‹ Les tumeurs de l'encéphaleChapitre 77 sur 338 · TROUBLES PSYCHIQUES · texte numérisé non relu

TROUBLES PSYCHIQUES

le tire que par l’appel de son nom, par l'invitation aux repas, par des questions sur sa santé...; il répond avec lenteur, sur un ton uniforme... Entièrement perdu dans la nuit de son cerveau visuel

Fig. 8i. — Endothéliome de 210 gr. comprimant, de bas en haut, le lobe frontal (Dupré et Devaux), vu par sa face externe.

et psychique, il semble, lorsqu’on l’appelle, s’éveiller, prêter l’oreille aune voix connue, et faire effort pour saisir le sens de paroles lointaines... La mémoire semble aussi complètement disparue... toute activité spontanée de l’intelligence et de la volonté fait défaut. .. seule persiste Y activité automatique : il mange et dort

Fig. 85. — Endothéliome de Dupré et Devaux (face inférieure).

bien, passe son temps à fumer; et parfois, comme un véritable somnambule, se promène dans les salles, dans les cours... Cette torpeur, cette obnubilation intellectuelle se traduisaient objectivement par l’immobilité relative du sujet, avec persistance des mouvements d’habitude, par l’inertie du masque facial, une attitude ou une expression mimique d’absolue indifférence, ou de concentration méditative prolongée, sans processus d’idéation correspondants. » — (Il s’agissait, d’une grosse tumeur de

TUMEURS DES LOBES FRONTAUX

210 grammes, comprimant de bas en haut tout le lobe frontal1 ; voir fig. 84 èt 85.)

On peut trouver des exemples de cette variété de troubles psychiques dans les observations de Galavielle et Villard (voir fig. 76 à 79), d’Eskridge et Naugbt, de Williamson, de Ballet (voir fig. 63, 64 et 80, 81, 82), de Lantzenberg (voir fig. 73, 74, 75), de Nicaise, de Rossolimo, de Tamburini et Obici, de Porte, de Cestan et Lejonne (voir fig. 65), d’Orazio d’Alloco'2. — Le malade de l’observation II de Ballet « était triste, somnolent, et avait peine à articuler les mots » ; — la patiente de Lantzenberg (tumeur du centre ovale, s’étendant dans les deux lobes frontaux; fig. 73 à 75) « était constamment couchée sur le dos, dans un état de torpeur; il fallait trois sommations impératives pour en obtenir un mouvement; elle comprenait cependant, mais ses réponses, comme ses mouvements, étaient lentes, difficiles à obtenir; elle les faisait du bout des lèvres, et d’une voix très faible (voix chuchotante d’Oppenheim)..., elle avait une aLtitude fatiguée, résignée, indifférente à tout. » — Le malade de Porte était sujet à des accès intermittents de torpeur intellectuelle, durant trois ou quatre jours, puis il recouvrait son état mental, pour retomber ensuite (tumeur du volume d’une mandarine dans le lobe frontal). De même, celui d’Eskridge et Naugt avait de longues périodes de rémissions. — La malade de Cestan et Lejonne eut une première phase de torpeur cérébrale, et une seconde, où elle offrit des phénomènes psychiques particuliers.

Tamburini et Obici ont observé deux tumeurs, à développement opposé. Dans la première, les troubles psychiques apparurent, sept mois avant les autres symptômes (parésies, etc.; tumeur de la substance blanche du lobe frontal); dans la seconde survinrent d'abord les caractères somatiques (paralysies motrices, etc., tumeur de la région rolandique, ayant envahi, consécutivement, le lobe frontal).

Ces deux derniers faits montrent bien toute l'importance de l’ordre d’évolution des symptômes , pour le diagnostic du siège FRONTAL ou rolandique, des tumeurs encéphaliques.

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