‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 214 sur 338 · Linget (Tubercules de la couche optique, Th. Paris · texte numérisé non relu

Linget (Tubercules de la couche optique, Th. Paris

3 Lèvi (Soc. anal. 1897 p. 123 cl 314). - Levaditi (Item neurol., 1899, p. 586). - Sano (./ ourn. de Neurol., 1899, p. 228, et lieu. Neurol, 1899, p. 918',!

•i. Raviart (tubercules des pédoncules cérébraux, Th. Lille 19001 —

Raymond (Cliniques, III, p. 169 et 203). Cas de M...., début par de la di plopie des para ysics oculaires; puis: troubles de la sialique, lilubalion hémiplégie gauche avec paresthésie; paralysie raciale droite avecTroihiè des muscles et réaction de dégénérescence; hémiatrophie de la langue ilc •

l S ZI vl- vr"An.0U<"le destruction ÆÆ

ei mets des VI , VII” et MI” paires (voir fig. 198).

DIAGNOSTIC

primitive et des troubles psychitmfs, des convulsions et des paralysies (cas de JBooth et Curtis, de Martin, etc.) L

Au niveau des tubercules quadrijumeaux , on constate le syndrome qui leur est ordinaire (paralysies oculaires, puis ataxie; ou surdité et ataxie, paralysies sensitives alternes), comme dans les faits si précis de L. Maestro, de Raymond (voir fig. 155, 156)1 2 3 4.

Dans le cervelet , où ils sont assez fréquents, les tuberculomes produisent : la titubation , Y ataxie et les autres troubles connus-, il s’y ajoute assez souvent de l’ hémiplégie par compression (faits opératoires récents de Lampiasi, Nota, Poli, Durante, etc. •,). — Un certain nombre de tuberculomes cérébelleux ne se sont, cependant, révélés par aucun symptôme particulier, en dehors du syndrome général.

Quoi qu’il en soit, pour affirmer une production tuberculeuse et rejeter toute autre espèce de néoplasme, on s appuiera sur les antécédents personnels et héréditaires, Yélat général, 1 existence d’un autre foyer tuberculeux viscéral , cutané ou osseux, et enfin sur Y âge des sujets (fréquence de six à quarante ans).

Les difficultés et les erreurs de diagnostic sont survenues, soit parce que la tumeur est restée silencieuse ou latente, soit parce que sa symptomatologie localisatrice est incomplète, ou qu on n a pas donné toute son importance à un des symptômes principaux, ou enfin parce que les tuberculomes étaient multiples.

■ Ainsi, dans le cas de Cathelin, on trouva à 1 autopsie un tuberculome de la couche optique, qui se manifesta, et un autie

dans le cervelet, resté silencieux.

Les symptômes furent incomplets dans le cas de Salaris et Deplano, où on observa : de la céphalée avec exacerbations, des douleurs à la nuque avec irradiations le long de la colonne vertébrale, des vomissements, de la rigidité de la nuque, des convulsions épileptiques, mais les vertiges, les troubles de la motilité et de l’équilibre manquaient (tuberculome de 3 cent. 1/remplissant tout Y hémisphère cérébelleux)-, et dans celui de Nilus et Spillmann, où on trouva un syndrome très accusé, de 1 epilepsie jacksonnienne, de la stase pupillaire, — mais pas de symptômes cérébelleux proprement dits .

1. Booth el Curtis (Ann. of. Sur;,., 1893, p. 221, cités par Broca, Chirurgie

h'ibrale). — Martin (Soc. Anal., 1897, p. 416). . .,..1 nl, n; liai re •

2. L. Maestro : Oplilalmoplégie bit a Lé ra I e p récoce ; r fi.d> 'e liane

jrdilé; puis ataxie. Diagnostic vérifié à l’autopsie. S

L Rev. Neurol., 1900, p. 446). — Raymond (Cliniques, V, 1901, p- - - “

3. In Chipault (Chirurgie nerveuse, lit, 1903, P- 385, 387, 3 . -

4. Salaris et Deplano (lUp med., 1902, p. 219, el Hev. Neurol., 1902, p. 1033). - Nilus et Spillmann (Gaz. hebd., 1900, p. 1189).

