‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 78 sur 338 · Dupré et Devaux ( Iconogr . de la Salp., 1001, p · texte numérisé non relu

Dupré et Devaux ( Iconogr . de la Salp., 1001, p

2. Galavielle et Villard ( Arch . de neurol., 1S95, II, p. I); Eskndge et Naught (Arch. de neurol., 1896, p. 69); Williamson {Arch. de neurol., 1897, H, p. 146); Ballet (Iconogr. de la Salp., 1902, p. 201; ; Lantzenberg (Soc. anal., 1899, p. 291); Nicaise (Soc. anat., 1897, p. 423); Rossolimo (t\cv. neurol., 1897, p. 423); Tamburini et Obici [Hevue neurol., 1897, p. 007); l’orle (Rev. de neurol., 1898, p. 677); Cestan et Lejonne (Rev. neurol., 1901, p. 846); Orazio d’Alloco (Rev. neurol., 1902, p. 439); Dévie et Courmont (Rev. de méd., 1897, p. 269).

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Il s’en faut cependant que, clans tous les cas, l’observation de troubles psychiques (torpeur intellectuelle) autorise le diagnostic du siège frontal des tumeurs ; tout néoplasme encéphalique est susceptible de les provoquer, après un temps plus ou moins long, soit parce que les phénomènes d’hypertension ou de compression s’exercent en même temps sur les lobes frontaux, soit par action à distance1, cc Avant de se prononcer, il importe de tenir compte des symptômes accessoires, et aussi de ceux qui font défaut 2. »

Les tumeurs des autres régions de l’encéphale, qui donnent lieu plus communément à des troubles psychiques, occupent les territoires d'associations postérieurs de Flechsig. Mais, d’après Gianelli : « pour les tumeurs qui siègent sur d’autres lobes (que les lobes frontaux) et en d’autres régions de l’encéphale, les troubles psychiques se manifestent à un temps plus ou moins éloigné du début de 1a, maladie-, en particulier, la perte des images mnémoniques verbales, ou bien auditives et visuelles, produit un état spécial de démence, plus grave dans les premiers cas que dans le second, et indique respectivement, comme siège du néoplasme, le lobe Lemporal gauche et la zone pariéto occipitale gauche ».

Quoi qu'il en soit, la plupart des neurologistes sont d’accord pour admettre que, dans les néoplasmes frontaux, l 'apparition des troubles psychiques est précoce, hâtive, et leur évolution rapide et intensive. — « Plus les phénomènes psychiques (torpeur et arrêt intellectuel) se manifestent au premier plan des accidents morbides, plus on doit tendre à admettre comme siège de la tumeur le lobe frontal, et plus particulièrement la zone préfrontale » (Gianelli) 3.

1. Il existe encore d’autres facteurs, que nous avons signalés: l’œdème, les ramollissements collatéraux et la toxi-infection.

2. D’après Burr. « 11 y a d 'importantes relations entre la région frontale et les fondions ■psychiques-, mais cela ne veut pas dire qu’elle soit le centre psychique ». (Philadelphia, Med.Journ., janv. 1903, et lie v. Neurol., 1903, p. 161.)

3. Les autres faits pathologiques sont en concordance. Zacher rapporte un cas de ramollissement ayant détruit complètement les deux moitiés antérieures des lobes frontaux-, les troubles moteurs, sensitifs, cl de la parole furent transitoires; il n’y eut pas de symptômes de déficit somatiques ; mais on constata des phénomènes psychiques persistants. Ce furent : 1° un trouble de l'attention entraînant l’amnésie; 2' l’oubli de soi-méme; 3° l’inémotivité; 4° l’esprit de saillie; b° l’insouciance ( Arch . de neurol., 1902, II, p. 60). — Lavisla, d’Arundo, Venlra, ont rapporté, dans ces derniers temps’, des faits de traumatismes étendus des lobes frontaux, qui s’accompagnaient de troubles psychiques et de psychoses des plus démonstratifs. Lavista {Arch. neurol., 1897, II, p. S 19) ; Arundo {Arch. de neurol., 1894); Venlra {lieu, de neurol., 1900, p. 413). Dans le cas de Ventra, les lobes frontaux, traversés par un coup de fusil, étaient flasques et comme vidés : le malade eut l’intelligence amoindrie, des changements de caractère des plus curieux au point de vue qui nous occupe. — Les faits d 'agénésie des lobes frontaux, sans troubles de

TUMEURS DES LOBES FRONTAUX

2° Psychoses vraies.

