Voir»; Chipault ( Chir . nerveuse, III, 1903, p
2. Leplat, Des esquilles •pénétrantes ctu crâne (Thèse, Paris, 1898).
3. H. Nolhnagliel, Topische diagnostilc der Gehirn/crankeiten, Berlin, 1S79. — H. White, On hundren cases of cérébral lumours ( Guy’s , Hosp. Hep. London, 1886). — Byrom-Bramwell, Intra-cranial Growl/is, Edinbnrg, 1888 — Knapp, The pathology , diaqnosis, and treatment of intra-cranials growths, Boston, 1891. — Peitavy, Contribution à l'état des tumeurs cérébrales (Th., Paris, 1893).
HISTORIQUE
En 1894, dans son Traité de chirurgie opératoire du système nerveux, Chipault, avec un luxe de figures, fort utile en pareille matière, exposa les principaux résultats, en divers pays, des recherches sur la Topographie cranio-cérébrale , et de la résection du crâne: son ouvrage contient un tableau, uniquement technique, de '135 tumeurs intracrâniennes, traitées chirurgicalement.
La première et la seule monographie que nous possédions, en France, sur la chirurgie des tumeurs cérébrales, est la thèse d’AuvRAY. Elle contient une riche moisson de faits opératoires (79 cas de trépanations curatives et 66 trépanations palliatives, pour des tumeurs du cerveau ou du cervelet) ; elle expose fidèlement, et avec lucidité, l’état de la question en 1896, et renferme la description de la technique d’Horsley.
Elle avait été précédée des thèses de Muret, qui contient la relation de l’opération de Péan (1890), de Thirrion (de Lille) sur les tumeurs encéphaliques et les localisations fonctionnelles de l’encéphale (1892-93), et de celle de Decressac, qui est une revue générale de la chirurgie du cerveau, basée sur la connaissance des localisations (1890).
Le Traité de Chirurgie cérébrale deBROCA et Maubrac, paru la même année que la thèse d’Auvray (1896), renferme un excellent chapitre sur la chirurgie des tumeurs intracrâniennes : les indications de l’intervention thérapeutique, les dangers et les résultats des opérations, y sont étudiés avec une grande compétence chirurgicale.
C’est à la même époque que se rattachent, tenant plus ou moins à la question des tumeurs cérébrales : les Travaux neurologiques de Chipault (1896-1902), et, un peu plus tard, ses trois beaux volumes sur I’État actuel de la Chirurgie nerveuse (1902-1903); les manuels de Terrier et Péraire, de Glantenay, de Sebilleau; et en particulier l’ouvrage d’ALLEN Starr, où se reflète le génie novateur, éminemment pratique et habile, des médecins et chirurgiens américains >.
Enfin, dans une question nouvelle et aussi difficile que celle des tumeurs encéphaliques, il est juste de citer les noms des chirurgiens de tous les pays, qui, par les cas publiés et commentés, ont contribué à l’édifier.
I. Terrier et Péraire, L'Opération du trépan, 1893. — Glantenay, dur. des centres nerveux, 1897. — Sebilleau, Thérapeuthique chirurgicale des maladies du crâne, 1898. — Allen Starr, [train Surgery, 1893, et La Chir. de l'Encéphale (trad. Chipault, 1895).
Ea France : Lucas Championnière, Péan, Démons, Reynier, Doyen, Broca, Poirier, Chipault, Terrier, Jaboulay, Le Dentu’ Schwartz, Monod, Duret, Mareau, Vidal, Villard, etc.
En Allemagne : Bruns, Bergmann, Czerny, Fischer, von Beck, Kronlein, Bramann, Erb, Hitzig, Beck, Sommer, Bruzelius et Bei g, Friedlærider et Schlésinger, Rappeler, Heidenhain, etc.
En Angleterre : Horsley, Mac Ewen, Godlée, Wbite, Fermer! Bennett, Beevor et Ballance, Olliver et Williamson, Byrom- Bramwell, etc.