Lampiasi trépana sur Ja région rolandigue, parce que son malade avait eu de la paraplégie par compression; mais, une seconde fois, et dans les mêmes circonstancès pathologiques, il fut plus avisé, trépana sur l’occiput, et enleva un tuberculome durcifié du cervelet, du volume d’une châtaigne1.

Poli, chez un malade ayant une otite suppurée, crut à un abcès de la fosse cérébrale moyenne, qu’il ouvrit; il s’agissait,

Eig. 211. Tuberculomes de la région roinndiqne el de la région cnleaiino (Duranle, m Chipault, Chirurgie nerveuse, 111, p. 201).

cependant, d un tuberculome du pédoncule cérébral gauche, qui s’était révélé par une parai gaie alterne.

Enfin IJuranLe, chez un homme qui, dès le début, quatre ans auparavant, à la suite d’une chute, avait présenté de l'affaiblissement progressif de la .vue dans les segments rétiniens de droite et des crises caractérisées d 'épilepsie jucksonnienne, dont les accès commençaient toujours par le membre supérieur gauche, trépana sur la région rolandigue ; il y enleva un tubercule du volume d'un œuf de colombe; mais, ayant négligé Y hémianopsie

I. Lampiasi (m Chipault, Chic, nerveuse, 1903, III, p. :|8ü et 387)

DIAGNOSTIC

bilatérale homonyme, qui cependanl était fort nette, il laissa un tuberculome du même volume dans le lobe occipila1, près de la scissure calcarine, et qu’on rencontra, trente jours après, à l’autopsie 1 (voir ûg. 211).

Dans quelques cas rares, les tuberculomes corticaux superficiels se sont révélés par une ostéite tuberculeuse du crâne ou un abcès froid, développés à leur niveau.

Enfin, ressource importante, il faudra, dans tous les cas, par la ponction lombaire, avoir recours au cytodiagnostic, qui révélera des lymphocytes, des bacilles, ou d 'abondants leucocytes , selon la variété clinique 2.

B. — Syphilomes.

Ce qui rend le diagnostic des gommes cérébrales (fig. 212) particulièrement difficile et litigieux, c’est la grande fréquence des lésions syphilitiques diffuses de l’encéphale et de ses enveloppes (pachyméningites, leptoméningites, endartérites , méningites basales, encéphalites diverses, etc.); c’est, en outre, que celles-ci ont un tableau clinique abondamment pourvu de manifestations symptomatiques, qu’on rencontre aussi dans les syphilomes localisés.

Au point de vue des signes généraux, la céphalée, surtout nocturne, avec exacerbations, toujours très intense, les vomissements, les troubles oculaires, s'observent dans les deux cas.

Et, parmi les symptômes communs aux deux ordres d’affections, et qui s’utilisent ordinairement pour le diagnostic localisateur, nous pouvons citer : V épilepsie jacksonnienne ou partielle] les différentes variétés d’aphasie motrice ou sensorielle-, les hémiplégies précoces, secondaires, transitoires, permanentes, tardhes, définitives, avec ou sans ictus ou céphalée prémonitoires; les hémiplégies incomplètes, plus accentuées au bras qu au membre inférieur, sans flaccidité absolue comme dans les lésions de déficit, avec conservation de 'quelques mouvements dans les membres supérieurs, perturbation dans la marche pour les membres inférieurs, etc.

Les monoplégies qnires sont rares dans les syphilis diffuses.

Mais, comme dans les tumeurs de la base, nous y pouvons rencontrer des paralysies des paires crâniennes .

Qui ne sait que la paralysie jtarlielle ou totale de la II!' paire

\. D uranie (in Chipault, Chir. nerveuse, 1003, III, P- 261 el 333).