Dans les tumeurs du lobe frontal , la plus fréquente des psychoses est la démence. — Nous en avons parlé dans la symptomatologie générale, et nous n’insisterons pas. Mentionnons seulement que Raymond, un des premiers, en 1892, a appelé l’attention sur cette manifestation des néoplasmes cérébraux : d’après lui et son élève Grandguillot, elle apparaît surtout lorsque les tumeurs occupent les régions sous-corticales, les centres blancs,

et délruiseal les fibres tangentielles , les fibres commissurales longues et courtes , et, supprimant la coordination des divers centres corticaux, pour les opérations psychiques , amènent ainsi la déchéance progressive de toutes les facultés (voir fig.

Souvent, celle-ci s’accuse, et progresse avec l’évolution des néoplasmes, plus accentuée lorsqu’ils sont volumineux, ou lorsqu'ils déterminent des ramollissements périphériques.

Thoma d’illenau attribue une grande importance aux antécédents mentaux des malades, et dit qu'on peut observer des psychoses, quel que soit le siège des tumeurs : il cite trois cas de tumeurs des lobes temporal, occipital, et du cervelet, ayant déterminé respectivement : de l’affaiblissement intellectuel, de la mélancolie avec éléments paranoïaques, de la paranoïa. Or, tous ces malades étaient des héréditaires , des anormaux *.

Malgré cette influence indéniable, dans quelques cas, de l’hérédité, il faut bien reconnaître que dans les néoplasies frontales, la démence, la mélancolie, la paranoïa, la confusion mentale ont

l’intelligence (lel celui si remarquable de Dide), prouvent simplement que les régions psychiques s’étendent en dehors des lobes frontaux (Rev. de neurol., 1901, p. 459). — Voir aussi Mac Donald (Ardu de neurol., 1903, II, p. 63).

1. Thoma d’Jllenau (Arch. de neurol., 1S97, p. 403). — Voir aussi : Levavassort (Th., Paris, 1903); Omnièzinski (Th., Paris, 1903); E. Muller (Zeit. f. Nervenlu, 1903, p. 378).

Fig. 86. — Schéma des fibres commissurales intrahémisphériques (Nimier, d’après Déjerine). — J, faisceau longitudinal de la circonvolution limbique (cingulum); — 2, faisceau longitudinal supérieur (fasciculus arcuatus); — 3, faisceau longitudinal inférieur; — 4, faisceau unciforme; — 5, fibres arquées ou arciformes. •

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une fréquence toute spéciale , et souvent précèdent 1 apparition des phénomènes du syndrome, ou de la localisation

Dans d’autres circonstances, les psychoses des tumeurs revêtent, à s’y méprendre, les allures de la paralysie générale, comme dans le cas de Percy Smith, où le malade eut de la dilatation des pupilles, des troubles de l’écriture, de la parole, du tremblement des mains, des convulsions épileptiformes, et une démence progressive, avec la perte générale du pouvoir moteur. Des cas comparables sont relatés par Rezek, et plus récemment par E. Cornu 1 2.

3° Troubles psychiques particuliers.

Dans ces derniers temps, plusieurs auteurs allemands et français ont décrit un certain nombre de troubles psychiques, ayant une allure particulière, et qui se rencontreraient principalement dans les tumeurs des lobes frontaux.

Déjà en 1894, Brissaud signalait dans son article du Traité de médecine que les malades porteurs de tumeurs cérébrales, en même temps que leur intelligence s’affaiblissait de plus en plus, présentaient un caractère enfantin , « un simple retour à l’enfance, moins la vivacité des impressions et la curiosité de l’enfant ». — Ce puérilisme psychique était très marqué chez le malade de Dupré et Devaux : il se manifestait dans les réponses, dans l'intonation, dans la mimique, et peut-être dans l’objet des préoccupations, et la nature des désirs. Le langage était impersonnel, rempli de locutions et de formules enfantines, l’expression du visage niaise et pleine de gaucherie : on aurait pu dire, selon une expression familière, que le malade bêtifiait.

