‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 220 sur 338 · Voir in Th. Auvray · texte numérisé non relu

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4. Lucas Championnière, Élude sur 64 cas de trépanation du crâne (In Journ. de ined. et dur. pratiques, 1894, p. 401).

C’était aussi le moment où, de divers cotés, on s’appliquait à préciser, avec soin, les rapports des nouveaux centres fonctionnels de l'écorce cérébrale avec la surface de l’hémisphère crânien, soit au point de vue de la topographie anatomique pure , soit à celui, plus utilitaire, de la topographie clinique.

On s’efforçait de fixer soigneusement des lignes et des points de repère , susceptibles de guider le chirurgien.

Ces recherches, inaugurées par P. Broea, Féré, Turner, Heftler, etc., furent continuées, en France, par Poirier, Chipault, Clado, Lannelongue et Mauclaire, Lefort et Debierre, etc., et à l’étranger, par divers auteurs que nous mentionnerons ultérieurement1. — L’importance de tous ces travaux devait passer au second plan, lorsqu’il fut de plus en plus établi, au moins pour l’extirpation des tumeurs, que les voies d'accès devaient être largement ouvertes.

C’est à la fin de cette première période que fut réellement commencée l’évolution chirurgicale vers I’abla-tion des tumeurs

ENCÉPHALIQUES.

Elle fut l’œuvre de trois congrès, comme le fait remarquer le professeur Terrier» dans son intéressante leçon clinique de la Gazette hebdomadaire , en 1894 \ Elle date du Congrès international de médecine de Berlin, en 1890, où à propos de la communication d’Horsley, s’est produite une discussion intéressante 3, qui s’est continuée en 1898 à la Société de médecine d’Edimbourg, et au Congrès de la Brislish medical Association , à Newcastle.

En 1891, le Congrès français de chirurgie mit à l’ordre du jour la question : « de l 'intervention chirurgicale dans les affections des centres nerveux ».

En outre des intéressantes communications de Lannelongue, Th. Anger, Maunoury, Heurtaux, R. Boyce, sur la craniectomie dans la microcéphalie et l’idiotie, et de celles de Duret, Michaux, Jeannel, Picqué, Girard, sur diverses complications traumatiques cérébro-crâniennes, on y trouve la relation d’interventions pour tumeurs cérébrales, opérées avec succès par Reynier, Doyen et Broca.

Reynier, appuyé par le diagnostic de Charcot et Blocq, chez un enfant de dix ans, enleva un gliome de la région des opercules rolandiques.

Doyen incisa largement le cerveau et draina un large kyste ,

1. Voir in Chipault (■ Cliir . op. du système nerveux, 1894, I, p. S2).

2. Terrier, Traitement chirurgical des tumeurs cérébrales (Gaz. Iiebd., -lo- u

' 3. U eu avait déjà été question à la brislish medical Association en 1888.

HISTORIQUE

qui avait soulevé le crâne, et rendu presque idiot un jeune homme de seize ans; il obtint un résultat très satisfaisant.

Broca, sur l’avis favorable du professeur Charcot et de Marie, assisté du professeur Terrier, trépana avec succès un jeune homme de dix-huit ans, atteint de monoplégie spasmodique infantile et de sclérose cérébrale, qui présentait des crises d épilepsie jacksonnienne, et avait un kyste du volume d’une forte noix dans la région motrice, au niveau du centre des mouvements du bras.

A peu près à la même époque, Poirier communiqua à 1 Académie de médecine la relation d’une résection temporaire crânienne faite selon son procédé, à la gouge et au maillet, à 1 aide de laquelle il enleva, heureusement, un angiome de la région rolandic/ue, siégeant au niveau du centre du membre supérieur et de la face.

Malgré ces succès, les interventions qu’on trouverait ensuite dans la littérature française sont très disséminées. C’est que l'extirpation des tumeurs encéphaliques constitue une chirurgie non seulement délicate et difficile, mais rare. — 11 faut en suivre l'évolution dans tous les pays, dans toutes les régions où l’on fait de la chirurgie, pour en avoir une idée suffisamment exacte.

Quoi qu’il en soit, les communications suggestives, faites dans les Congrès que nous venons de citer, éveillèrent l’attention, et suscitèrent de nouvelles entreprises. Elles provoquèrent surtout un grand nombre d’études spéciales, et poussèrent les opérateurs à entrer plus largement dans la voie de la chirurgie nerveuse. — C’est de cette époque, que nous faisons partir notre seconde période.

Deuxième 'période.

Les craniectomies larges et l’ hémicraniotomie. — Études spéciales.

Les communications du professeur Lannelongue à l’Académie en 1890 et au Congrès de chirurgie en 1891, sur la craniectomie chez les microcéphales , ne furent pas étrangères aux progrès de la chirurgie crânienne à cette époque; elles montrèrent qu’on peut, sans danger, faire de larges pertes de substance à l’enveloppe rigide de l’encéphale. Les pinces-gouges et la pince-trépan de Farabœuf permettaient ces larges résections, dans tous les sens.

Ce fut cependant d’Allemagne que nous vint la modification opératoire qui devait permettre aisément de larges ouvertures, et conduire à la résection temporaire.

On allait pouvoir pénétrer dans l’encéphale, comme par la laparotomie on entre dans la cavité abdominale, et, l’ablation faite, refermer le crâne, quitte à laisser un orifice suffisant pour le drainage.

L’opération mutilante de la craniectomie ne serait plus indispensable. — Dans les premiers temps, cependant, l’ouverture fut étroite, limitée, et il sera nécessaire d’aller plus loin.

Ce fut Wagner de Kônigshütte qui, en 1889, animé sans doute des préventions communes contre le trépan, imagina d’ouvrir le ci une au ciseau et au maillet, et de tailler un lambeau ostéo-culané , qu’on pût ensuite réappliquer.

Il est juste, cependant, de reconnaître qu’il avait été précédé dans celte voie de la résection temporaire du crâne par Ollier et surtout par Chalot, qui, en 1886, trois ans auparavant, dans son Traité de médecine opératoire , décrit un procédé tout à fait comparable.

Le procédé de Wagner fut, d’ailleurs, modifié et perfectionné Par Poirier (1891), Bruns (1890), Toison (1891), Muller (1890) et surtout par Chipault (1893).

Vers la même époque, les chirurgiens italiens Durante, Scafi, Roncali, Zuccaro, Secciii, Padulà, Codivilla (1893-1900) apportèrent, successivement, quelques modifications intéressantes ‘, que nous relevons ultérieurement.

Nous-même, dans notre communication au Congrès de 1891, et, plus tard, dans la thèse de Leplat, nous avions montré qu’on pouvait étendre considérablement les dimensions du lambeau ostéo-cutané, à la Wagner 1 2 3.

Pendant que les voies d’accès vers le cerveau, allaient ainsi se perfectionnant, des travaux importants et nombreux sur la nature, la fréquence, \& symptomatologie, et Y évolution des tumeurs cérérrales, virent le jour.

Il nous suffira de rappeler les études anatomo-cliniques du Traité de Nothnagel (1879), de Hales Write (1886), de Byrom- Bramwell (1888), qui, le premier, exposa bien les effets physiomécaniques des tumeurs sur la masse encéphalique, de Knapp (1891), et l’importante thèse de Peitavy (1893), etc. a.

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