‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 21 sur 338 · Okynzic (Soc. anal., 1902, p · texte numérisé non relu

Okynzic (Soc. anal., 1902, p

3. Spillmann et Nilus (Gaz hcM., 1900, p. 1189, et lien, neural. , 1901, p. 305)

4. Cas déjà cités de Magalhaès, Aldhiborl, H. Reynier. Marchand Dide llUzig, Czerny, 1 aviot, Mousseaux cl Vigouroux (Arcb. de ncurol 1901 II

P 285)' clé1161 Ct 0rC“y (S0C' amL ’ 18<J7’ P’ °°7); Pel mW. lit!!;

Cestan ( hémiplégie droite et aphasie ; on croit à un ramollissement, et on trouve un fibrome du volume d’une mandarine, comprimant la région rolandique), — de F. Damville [hémiplégie qu’on croit être due à une hémorragie, ou à un ramollissement; sarcome angiolitique du volume d’une noisette, derrière le pli courbe),- — Keen et Spiller ( parésie du bras droit et de la jambe , amnésie verbale; hémianopsie; ablation d’un endothéliome de la cire, pariétale supérieure), — Klippel et Jarvis ( hémiplégie , tremblements choréiques, excitations délirantes, mais pas de syndrome1).

On conçoit combien, dans ces circonstances, le diagnostic avec un foyer de ramollissement ou une hémorragie doit rester obscur.

Dans" un cas, la tumeur s’est signalée uniquement par des troubles de la sensibilité , des hallucinations tactiles, des hypoesthésies. On crut à une lésion irritative superficielle de la région du bras et de la face : tumeur de la grosseur d’une noix, logée dans la partie moyenne du sillon de Rolando (Sciammana et I ostempski) 2. •

Plusieurs fois, des troubles intellectuels, du délire, de l hystérie, un sommeil prolongé furent les seuls symptômes. Exemples : plusieurs petites tumeurs de nature épendymaire, en particulier sur P1 (Cornil); — cas de Seavick (nervosisme, délit e de persécution, pas de syndrome; psammo-sarcome du ventr icule latéral), — Seavick (tumeur de la grandeur de la paume de la main occupant le lobe frontal gauche; pas de troubles psychiques, ni de syndrome, seulement accès de sommeil).

Bristowe signale expressément que le syndrome mangue ordinairement, dans les tumeurs du corps calleux, et Solder mentionne le caractère bénin des symptômes généraux, et 1 évolution lente, dans les anévrismes des artères cérébrales. Enfin koster

diagnostique de 1 ’ hystérie, dans un cas de tumeur du quatrième ventricule, où il n'y avait ni céphalalgie, ni Stauungspapüle. Et Lorrain, pour un endothéliome de l’arachnoïde du volume d’une grosse noix au niveau de F3 et de l’insula, observe, en huit mois, deux ou trois attaques apoplectiques, sans syndrome3.

Bristowe (in Dévie 1893, p. 297); Kost p. 096).

h) Tumeurs latentes.

Par tumeurs latentes, nous entendons non seulement celles, où les signes du syndrome sont tous absents, et dont nous venons de parler, mais uniquement les néoplasmes , qui pendant la vie n'ont donné lieu à aucun trouble cérébral.

C.’est une croyance générale, que ces tumeurs occupent les régions dites latentes, silencieuses ou muettes, de l’encéphale, parce que leur réaction fonctionnelle paraît absolument inconnue, en particulier les lobes frontaux ou occipitaux. Aujourd’hui, on sait que les lésions des lobes frontaux donnent lieu à des troubles psychiques (nous l’établirons pour les néoplasmes); et que les lobes occipitaux sont loin de rester silencieux, puisque leurs lésions produisent l’hémianopsie, etc.

Nous avons trouvé environ 15 cas de tumeurs cérébrales, absolument latentes, sur 136, soit environ 10 à 11 p. 100.

Bullens rapporte qu’il a trouvé dans les registres de son asile cinq cas de sarcomes du cerveau, où on n’avait constaté aucun symptôme caractéristique de l’existence d’une tumeur1.