En Amérique : Keen, Allen Starr et Mac Burney, Knapp, Bradford, Steele, Bremer et Carson, Schaw et Busch, Putnam' Church et b ranck, Diller et Buchanan, Abrams et Dudley, Syme, Diana et Conway, Lavista, et, dans ces derniers temps : Keen et Mills, Mills et Pfahler, Fitzig, qui ont fait d’heureuses applications des rayons de Rôntgen.
En Australie, où sont fréquents les kystes hydatiques : Fitzgerald, Maundsley, Graham, Verco, Llobet, Castro, Vegas, Chiselhom, etc.
En Italie : Durante, Roncali, Larnpiasi, Albertoni et Brigatli, Rossolimo, Sciamanna et Postempski, Obici, Codivilla, Mazzoni, de Paoli, Mugnaï, Bendandi, Cuneo, Montenovesi, Mingazzini, Lisanti, Mattoli, Bollici, Carie et Pescarolo.
Enfin, en Hollande, sous l’impulsion de Win k 1er, Guldenarm, Rotgans, Wertheim, Korteweg, Eiselberg, Pel, Stokvis, Hermanidès, Renssen, Gobi et Jacobi, Wayenburg et Wœstermann, Salomonsen, Ziegenweidt, etc.
La fin de cette deuxième période de l’histoire de la Chirurgie des tumeurs encéphaliques , qui se prolonge jusqua l’époque actuelle, est marquée par deux faits importants : l’un appartient à la technique opératoire , l'autre à la pathologie et à ta chirurgie des tumeurs.
Les perfectionnements successifs, apportés par Horsley à sa méthode, à l’aide des scies circulaires ou des scies à main, eurent pour effet d’élargir, de plus en plus, la brèche faite à la paroi crânienne : une des pertes de substance qu’il produisit est représentée dans la thèse d’Auvray, et elle mesure une étendue de 10 centimètres sur 7 centimètres. — Le cerveau, sans doute, peut supporter sans graves inconvénients d’être ainsi dépouillé de son enveloppe osseuse : le fait précédent le prouve, ainsi que celui de Mareau, où la perte de substance est aussi de 10 centimètres sur 7 centimètres; et un cas de traumatisme, que nous avons relaté, où elle fut de 10 centimètres sur 12 centimètres.
Mais il reste, en réalité, une mutilation, qui, malgré la facilité
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de décompression qu elle procure, expose à des accidents traumatiques.
La résection temporaire en met à l’abri.
La large voie idéale, sans perte de substance, a été réalisée par l’emploi des procédés de Doyen, par l’opération qu’il désigne SOUS le nom d’HÉMICRANIECTOMIE TEMPORAIRE (1897).
Cet opérateur, modernisant les fraises et les mortaises des anciens chirurgiens, les a utilisées pour perforer le crâne, et permettre un sciage, d'autant plus rapide, qu’il peut être actionné, au besoin, par V électricité .
A côté de ces progrès techniques , les ouvrages de Ludwig Bruns, sur les Tumeurs du Système nerveux (1897), d'ÛPPENheim, sur les Tumeurs de l’Encéphale (1902), et celui d’Ernst Von Bergmann sur la Chirurgie cérébrale (3e édition remise à jour, 1899;, font époque et apportent une contribution importante à l’étude des tumeurs encéphaliques.
Le livre de Bruns renferme une étude assez complète de l’anatomie pathologique, de la symptomatologie et du diagnostic ■des néoplasmes, des différentes régions du cerveau et du cervelet.
Celui d’OppENHEiM est une réédition très augmentée de son premier ouvrage; on y remarque surtout une étude très soignée des symptômes généraux, et des signes de foyer des tumeurs des différents lobes, exposés dans des chapitres successifs, en particulier les données nouvelles sur le lobe frontal et le cervelet.
Dans l’ouvrage du chirurgien, on trouve un exposé des recherches modernes sur la compression cérébrale , dont Von Bergmann s’est personnellement occupé, et des tableaux statistiques des opérations exécutées jusqu’en 1899, le procédé de l’auteur pour Je tracé des lignes de repère, à la surface du crâne; au point de vue opératoire, il adopte en partie, et décrit la technique de Doyen.