3. Dupont el Abadie ont essayé dans des cas douteux, ou on hésitait entre un tuberculome, un syphilome, ou une tumeur, de recourir, pour fixer le diagnostic, à une injection de tuberculine (Soc. de Biol., 1002, p. 41 ) • c 111 semble peu recommandable.

(strabisme, diplopie, ptosis, paralysie de l’élévation ou de l’abaissement) est un signe précoce, révélateur et indicateur de la syphilis? Babinski n’a-t-il pas énoncé récemment, comme un axiome , que la paralysie de la pupille (immobilité à la lumière, signe d’Argyl-Robertson), accompagnée le plus souvent de myosis , pouvait être, à elle seule, considérée comme un stigmate de vérole acquise ou héréditaire? — Dans 12 cas, suivis pendant plusieurs années, Polguère a constaté l’existence de pupilles punctiformes chez des syphilitiques avérés.

La IVe et la VI0 paires ne sont pas plus épargnées; et Ricord

Praec.

Fig. 212. Gomme du lobe occipital gauche (Bruns).

disait « qu une paralysie oculaire est une signature de la vérole sur l’œil d'un malade ».

Le nerf facial, Y hypoglosse, le trijumeau, le nerf auditif, peu- \ent aussi être atteints, quoique beaucoup plus rarement, et donner lieu à des paralysies isolées ou associées.

Quant aux nerfs optiques, leur participation est d’une assez grande fréquence; car on observe des névrites optiques, produisant des amblyopies et môme la cécité complète, comme dans les cas de néoplasmes encéphaliques vulgaires.

Les troubles de la sensibilité ont une importance moindre dans la syphilis cérébrale que dans les tumeurs.

Au contraire, les troubles intellectuels y sont presque constants et y revêtent toutes les formes nosographiques, le plus souvent

DIAGNOSTIC

celles de I’hébétude incohérente, accompagnée d’AMNÉsiE; mais, quelquefois, l’indifférence, l’apathie, la lenteur de l’idéation, l’impossibilité de penser, de s’appliquer au travail, simulent la torpeur intellectuelle , qui survient dans les néoplasmes vrais, surtout s’ils occupent les lobes frontaux.

D’autre part, toutes les formes mentales , non rares dans les tumeurs, peuvent aussi apparaître dans la syphilis : telles la mélancolie, la manie, la lypémanie, la paranoia.

La paralysie générale , qui s’observe aussi dans les tumeurs, est très fréquente dans la syphilis cérébrale, et la plupart des auteurs admettent qu’elle entre comme facteur étiologique dans la proportion de 50 à 60 p. 100

Fournier, et d’autres syphiliographes, considèrent Yataxie locomotrice comme, le plus souvent, d’origine syphilitique; et nous avons insisté sur la fréquence des dégénérescences médullaires des racines et des cordons postérieurs, avec symptômes para-tabétiques, dans les néoplasmes encéphaliques.

En présence des méfaits si variés , et si souvent simulateurs, de la syphilis, dans son action sur les centres nerveux , on conçoit combien elle doit souvent être mi=e en question quand il s’agit du diagnostic.

La pierre de touche du traitement peut elle-même induire en erreur ; car l’administration de l’iodure améliore les symptômes généraux, en particulier la céphalée , même en cas de néoplasmes vrais.

