P. Marie (lier, de neurol., 1900, p
des ventricules latéraux; dans celles qui compriment la veine de Gallien, les plexus choroïdes, organes d' absorption 1res actifs, ou qui ferment l’aqueduc deSylvius, ou le trou de Magendie (Byrom- Bramwell). Les cas n’en sont pas très rares, tels celui de Becker (4e ventricule), de Meyer (3° ventricule), de Long et Viki (cysticerque, 4e ventricule), de Hensen (cysticerque du 4° ventricule, produisant des accès de compression intermittents); de Ghalatoft (cancer du plexus choroïde du 4e ventricule), de Codd (où une maladie kystique du 4° ventricule oblitéra le trou de Magendie, et produisit une hydropisie ventriculaire considérable), de llœs-
Fig. 12. — Gliome rlu V ventricule, cher, un enfant; compression de la moelle allongée
et du cervelet (Bruns).
selin (où une tumeur de l 'épiphyse cérébrale comprima, distendit l’aqueduc de Sylvius, et dilata les ventricules *).
Ces / roubles de la circulation du liquide céphalo-rachidien , ont deux effets rapides : l’accumulation dans les espaces sous arachnoïdiens, et la stase ventriculaire. Il y a, selon l’expression allemande, de l’ hydrocéphalie interne. Celle-ci exerce d abord son action sur les parois ventriculaires, puis sur 1 écorce; on trouve les circonvolutions étalées, eL les scissures ellacées.
Ainsi que l’indique très bien Bruns, le crâne étant inextensible, l’espace nécessaire aux tumeurs cérébrales est fourni d’abord, par l’issue du liquide céphalo-rachidien dans les veines efférentes, et vers la cavité rachidienne: « Mais cette déplétion de la cavité crânienne n’est possible qu’à un certain degré; quand celui-ci est
1. Becker, d'Aix (Arch. f. Psych., «02, el Rev neural., ^02 P; 00k Me^r (Arch. Psych., 1809, el Rev. neural., 1000, p. 154); Hensen ( eulscli. A> c h. h klinikMed ., 1900, el Rev. neural.. 1900, p. 412); ChulO-Lüll (Rev neui ., -,
p. 1108): Lpng el Wiki (Suisse rom., 1900 p. 31b, el Rev Codd (Rev. neurol., 1898, p. 305); Hœsseliu (Rev. neuroL, 1597, p. -JO).
PATHOGÉNIE DU SYNDROME
atteint, le liquide reste immobile, subit une pression de plus en plus forte, et celte compression se transmet au cerveau, qu’il entoure de toutes parts; son influence se fait sentir partout; elle agit surtout sur les capillaires , et cause une anémie de l'écorce , fait cesser les pulsations cérébrales ; et alors, surviennent des troubles de l’intelligence, depuis la torpeur, jusqu’au sopor le plus profond, le ralentissement du pouls, de la respiration, et des douleurs de tète générales... »
Ainsi se produisent les troubles généraux , le syndrome des tumeurs cérébrales : « On peut accepter aujourd’hui, avec certitude, dit encore Bruns, que, dans la compression cérébrale généralisée, l’augmentation du liquide céphalo-rachidien et son hypertension, sont les principaux facteurs des symptômes 1 ».
Pour supprimer toute cause de doute sur le rôle important de la compression cérébrale, dans la production des phénomènes du syndrome des néoplasies cérébrales, il nous suffira de quelques citations, empruntées à la clinique.
Bregmann, de Varsovie, chez un enfant de neuf ans, sous l’influence de la compression par une tumeur du cervelet, vif se produire un éclatement des sutures du crâne, à la suite duquel des accès violents de céphalalgie et des vomissements fréquents disparaissent
Wollenberg, Fremdenthal, et Mac Cashcy ont rapporté des cas de tumeurs du chiasma, du lobe occipital, ou du cervelet, où, à la suite d’un écoulement spontané, abondant, de liquide céphaloia< Indien, par le nez, à travers la lame criblée ou les pertuis elhmoidiens, les troubles décompression cessèrent subitement. Ils reparaissaient, si l’écoulement s’arrêtait 3.
La connaissance des ell'etsde l’hypertension du liquide céphalorachidien a conduit a des tentatives thérapeutiques destinées à I abaisser. A. Parkin, Danesley ont trépané l’écaille occipitale, et
c) Faits cliniques.
( Truumuiismes cereoraux , 1878).
ru llicorie
rat, Broca, Chipault, et d’autres ont essayé, soit le drainage ventriculaire, soit la ponction lombaire.
Plus encore que les faits précédents, les bons effets de la trépanation décompressive, utilisée dans ces derniers temps, montrent le rôle important de l’hypertension intracrânienne et du liquide céphalo-rachidien, dans l’évolution des troubles cérébraux, produits par les tumeurs.