Dans ses Leçons cliniques, depuis 1896, Raymond poursuit, avec prédilection, l’étude séméiologique des tumeurs de l'encéphale; en particulier, on y trouve une vue d’ensemble sur le diagnostic des tumeurs cérébrales (t. III, 1898), une étude des troubles de la sensibilité dans les lésions cérébrales, sur I’épi-
LEPSIE PARTIELLE, SUI’ les TUMEURS DU CERVELET ’.
Tel est le bilan des elforts tentés par les médecins et chirurgiens, pendant ces quinze dernières années, sur la question difli-
I. L. Bruns, Die Geschwulsle des Nervensystem, Berlin, 1897; — H. Oppenheim, Die Geschwulsle des Gehirns, Wieu, 1902; — Ernsl Von Bergmann, Die chirurgische Behandluny von Uirnkrankeilen , Berlin, 1899; — Ravmond, Leçons cliniques, 1 à VI (1896-1903; O. Doin, éd .).
cile et compliquée du diagnostic et du traitement des tumeurs de l’encéphale : il nous semble que l’avenir prépare une nouvelle évolution.
Troisième période. — Derniers perfectionnements.
Congrès de chirurgie de 1903. — Craniotomies diverses.
Cette période a été inaugurée - par le Congrès français de chirurgie de 1903.
Nous avons présenté à cette assemblée un rapport considérable exposant les principaux procédés d’ouverture du crâne, les méthodes d’extirpation des tumeurs encéphaliques, ainsi que les tableaux statistiques des résultats obtenus par les chirurgiens des divers pays. — Ce travail a été l’origine du présent ouvrage.
Mentionnons que, dans la môme réunion, nous avons aussi interprété un cas personnel de tumeur cérébelleuse , et que, dans un mémoire important, les Drs Depage et Mayer (de Bruxelles) ont lait la relation de trois cas intéressants de chirurgie encéphalique, relatifs à un ostéome géant de la fosse cérébrale antérieure, à un sarcome volumineux de la dure-mère, et à une tumeur du cervelet '.
Pendant l’année 1904, deux progrès remarquables ont été réalisés dans la technique opératoire. D’une part, Marion a montré les avantages de la scie de Gigli pour la craniotomie, et Bercut a inventé un moteur à ressort qui, à l’aide des fraises, permet de faire la perforation du crâne avec la même rapidité et la même facilité que si on utilisait les instruments mus par l’électricité 1 2.
Nous aurons aussi l’occasion de mentionner, plus loin, l’étude récente de Bert et Vignard, sur le craniomètre de Ivronlein3.
Il nous semble que de nouveaux progrès pourront encore être réalisés, dans un avenir prochain-, en se basant sur les considérations suivantes, déjà émises par nous dans notre rapport de 1903 :
lu II est utile de remarquer que les procédés opératoires de craniotomie sont susceptibles de perfectionnement, et de cer-
1. Duret, Tumeurs de l'encéphale (16e Congrès de chirurgie, 1903, p. 393). — Sur une tumeur cérébelleuse. Du choix du côté pour opérer ( id ., p. 612). — Depage et Mayer {id., p. 646).
2. Marion ( Arch . gén. de mèd., 4 904). — Bercut, Nouveaux perforateurs des os ( Congrès de Chirurgie, 1904; Journal, La Nature, oct. 1904).
3. Bert et Vignard, Topographie cranio-cérébrale simplifiée et craniomètre de Kronlein {Rev. de Chir., 1904, p. 562).
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taines variations complémentaires. — Nous décrirons, plus loin, en détail, les règles de la craniotomie antérieure ou frontale , qui, découvrant la partie antérieure des lobes frontaux, faciliterait l’accès entre les deux hémisphères, pour extirper, aisément, les tumeurs de leur face interne, ou du corps calleux; la craniotomie postérieure, qui ouvre une large voie sur les fosses cérébelleuses, que nous avons utilisée dans un cas personnel, et dont nous parlerons plus loin, et enfin les diverses craniotomies sagittales ou latérales ;
2° Les faits de Raymond-Poirier, de Krogius, de Guldenarm, montrent que certaines tumeurs de la base ne sont pas inaccessibles.
