs, au point de vue de l’intervention, la région opératoire est la même.

Dans les tumeurs de la protubérance et du bulbe qui, aussi, engendrent des troubles bilatéraux, il existe ordinairement des paralysies alternes , des symptômes moteurs du côté des muscles des yeux, et, assez souvent, des al té rations de la sensibilité , et des divers nerfs crâniens.

Au point de vue topographique, si les néoplasmes occupent

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