A propos de Y œdème papillaire , nous avons signalé les améliorations et les succès obtenus par cette intervention : diminution ou disparition de la cécité, de l’amblyopie, de la céphalée, etc. Il me suffira de rappeler les statistiques de Rohmer qui, sur 108 trépanations, releva 28 guérisons et 17 améliorations de la névrite optique, et celles de son élève Dupont, qui, pour les' trépanations curatives , eut GO p. 100 de guérisons et 18 p. 100 d’améliorations; et, pour les trépanations palliatives, 28 p. 100 de guérisons et 43 p. 100 d’améliorations.
Nous ne possédons pas de statistique complète sur les résultats de la trépanation décompressive : elle est particulièrement délicate à établir.
Le premier, Ilorsley en a montré toute la valeur par des exemples convaincants. Il opère un malade dans le coma, et de son pied, celui-ci retourne chez lui, et ne meurt qu’un an après. — Dans une autre circonstance, chez un homme qui avait des convulsions épileptiques, de la céphalée, des vomissements opiniâtres, une tendance au roulement de droite à gauche, de la dyspnée, phénomènes attribués à une tumeur des pédoncules cérébelleux, il enleva la moitié de l’écaille occipitale; et les attaques de dyspnée et de céphalée cessent pour longtemps, car l’amélioration dura deux ans.
A. Broca, avec son collaborateur Maubrac, a été chez nous un des promoteurs de la trépanation décompressive : en 1896, ces auteurs publiaient un travail dans les Archives de médecine, sur ce traitement palliatif des tumeurs. Nous en extrayons deux faits: l’un, personnel, où il enleva un tuberculome de la région rolandique; les troubles moteurs et la céphalée cessèrent; l’autre, emprunté à Caton et Paul de Liverpool, qui, pour une tumeur de l’hypophyse avec acromégalie, du volume d’une mandarine, s’accompagnant de perte de la vision à droite, d œdème papillaii e à gauche, et de surdité avec des céphalées intenses, firent une large trépanation dans la région temporale droite; les douleurs aiguës cessèrent et ne revinrent plus; et, pendant trois mois, le malade eut une vie relativement supportable.
PATHOGÉNIE DU SYNDROME
Dès 1888, Lucas-Championnière conseillait la trépanation exploratrice pour les tumeurs impossibles à atteindre, et 1 errier se prononçait également en faveur du traitement pallialil. A cet égard, deux méthodes existent : celle qui laisse intacte la duiemère est moins efficace contre les manifestations du s^ndiome, l’écoulement d’une certaine quantité de liquide céphalo-rachidien s’est souvent montré favorable.
Von Bergmann, dans son Traité de chirurgie cérébrale , s exprime ainsi : « Bien des trépanations et des résections crâniennes, qui ne permirent pas d’enlever les tumeurs, ont déterminé un amoindrissement des souffrances qui torturaient les malades. Des céphalées, qui les rendaient fous, des vomissements incessants, un œdème papillaire, qui leur occasionnait des troubles visuels, arrivant jusqu’à la cécité complète, disparurent : tous ces troubles, gai dépeiident d'une élévation de la pression intracrânienne, s'atténuent ordinairement, en même temps que les troubles fonctionnels, dus à l’irritation de la substance cérébrale1 ».
L’auteur allemand cite de nombreux cas, empruntés à ses tableaux statistiques, où, par la trépanation palliative, disparurent la céphalée, la douleur, la somnolence, le coma, les vomissements, les convulsions, les troubles visuels, et même des phénomènes paralytiques. Le pouls lui-même fut influencé, et, dans une intervention, de 53 pulsations remonta à 83.
Le cas le plus intéressant est emprunté à tlahn : un garçon boucher ayant perdu l’odorat depuis trois ans, l’ouïe d’un côté, et la vue depuis une année, la mémoire très affaiblie, souffrait de céphalées atroces; il fut trépané au niveau du lobe frontal; car, en raison des symptômes observés et de sa profession, on croyait à un kyste hydatique. Par l’ouverture, le lobe cérébral fit une très forte saillie; on fit une ponction sur la partie herniée, et, avec une seringue, on aspira environ 100 grammes de liquide, il y eut disparition des maux de tète, retour de l’intelligence, et la vue s’améliora. Le patient put reprendre son métier, et cet état satisfaisant s’étant prolongé un an et demi, on admit que la cause de la maladie était une hydropisie ventriculaire, guérie par la ponction.
Tous ces faits, empruntés à la clinique, semblent justifier l’hypothèse que les troubles généraux des tumeurs encéphaliques sonL le résultat d'une COMPRESSION nu cerveau, gui les associe et les lient sous sa dépendance.