1. Voir ii cet égard les observations suivantes : Burr, Démence ( Arcli . de neurol., 1892, p. 406); Raymond, id. (Arch. de neurol. , 1893, II, p. 272); Irwing NefT, id. ( Arch . de neurol., 1893, I, p. 300); Lurhmann, id. ( Arch . de neurol., 1896, II, p. 314); Thoma, id. (Arch. de neurol., 1897, p. 403); Ersldne, id. (Arch. de neurol., 1902, p. 141); YVood, id. (Rev. de neurol., 1898, p. 344); Lépine, id. (Rev. de neurol., 1896, p. 13); Vaegelin, Délire systématique religieux (Rev. de neurol., 1898, p. 406); Cestan el Lejonne (Rev. de neurol., 1901, p. 846); Orazio d’AUoco (Rev. de. neurol., 1902, p. 483); Bruns (Rev. de neurol., 1899, p. 139); Launois (Rev. de neurol., 1899, p. 763); Patel et Mayet (Arch. de méd., 1900, II, p. 216); Guldenarm, Rotgans et Winkler, Gobi et Jacobi (Chir. nerv., de Chipault, 1902, p. 077-6S3). — D’après F.-S. Bollon, 1î, degré d 'atrophie cérébrale chez les aliénés, est en rapport avec leur démence (Brain, 1903, el Rev, neurol., 1904, p. 837).

2. Percy Smith (Arch. de neurol., 1890, p. 248); Rezek (Rev. de neurol., 1899, p. 136); E. Cornu (Iconogr. Salp., 1904, p. 107).

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Leonora Welt a signalé des alternatives de dépression avec tristesse, hypocondrie, lypémanie , mélancolie, suivies de périodes d excitation et de violence, de délire, à.’ hallucinations, de délire furieux. - Le malade de Patel et Mayet avait de violents accès de colere, sans motifs, brisait ses assiettes, bouleversait son lit

D autres ont du délire de persécution, et des tendances au suicide, qui s’accroissent avec les progrès du néoplasme (Dévie et Gauthier1 2).

Jastrowitz, Oppenheim, Bruns, ont indiqué, comme un symptôme assez caractéristique, et plusieurs fois rencontré par eux, la jovialité , le caractère jovial (hôniger), et la manie de plaisanter. Jastrowitz désigne sous le nom de a WUzelsucht », l’état d’esprit de ces malades; ce qui veut dire qu’ils ont de la tendance à faire le bel esprit, mais leurs saillies ne sont pas, en général, d’un caractère très élevé : ce sont de simples jeux de mots. Un malade de Bruns, au moment où on le portait sur la table d’opération, lui disait : « Ah, mais non ! si vous croyez trouver dans ma tête un grand philosophe, vous faites erreur? » — Jastrowitz appelle encore moria, ces alternatives de torpeur et de gaieté, présentées par ces malades 3.

Le fait le plus remarquable peut-être, ce sont les phases diverses dans lesquelles se succèdent les troubles psychiques : elles montrent les liens qui les unissent à Y évolution des néoplasmes.

La malade de Cestan et Lejonne (fig. 65), qui n’avait aucun antécédent. héréditaire ou personnel, eut, un certain temps, des phénomènes de compression, de la torpeur, pendant lesquels elle se plaignait constamment; et plus tard, lorsque ceux-ci eurent cessé, elle se trouva dans un état d 'euphorie remarquable, ne proférait plus de plaintes sur sa maladie, ayant toujours l’air heureuse et souriante, contraste frappant avec sa profonde déchéance intellectuelle4!

Brault et Lœper5 ont décrit, sous le nom de tumeurs à forme psycho-paralytique, des néoplasmes du cerveau, qui se manifestent, à la fois, par des troubles psychiques et des paralysies,

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