En présence d’une tumeur qui avait déterminé des douleurs atroces par compression du trijumeau, et des troubles dans les fonctions des deuxième, troisième et quatrième paires, Raymond fit appel au concours de Poirier : celui-ci réséqua et morcela, dans ses parties profondes, l’écaille temporo-spbénoïdale, comme pour l’extirpation du ganglion de Gasser; mais il se trouva en présence de l’extrémité d’une tumeur diffuse, et il s’arrêta.
Krogius, dans un cas analogue, procéda de même et put enlever un endothéliome de 4 centimètres sur 2 cent. '1/2 de largeur et d’épaisseur. Son opéré succomba le treizième jour.
Ces deux opérations eussent pu réussir, si l’intervention avait été moins longuement retardée. Le malade de Raymond avait des symptômes assez caractéristiques depuis dix-huit mois, avant qu’il eût été soumis à son examen, et celui de Krogius, depuis deux ans et demi; le diagnostic, dit ce dernier chirurgien, pouvait être solidement établi depuis huit mois. Nous ajouterons que, dans ce dernier cas, la carotide fut mise à nu complètement, et que l’énucléation fut faite avec les doigts, sans hémorragie.
Si on attend trop, les tumeurs de la fosse cérébrale moyenne poussent des prolongements vers la fosse postérieure, la selle turcique ou la cavité de l’orbite, par la fente sphénoïdale; l’extirpation en est forcément incomplète. L’opération remédie, dans tous les cas, aux douleurs atroces éprouvées par les malades : elle devrait être assez hâtive pour être radicale
Les faits de Guldenarm se sont passés dans une autre région du crâne : il s’est agi de néoplasmes, situés à la partie antérieure de la fosse cérébrale postérieure, aux côtés de la protubérance et
1. Poirier, in Leçons cliniques de Raymond, III, p. ,'i6. — Krogius, Le traitement chirurgical des tumeurs de la fosse cérébrale moyenne (Rev. de Chir., I89ü, p. 434). — On pourrait rapprocher de ces faits le cas de Durante, qui, pour une tumeur faisant saillie dans l’orbite, dut pénétrer jusqu’à la selle turcique et l’apophyse crisla-galli : sa malade opérée en 1884, et réopérée 11 ans après, se portait bien encore en 1902.
du bulbe. Deux fois, le chirurgien hollandais, pénétrant par une large porte occipitale, se dirigeant sur la crête et la face postérieure du rocher, qui lui servaient de guide, futassez habile pour enlever, avec les doigts recourbés en crochet, des tumeurs qui avaient le volume d’une grosse châtaigne, et qui purent être amenées au dehors avec la plus grande facilité, sans qu’il veut d’hémorragie. La mort survint, il est vrai, deux jours après, d’une façon imprévue, alors que tout allait bien. — On peu t espérer que, dans l'avenir, avec plus de douceur encore, on obtiendra un succès complet
3> Enfin, il nous semble qu’aujourd’hui, la voie d'accès étant largement établie par la craniotomie à lambeau , il convient de ne considérer celle-ci que comme une opération préliminaire. Dans l’avenir, pour obtenir des résultats réellement satisfaisants, c’est vers la technique de l’extirpation des tumeurs hors de leur lit cérébral que doivent se concentrer les soins de l’opérateur. — Malgré les progrès réalisés, il semble que notre outillage et nos procédés n’ont pas encore atteint tout le perfectionnement désirable. Nous reviendrons sur ce point dans le cours de cet ouvrage.
I. Guldenarm et Winkler, et Guldenarm, Hermanides, et Winkler, in Chir. nerv. de Chipault, 1902, I, p. 68b et 686.