Pour les lobes frontaux , nous mentionnerons : un cas de Burr (énorme tumeur de la dure-mère de 10 centimètres de diamètre [carcinome], occupant la face externe du lobe frontal droit, luimême envahi en partie); — deux cas de Bouveret (tumeur du centre ovale des lobes frontaux, en avant des irradiations du faisceau pyramidal; à la phase terminale, et il y eut ictus apoplectique et paralytique); — Biroula, à l’autopsie d’un soldat mort de fièvre typhoïde, trouva un énorme kyste des méninges, occupant F1 et F2, et ne s’étant pas manifesté pendant la vie. — G. Muggia, chez un dément, tranquille et sociable, qui n’eut jamais de troubles de la parole, ni céphalée, ni affaiblissement de la vue, ni vertiges, ni vomissements, ni accès convulsifs, rencontra à 1 autopsie une grosse tumeur de 1012 grammes, occupant la fosse cérébrale antérieure, et comprimant de bas en haut les deux lobes frontaux.

Le cas le plus remarquable est celui du célèbre clinicien IJ. Benett (cité par Byrom-Bramwell), mort après une lithotomie. On tiouva une tumeur du volume d’un oeuf de poule, située entre

I. Bullens (Jour, i. of mental Sciences, janv. 1888, el Arch. de neural., 1890

p,^43,iL„-'irP„(i4rcf dïneuvoL> 1892’ U, P- 406); Bouveret (Noua. Montpellier med., 1896); Biroula (Suc. de Psych. de Sainl-Pêler.sbourp, 1896, et Rev. neural., ISJ7, p. 206); G. Muggia ( Ri forma médina, 1902, p. 866, el Rev. ncurol., 1902 fl Byr.?™'Brarnwcll d'idimb. med. .hum., 1881, p. 72, et Arch. de neural.,

1 ooU-ol , p. uo’J),

la dure-mère et les os, s’étant creusée une loge dans le tissu cérébral. Le pariétal était aminci; les circonvolutions aplaties et déprimées : on ne trouva, ni congestion, ni ramollissement de la substance nerveuse. Jamais il n'y eut de symptômes, et ceux-ci n’eussent pas échappé au savant clinicien. La tumeur était sans doute congénitale.

Les tumeurs des autres parties du cerveau peuvent aussi demeurer latentes, comme le prouvent les faits suivants :

1° Région rolandique. - Roller de Brake : sarcome de 10 à 14 centimètres des os du crâne, compression des circonvolutions centrales, sans symptômes cérébraux. — Pigchini : sarcome endothélial de la grosseur d’un œuf de poule, ayant comprimé et atrophié la région rolandique; jamais de troubles, ni de la motilité, ni du fonctionnement cérébral.

2° Région lemporo-occipilale. — Un malade de quarante-quatre ans, atteint de troubles mentaux, et diagnostiqués paralysie générale, meurt dans le coma : on trouve un cholestéatome, du volume d’une petite pomme, dans la substance des circonvolutions temporo occipitales (Nettom).

3° Ganglions de la base. — James Rorie, chez une démente, qui n’eut jamais ni céphalalgie, ni vomissements, ni troubles du langage, ni convulsions, ni lésions de la sensibilité ou de la motilité, rencontra une tumeur occupant la place des ganglions de la base, et celle du corps calleux.

4° Cervelet. — D’après Marchand, un malade, qui durant sa vie n’eut jamais d’accès convulsifs, ni de troubles cérébraux, était porteur d’une tumeur du volume d’une noix, au niveau du lobule pneumo-gastrique du cervelet. — Nous avons déjà cité le cas de Cathelin, qui trouve deux tubercules du cervelet, sans manifestations, chez un enfant (fig. 148-149).

5n Protubérance et bulbe. — Perranda, trouve un lipome du volume d’une noisette, chez un homme de trente-quatre ans; aucun trouble n’avait été observé pendant la vie *.

Gomme conclusion, on peut dire que les tumeurs cérébrales réellement latentes, c’est-à-dire sans aucune manifestation pendant la vie, sont plutôt rares, et qu’elles se rencontrent surtout chez des déments, chez des malades qui occupent les asiles ; de plus, un certain nombre paraissent congénitales. Les progrès de

1. Roller de Bracke (Arch. de neurol., 1891, p. 293); Pigchini (Rev. deneuiol., 1893, p. 221); Ncltom (Rev. neurol., 1898, p. 139); James Rorie (. Arch. de neurol., 1893, I, 463) ; Marchand [Arch. de neurol., 1901, p. 269); Cathelin (Soc. anat., 1898, p. 866); Perranda (Rev. neurol., 1898, p. 105).

la neuropathologie et du diagnostic en feront de plus en plus une très grande exception.

i) Relations du syndrome avec le volume , le siège, et la nature des

tumeurs cérébrales.

