‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 157 sur 338 · Batten (Brain, 1903, et Rev. neurol., 1903, p · texte numérisé non relu

Batten (Brain, 1903, et Rev. neurol., 1903, p

D. — Vertiges cérébelleux.

Le vertige est fréquent et très intense dans les tumeurs cérébelleuses. — D’après Hitzig, sur 11 cas de tumeurs du cervelet (6 dans le verrais, 5 dans les hémisphères), le vertige ne manqua dans aucun.

Il est absolument indépendant des troubles de l’équilibre et de l’ataxie cérébelleuse. Souvent, il procède par crises ou paroxysmes. Dans les autres tumeurs de l’encéphale, où il se rencontre parfois, il n’est jamais aussi précoce et aussi accusé. — Il apparaît surtout avec les changements de position, et, dans la station debout, la marche, il peut, indépendamment de la titubation, entraîner la chute l.

La sensation subjective de vertige peut aussi exister, sans troubles de le station et de la marche; et, inversement, l’état cérébelleux se manifeste, sans que le malade éprouve de vertige. Lorsqu’il apparaît spontanément, dans la position couchée, il est fort pénible et ressemble assez au vertige de Ménière2.

Assez souvent, il est lié à une sensation d'entraînement vers la droite ou vers la gauche, en avant ou en arrière (cas de Vulpian etWetzel).

Quelquefois, il ne se produit que dans certaines positions du regard. C’est ainsi qu’un patient observé par Bulkner avait du vertige, quand il regardait en haut (gliome du nerf acoustique) : il en fut de même dans deux cas de Guéneau de Mussy et d’Oppenheim.

Nothnagel, Gowers, donnent une part prépondérante aux tumeurs du lobe médian, dans la production du vertige : lorsqu’il est très prononcé, d’après le premier de ces auteurs, il faut prévoir une lésion des Venais. Du reste, d’après lui, l’incoordina-

1. Dans le cas de Bendandi-Murri, de Bologne (fibro-sarcome du lobe gauche du cervelet près delà tente), les vertiges ouvrirent le tableau symptomatique. Le malade fut pris un jour de vertige, tomba à terre; et, l’accès passé, se releva et revint de lui-môme chez lui. Puis les vertiges se répétèrent et, avec eux, apparurent les douleurs de tèle et les vomissements. Dans les derniers temps de la majadie, quelques mois avant d’être crâniectomisé, le malade, quand il était pris de ses vertiges, tombait en avant; sa vue s’obscurcissait; il élait dans l’impossibilité de parler, et restait ainsi deux ou trois minutes, pour revenir à lui. (In Roncali, Chipault, Chiv. nerveuse , 1904, III, p. 3o2 et 386.)

2. La malade de Durante (tumeur du lobe cérébelleux droit; voir fi g. 161) avait des vertiges très violents qu’elle ressentait même couchée-, elle affirmait voir tous les objets de la chambre se mouvoiret tourner; et, en même temps, elle avait de vives hallucinations visuelles [vue de grands fantômes blancs, revêtus d’un linceul et menaçants]. (In Chipault, Chiv. nerveuse, 1904, lll’,

DUnET.

TUMEURS DU CERVELET

tion motrice est bien plus fréquente dans ces circonstances.

On peut penser, avec quelque probabilité, que le vertige apparaît surtout lorsque les fibres qui unissent le cervelet aux hémisphères cérébraux, aux noyaux de Deiters 1 et de l’acoustique, ou encore, les fibres cérébelleuses directes, qui le relient à la moelle épinière, sont altérées. Dans ces conditions, cet organe est mal renseigné sur les sensations cutanées, musculaires, articulaires, par les diverses fibres afférentes, et il ne sait rien des sensations tactiles, douloureuses, motrices, éprouvées par les membres, la moelle épinière étant souvent atteinte de dégénérescence descendante ; il est donc très explicable qu’il y ait des troubles de V orienta tion .

De même Y appareil acoustico-cérébelleux peut être atteint dans ses faisceaux propres, et il en résulte des vertiges, assez comparables à ceux de la maladie de Ménière.

Enfin, Déjerine indique que le vertige coïncide assez fréquemment avec une augmentation de pression in Ira- cérébrale, a Peutêtre, dit-il, cette condition mécanique doit-elle expliquera coïncidence des vertiges avec les changements de l’attitude céphalique. Les sensations vertigineuses surviennent fréquemment, en effet, quand le malade passe de la position couchée àlasituation assise, ou du décubitus droit au décubitus latéral, quand il se lève ou qu’il se met à marcher 2. »

D’après Brissaud, souvent le vertige ou l’état vertigineux seraient d'origine oculaire. Le cérébelleux, pour se diriger, a besoin de la fixité du regard. Celle-ci peut être obtenue par l’action volontaire (par les fibres nerveuses qui vont du cortex aux noyaux de la 111° et de la VI0 paires). Mais, chez le cérébelleux, qui titube, qui oscille, le point fixe se déplace constamment avec les mouvements du corps. D’autre part, les oscillations oculaires, le ngstagmus sont fréquents. Il n’y a pas, dès lors, de fi-xité possible; les objets semblent se déplacer, tourner : d’où le vertige. Celui-ci cesse dès que le malade est couché, parce que le point de fixation recouvre sa stabilité.

Le vertige de Ménière ou labyrinthique a cependant de grandes analogies avec le vertige cérébelleux ; et il existe une forme mixte, qui mérite réellement le nom de vertige acoustico-cérébelleux3.

1. Bonnier, dans ces derniers temps, a appelé l'attention sur ce qu’il appelle le syndrome du noyau de Deiters : « vertiges, avec dérobement partiel ou total de l'appareil de sustentation, et troubles oculo-moteurs réflexes, état anxieux et nauséeux, phénomènes auditifs passagers, et manifestations douloureuses dans le domaine du trijumeau ». On l’observerait en cas de lésions périphériques légères de l’oreille, dans le tabès, et dans certaines affections bulbo-protubérantielles. {Soc. de Biol., 1902, p. 1325.)

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