L’hémiplégie est moins pure et assez souvent lente et progressive, quand elle dépend d’une lésion syphilitique ; ce qui n’est pas quand elle est le fait d’une lésion de déficit. — Dans le premier cas, le sujet frappé est jeune, de trente à quarante-cinq ans; de plus, l’hémiplégie s’associe quelquefois à des paralysies d un autre siège (paralysies oculaires, de la Ve paire, etc.). — Mais, le plus souvent, la véritable nature du mal sera reconnue et aflirmée, en se basant sur les commémoratifs, ou sur la coexistence D’autres manifestations syphilitiques (syphilides cutanées, muqueuses;

I. Sprengèles admet que, dans la paralysie générale, la syphilis est certaine dans 47 p. 100 des cas chez les hommes, et dans 35 p. 100 chez les femmes [Alt. Zeil. f. l’sych., 1899, et Rev. neuroL, 1900, p. 482). — Campbell trouve 02 p. 100 de paralytiques généraux syphilitiques chez les hommes, et 37 p. 100 chez les femmes ( Brit . med. Journ., 1899, p. 704, et Rev. neurol., 1900, p. 89). — Sérieux et Farnarier disent que la syphilis ( si cause certaine ou probable dans 80 p. 100 des cas de paralysie générale; quelle peut être affirmée dans 50 p. 100, et incriminée, comme seul facteur, 35 fois sur 100. — Joiïroy fait jouer le rôle principal à l'hérédité névropathique (Soc. des II 6p., 1899, et Rev. neurol., 1900, p. 90).

gommes, exostoses, périosloses; adénite spécifique, cervicale; lésions viscérales, etc.).

Quand on sera parvenu, avec plus ou moins de difficultés, au diagnostic positif de syphilis cérébrale, dans quelles circonstances peut-on admettre l’existence d’une gomme, d'un syphilome localisé V

11 importe d’abord de remarquer que bien rarement la syphilis imprime sa lésion dans un point exactement circonscrit de l’encéphale. Non seulement une gomme cérébrale s’entoure assez souvent d’une zone de ramollissement , d’un cercle cl' encéphalite ou de sclérose , qui parfois s’étend à tout un département ou à tout un lobe, par compression artérielle et ischémie consécutive; mais il existe des gommes multiples , et, plus fréquemment encore, des lésions disséminées de méningite ou de méningo-encéphalite.

il faut considérer, en effet, que la syphilis est une toxhémie, qui imprègne les éléments nerveux et leur appareil vasculaire, leurs milieux. Les centres nerveux plongent, en quelque sorte, dans un bain toxique : car, c’est par le liquide céphalo-rachidien, au moins en partie, que se fait la diffusion des lésions. Les recherches importantes et suivies de Widal, Sicard et Ravaut, d’Achard et Grenet, montrent qu’on rencontre, à l’examen cytologique , d’autant plus de lymphocytes, dans le liquide céphalo-rachidien, que la méningite syphilitique est plus intense-, mais, cette lymphocytose existe, au moins à un certain degré, à toutes les périodes de la syphilis1. — Dans les hémiplégies syphilitiques, la lymphocytose est très abondante, et on la rencontre même dans les cas de céphalée syphilitique simple , alors qu’aucun trouble de l’appareil de l'innervation n’est encore survenu : elle s'accompagne alors du signe d’Argyl-llohertson , que Babinski regarde comme révélateur.

On s’explique aussi la coexistence assez habituelle avec les tumeurs gommeuses de plaques de pachyméningite, d’adhérences de la dure-mère aux os, de zones de leptoméningite, d’adhérences de la pie-mère à la substance corticale, de l’épendymite granuleuse et de l’hydropisie ventriculaire.

On peut aller plus loin encore dans l’interprétation des lésions di/fuses, et admettre, avec quelque vraisemblance, que certains troubles mentaux, la folie paralytique ou méningo-encéphalite diffuse (paralysie générale) et même le tabes, sont dans la syphilis

I. Widal, Sicard cl llavaul (Soc. de neurol. cl Rev. neurol., 1 004, p. 2S9).

Achard cl Grenet (kl., p. 344). — Ravaul ( Annales de Dermatot'. et SvnkU .

DIAGNOSTIC

sous l’influence des mêmes causes. C’est, en effet, dans la piemère et sur la substance grise que le virus syphilitique exerce de préférence son action irritante et destructive; les lésions diffuses ou localisées y sont beaucoup pins fréquentes que dans la substance blanche. — Les gommes corticales sont méningées, à leur origine, ainsi que le prouvent leurs fréquentes adhérences aux membranes. Elles occupent souvent les sillons, là où la piemère forme des replis, où les artères sont abondantes, et où existent des sinus du liquide céphalo-rachidien.

