TROUBLES INTELLECTUELS
d’inquiétude, d’anxiété, de confusion mentale plus ou moins aiguë, d’excitation maniaque, et des périodes de dépression ; plus tard, les signes du syndrome des tumeurs apparaissent1.
On s’explique ainsi que, dans les asiles d’aliénés, un certain nombre de déments et d’épileptiques soient porteurs de tumeurs cérébrales. — Dans ce cas, il est utile de se rappeler la remarque de Nelson Teeter : « La folie, avec céphalalgies violentes, persistantes,, doit faire penser, à une lésion grossière de l’encéphale, peut-être à une tumeur »
Raymond a étudié plusieurs de ces cas de tumeurs cérébrales avec démence : ils sont contenus dans la thèse de son élève Grandguillot, et dans plusieurs communications3. Il attribue la déchéance progressive de toutes les fonctions cérébrales supérieures, qui caractérise cet état, à l’altération et à la destruction des fibres commissurales, courtes et longues, qui relient entre eux les centres psychiques : aussi est-elle plus fréquente dans les grosses tumeurs , et dans celles qui occupent les lobes frontaux, ou la partie antérieure du corps calleux. — Ce serait, cependant, une erreur de croire que les troubles démentiels soient exclusivement propres aux régions antérieures du cerveau : on rencontre aussi des troubles psychiques comparables , pour des tumeurs occupant d’autres régions; tel le cas de Kaplan, où il s’agissait d’un glio-sarcome du lobe temporal 4.
Gianelli indique, toutefois, que pour les lobes autres que les frontaux, les phénomènes mentaux se manifestent plus tardivement, et n ont aucune valeur différentielle. « La perte des images mnémoniques verbales, auditives, et visuelles, provoque un état spécial de démence, dit-il, et indique respectivement, comme siège du néoplasme, le lobe temporal et la zone pariéto-occipitale gauches3. »
1. \0!r Las de Luhrmann (AUg. Zeit. fin- Psych., el Arch. de Neurol, 1896, p. 614). Il s agit d’un jeune homme syphilitique, qui, plusieurs mois avant que tes symptômes de foyer apparaissent, eut des troubles psychiques intenses; inquiétude, anxiété, confusion aiguë, excitation maniaque, dépression, etc. II fut enferme, et quand déjà il était en voie de guérison de ses troubles psychiques, survinrent des maux de tète, des parésies, et des troubles de de„ aJ^ro e; le® symptômes disparurent par le traitement antisyphilitique.