L’hypothèse, généralement admise, que les troubles généraux du syndrome sont le résultat de la compression cérébrale, exercée par la tumeur, laisse supposer que plus la tumeur sera volumineuse, plus les phénomènes observés seront accusés.

Il n’en est pas toujours ainsi, cependant. Nous avons relevé 11 cas de petites tumeurs , sises en différentes régions de l’encéphale, ayant donné lieu aux troubles du syndrome, d’une manière très nette. Dans 10 autres cas, ceux-ci ne s’étaient pas manifestés.

Voici l’énumération des petites tumeurs, se rapportant à la première catégorie de faits : tumeur du volume d’une noisette, dans le noyau lenticulaire; tubercules du même volume, dans le pédoncule droit, dans le lobe paracentral, dans la couche optique (2 cas), dans le cervelet. Petit kyste dans la région motrice, petit fibrome du cervelet, etc.

Il semble que les lésions tuberculeuses solitaires soient, parmi les néoplasmes de petit volume, ceux qui donnent lieu surtout à des troubles intensifs.

Pour les grosses tumeurs , nous trouvons 23 cas avec syndrome accusé ; et, par contre, 24 cas où les troubles généraux ont été peu accentués ou nuis.

Voici l’indication des tumeurs du second groupe : tumeur du volume d’une grosse noix (région frontale); cas de Bennett déjà cité; sarcome de 10 à 14 centimètres comprimant les circonvolutions centrales; tumeur de la dure-mère de 10 centimètres ayant envahi, en partie, la région frontale; grosse tumeur du centre ovale, occupant les ganglions de la base; tumeur de la région frontale; gliome de la région frontale et du corps calleux ; gros tubercule de la couche optique; tumeur du volume d’une mandarine dans la région rolandique; tumeur du centre ovale et du lobe trontal; sarcome gros comme un œuf de poule, dans la région rolandique; endothéliome de la dure-mère du volume du poing; tumeur de la grandeur de la paume de la main, occupant tout le lobe frontal gauche; tumeur du volume d’un œuf de poule dans le centre ovale; tumeur volumineuse du lobe frontal, kyste dermoïde volumineux ; tumeur du centre ovale; tumeur du \olumc dune mandarine dans le lobe frontal; tumeur grosse comme une pomme dans la région temporo-occipitale; tumeur du poids de 102 grammes dans la fosse cérébrale antérieure;

b 6 SYNDROME DES TUMEURS ENCÉPHALIQUES

tumeur du lobule paracentral ; kyste du volume d'un œuf de poule dans la région centrale et pariétale, allant jusqu’aux ventricules.

Le siège de la tumeur ne paraît pas avoir une influence absolue sur Y apparition du syndrome. Nous avons noté : 1° dans la région frontale : Il cas sans troubles généraux, 7 cas avec syndrome; 2'> dans la région motrice, 4 cas avec syndrome et 8 cas où il était absent (ordinairement il existait des crises convulsives); 3° poulies ganglions de la base (couche optique, corps strié) : 5 cas avec syndrome et 8 cas sans syndrome; 4° de même les tumeurs de la base, des ventricules, du cervelet, de la protubérance et du bulbe, les tumeurs de la dure-mère, nous ont fourni, dans des proportions diverses, des cas avec ou sans manifestations générales.

La nature des néoplasmes n’a pas une action constatée et manifeste, sur l’apparition de la céphalée, des vomissements, de la névrite optique, etc., quoique, cependant, les [roubles généraux paraissent plus communs , clans les tubercules, les gommes, les gliomes, et les néoplasmes à accroissement rapide.

La conclusion qui s’impose, après avoir constaté celle variété d'allures, celle mobilité dans la physionomie clinique du syndrome, son absence de corrélation absolue avec le volume, la nature et le siège du néoplasme, c’est :

1° qu'il ne constitue pas un phénomène absolument adéquat à l’existence des tumeurs encéphaliques;

2J qu’il n’est en réalité qu’un épiphénomène.

Il est, cependant, d’une grande importance en pathologie cérébrale, à cause de sa grande fréquence et de ses caractères spéciaux : c’est pourquoi il est indispensable de préciser, si.possible, sa vileur séméiologique et sa pathogenie.

Page 1