Quui de plus f. équent que la syphilis de la base , et les masses d infiltrations méningitiques, couenneuses et Jardacées, qui occupent les sinus ai achnoidiens, et entourent les paires crâniennes, expliquai! t ainsi la fréquence et la précocité des, paralysies de ces nerfs , en particulier des paralysies oculaires, dans la syphilis.

La syphilis se lixe sur Y endothélium des espaces inter-nerveux, comme elle affectionne les surfaces ëpidermo-cutanées , où les éruptions de svphilides sont si abondantes : il s’agit, en effet, de deux productions du feuillet eclodermique de l'embryon.

De la même manière, les irritations du virus syphilitique descendent jusque dans les espaces sous-arachnoïdiens de la moelle épinière, dans la pie-mère qui les occupe, jusque dans les culs-desac qui pénètrent dans les racines des paires rachidiennes, et ainsi est engendré le tabes syphilitique. — C’est un processus morbide tout à fait comparable à celui que Muller, Nageotte, Raymond, Philippe, etc., ont observé dans les intoxications causées par les néoplasmes communs des diverses parties de l'encéphale, donnant lieu, en définitive, à des manifestations paratabétiques.

N’exagérons en rien, cependant, l’existence des lésions syphilitiques diffuses de l’encéphale : il s’y rencontre aussi des manifestations bien localisées, des gommes isolées, ou, comme on dit, des syphilomes, comme se voient des tuberculomes.

Quels sont donc les caractères distinctifs qui permettent de les séparer des lésions diffuses, de manière à autoriser une intervention chirurgicale avantageuse?

En fait, nous montrerons, à propos de la discussion des indications opératoires, que dans un nombre respectable de cas, des résultats heureux ont été obtenus.

C’est surtout par la connaissance précise des caractères <f évolution des gommes cérébrales, qu’on arrivera à affirmer leur existence, de même qu’on diagnostiquera leur siège par les symptômes localisateurs qu’elles présentent à l’instar des autres tumeurs encéphaliques.

Au point de vue clinique , les gommes ont un certain polymorphisme, qu’il faut connaître pour les dépister.

Exceptionnellement, eiles sont aiguës et se développent dans une période de 10 à 40 jours (cas de Lépine, Cheadle, Audry, Bradley, etc.).

Dans quelques cas, elles sont réellement chroniques , et leur évolution dure plusieurs années (faits de Ilanot, huit ans; d’IIutchinson, 4 ans; de Stenger 2 ans).

En général , elles ont une marche subaigue, constituée par une série d’épisodes, qui se déroulent lentement, dans une durée de 5 à 10 mois, et plus. — Elles évoluent par poussées à caractères méningi tiques; il y a des phases d'exacerbations , séparées par des périodes de calme, avec des rémittences absolues, des trêves , qui font croire à la guérison.

Amélioré par le traitement, le malade sort de l’hôpital, se croyant guéri; mais il y rentre quelques semaines après, sous le coup d'une rechute.

D’ailleurs ces trêves sont rarement de longue durée. C’est aux syphilomes surtout que s’applique cet adage : « Lues insidias, pacem non fecit ».

La marche est lente et progressive; mais, en général, à chaque crise, les accidents s’accentuent. C’est une évolotion à oscillations ascendantes, ou même à marche régulièrement croissante. — D’ailleurs, toutes les échéances sont possibles; et, après une accalmie de plusieurs mois, d’une année ou deux, on n’est pas à l’abri de la rechute.

Quant aux signes propres des gommes, il y a lieu de distinguer : 1° les symptômes initiaux, qui sont la céphalée, les crises épileptiformes, les accidents méningés , ou même les troubles mentaux , ou encore un élat d’asthénie ou de neurasthénie , ou, enfin, une hémiparésie soudaine et progressive.

A la période d'état, on constatera nettement : une céphalée intense, profonde, fixe, parfois douloureuse, souvent nocturne ; des vomissements, de la constipation, des vertiges, de l’œdème papillaire et des convulsions épileptiformes. Celles-ci, parfois généralisées, revêtent fréquemment le type Braoais-jac/esonnien.

Il importe de remarquer qu’elles (les convulsions) ne répondent pas toujours a un siège rolandique de la tumeur. Elles apparaissent aussi : dans les gommes frontales , comme dans le cas lenomrné de Diculafoy, et dans ceux de Lépine (épilepsie brachiale pour un syphilome de F*); de Bramwell' (épilepsie crurale, pour une gomme située entre F1 et F*); de Faguel et Lowitz (épi-

DIAGNOSTIC

lepsie faciale, gomme de F1); — dans les gommes temporales (cas de Uthtohir : gomme de T1, accès commençant par la langue et la face) ; de Wilson (gomme de T1, épilepsie brachiale); de Wernicke et Friedlander (épilepsie brachiale, gomme de la partie postérieure de T1).

C’est surtout dans les diverses formes de la syphilis cérébrale que l’épilepsie localisée est un signe trompeur : car, ainsi que nous avons pris soin de le remarquer, les gommes cérébrales s’accompagnent souvent de congestions à distance, d e. plaques deméningoencéphalite, lésions diverses qui peuvent être, pour leur compte personnel, l’origine des convulsions. On peut dire que, quel que soit le siège des tumeurs syphilitiques, beaucoup plus fréquemment que dans les autres néoplasmes, peuvent éclater des attaques épileptiques.

Notons encore, parmi les autres symptômes des gommes cérébrales, les hémiparésies-, des hémiplégies , lentes et progressives, incomplètes d’abord, soudaines, et causées parfois par une oblitération artérielle et un ramollissement.

Les monoplégies pures sont plutôt rares, et Herber ne cite que les cas de Dreyfus-Brissac, et de Wernicke et Friedlander (obs. 16 et 24).

Les paralysies oculaires , le strabisme, le ptosis, la mydriase coexistent parfois avec les autres troubles moteurs, sensitifs et sensoriels. — Les hémianopsies, par exemple, les aphasies motrices et sensorielles ne sont pas absolument rares; et il existe presque toujours des troubles psychiques, telles l’hébétude incohérente, l’amnésie, et parfois des troubles mentaux (démence, monomanie, manie, idées de suicide, de persécution, etc.).

Quelle que soit la surcharge du tableau symptomatique des syphilomes cérébraux, et malgré l’assimilation qui peut en être faite avec les affections diffuses, on pensera surtout à leur existence : quand la marche sera lente, progressive, subaiguë ou chronique, se fera par poussées intermittentes , entrecoupées de périodes d’accalmie , suivies de récidives de croissante gravité.

Les néoplasmes communs n’ont pas ces remitlcnces complètes, ces trêves absolues, entrecoupées d’exacerbations. Leur évolution est continue, souvent régulièrement ascendante; et si quelques-uns, comme les gliomes, présentent des épisodes pathologiques, ceuxci sont tout à fait distincts et accidentels (ictus, hémorragies dans les gliomes).

Quant aux symptômes localisateurs ou de foyer des syphilomes, il nous suffira de jeter un coup d’œil rapide sur la symplomato-

DIAGNOSTIC DK LA NATURE DES NÉOPLASMES

logie de ceux qu’on a rencontrés dans les diverses régions de l’encéphale, pour reconnaître qu’ils sont tout à fait comparables à ceux qu’on observe dans les néoplasmes communs de même siècje.

Région frontale. — Les gommes de la région pré-frontale sont fréquentes, puisque Herber en signale 10 cas sur 39 observations.

Elles s’annoncent quelquefois, à leur début , par des troubles psychiques : hébétude, amnésie, somnolence, changements de caractère, — ou par des troubles mentaux. Mais, assez souvent, ces phénomènes n’apparaissent que dans le cours de leur évolution, et surtout dans les phases terminales.

Dans quelques cas, elles simulent la paralysie générale , comme dans les faits : de Targoula où, pour une gomme du volume d’une noix, dans la partie inférieure et externe du lobe frontal, on observa de l’affaiblissement des facultés intellectuelles, des divagations ambitieuses, de l’embarras de la parole, de l’inégalité papillaire; — de Lépine, où il y eut de l’excitation cérébrale, des idées ambitieuses, de la diminution de la mémoire, une parole imparfaite et de la bizarrerie de caractère (gomme de F1); — de Desnos, dont le malade, à son entrée, outre une faiblesse des membres supérieur et inférieur, était atteint de ce bégaiement propre à la paralysie générale, et qui consiste principalement dans le balbutiement, l’hésitation et la lenteur dans la prononciation des mots; il avait du délire ambitieux et de l’affaiblissement de l’intelligence, de la lenteur de l’idéation, etc. (plaque de méningite syphilitique sur FJ, et sur la pointe du lobe temporal)1.

Dans la majorité des cas, c'est par des attaques convulsives, soit généralisées , soit du type Bvavais-jacksonnien, que se révèlent d’abord les gommes de la région frontale : les troubles psychomentaux sont secondaires, contemporains, ou même n’existent pas. A ce point de vue, nous rappellerons d’abord le cas de Dieulafoy, qui souleva la mémorable discussion de l’Académie de médecine en 1901, précisément parce qu’une gomme de la pointe du lobe frontal avait donné lieu à des attaques épileptiques jacksonniennes. Elle eut pour résultat d’établir, une fois de plus, que l’épilepsie partielle n’avait de valeur localisatrice que dans certaines conditions déterminées (voir p. 89); — et, comme le remarqua Baymond, pour établir le diagnostic topographique , il eût fallu, dans ce cas, attendre Y apparition des troubles mentaux.

Les observations du même genre ne sont pas rares, telles sont celles : de Faguet et Lowitz, où le malade, après plusieurs

1. Targoula (Ann. méd.-psychol., 1890, p. 232, cl. Thèse Herber). — Lépine (Rev. de méd., 1895, p. 513). — Desnos (Soc. méd. des IIôp., 1885. et Th Herber).

DIAGNOSTIC

attaques de coma épileptique, suivies d’hémiparésie dans la face et les membres, avait des crises convulsives sans perte de connaissance, dans lesquelles la marche ascendante de la périphérie au centre était parfaitement observée; il n’y eut point de troubles intellectuels : gomme du volume d’une noix sur le tiers postérieur de F2; — de Lévi : tremblements des doigts et du bras gauche, contracture de la mâchoire; puis, convulsions généralisées; la malade succomba dans l’état de mal; gomme de la grosseur d’une petite noix, enchâssée dans la substance de F2; — de Byrom-Bramwell; il y eut des crises parfaitement dimidiées et une hémiparésie do bras et de la jambe gauches; gomme de la partie postérieure de F ', F 2; — de Lépine, où les convulsions cloniques existaient dans les deux membres supérieurs; le syphilome était double, symétrique, sur la face inter-hémisphérique de la première circonvolution frontale; — de Cheadle, etc. *.

Tous ces néoplasmes agissent par irritation sur la zone motrice et déterminent des crises épileptiques ; et, d’autre part, nous savons qu’en syphilis cérébrale, il y a souvent des lésions diffuses, des troubles vasculaires à distance.

Enfin, dans plusieurs de ces cas à manifestations motrices, il existait en. même temps des troubles psychiques très manifestes , ou encore de 1 ’astasie-abasie , de l’ataxie frontale (2 cas de Lépine).

Région rolandique. — Dans la région rolandique , bien que les gommes paraissent plus rares, on peut cependant reconnaître que les crises localisées y sont plus régulières dans leur évolution, et offrent le type d’accès Rravais-jaclcsonniens.

Exemple : observation de Brower et Bischop, où les attaques épileptiques commençaient par le petit doigt et l’annulaire, puis montaient dans l’avant-bras et le bras gauche; il n’y avait pas de perte de connaissance; elles furent suivies plus tard d’une hémiplégie gauche (gomme du centre ovale sous la frontale ascendante, le lobule paracentral, et la partie postérieure de F1, F 2); — de Price : plusieurs crises convulsives, embarras de la parole du type amnésique; démarche chancelante, langue déviée (gomme gélatineuse du volume d’un œuf de poule sous la partie inférieure de P" et du lobule supra-marginal); — de J. Dreyfus, crises à type brachial, intéressant aussi la face et le membre inférieur; parésie du bras avec prédominance au pouce; marche en fauchant;

1. Dieulafoy {Acad, de méd., 1901). — Faguet et Lowitz ( Journ . de méd.

(le Bordeaux, 1S95). — Lcvi ( Giornale venetto des sc. med., 1879, p. 209, et Th. Herber, p. 183). — Byrom-Bramwell ( Edimbourg med. Journ., 1879, p. 5911, et Th. Herber). — Lépine {Rev. de méd., 1895, p. 512 et 513).

contracture et atrophie; aucun trouble sensitif ou psychique (tumeur kystique gommeuse du volume d’un œuf de poule, sous la pariétale ascendante)

Lobes temporal , occipital, etc. — Plusieurs observations de gommes occupant le lobe temporal nous offrent aussi des symptômes de localisation assez précis. Dans le cas de Wernicke et Friedliinder. il y eut deux tumeurs syphilitiques : l’une occupait le centre blanc du lobe temporal et la partie postérieure et moyenne de 1 , I , du côté gauche ; i’autre siégeait dans le lobule pariétal inférieur et le gyrus angularis, jusqu’au lobe occipital. La seconde, qui était la plus ancienne, dans une première phase, donna lieu à de la ma'adresse de la main gauche , et à des convulsions de ce côté (voisinage de la région motrice); l’autre, dans une seconde phase, après un ictus, amena de l 'aphasie et de la Paralysie du côté droit. A la suite de cette double lésion, la malade était devenue tellement sourde, qu’on ne pouvait se faire comprendre d’elle; sa parole était inintelligible.

Une malade de Uilson, dans ses crises d’épilepsie dimidiée, entendait tout à coup un bruit terrible , ressemblant « à un cliquetis de machinerie » ; elle eut des bourdonnements d'oreille des bruits dans la tête, et n’offrit jamais de paralysie. Elle avait une gomme d’un pouce de diamètre, sous les circonvolutions lemporo-sphénoïdales, s’étendant jusqu’à la moitié externe de a scissure de Sylvius, touchant à la partie inférieure de Fa P> .

Aous rappellerons ici le fait de Luhrmann (déjà cité p. 285) qui, pour une gomme temporale, guérie par le traitement spécifie, avait observé : de la paraphasie, de la diminution brusque

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Pnnip113 lGi lobe occiPital: nous pouvons citer une observation de ey, dont le malade, outre une parole embrouillée des troubles de la mémoire, des attaques transitoires d’épilepsie et de manie, présenta une hémiopie droite des deux yeux et plus tard une aphasie et une hémiplégie droite. Il avait une’tuineur syphilitique ronde d’un demi-pouce, dans le lobe postérieur du ceiveau, entourée d’un ramollissement étendu ;l Cianglions centraux, pédoncules, protubérance ', cervelet, etc. -

P- 397, eL Th! Herber/! ^ Price ‘ lia JJ?' \^eriC/J]!<Social^ Chicaqo, 1893, Th. Herber, p. 33. mcel' f88i> ct Tl>- Herber). - Dreyfus,

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