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CHAPITRE IV

Caraclères généraux : troubles du syndrome; spasmes et convulsions, leurs caractères typiques; paralysies et contractures secondaires, et primitives; causes d’erreur; tumeurs-frontières, etc. — Petites tumeurs superficielles des méninges, hyperexcitabilité convulsive et sensitivo-sensorielle. — Tumeurs de la région rolandique supérieure, et du lobule paracentral (membre inférieur). — Tumeurs de la région moyenne, son étendue (membre supérieur). — Tumeurs de la région rolandique inférieure (face, langue, mâchoires, etc.), et de F3; formes symptomatiques de l’aphasie d’origine néoplasique. — Troubles de la sensibilité dans la région des membres supérieur et inférieur, de la face, et dans les tumeurs des lobules pariétaux; tableaux statistiques. — Tumeurs occupant plusieurs départements de la zone motrice, grosses tumeurs. — Conclusions.

Les manifestations des tumeurs de la région rolandique (fig. 91) ont un intérêt particulier; car, au point de vue du diagnostic topographique , elles offrent, ordinairement, un caractère de précision satisfaisant; et, d’autre part, elles sont assez facilement accessibles. De fait, jusqu’à présent, la grande majorité des interventions a eu lieu dans cette région. Dans nos tableaux statisLiques, sur 344 opérations curatives , 214 ont eu pour champ d’action la région motrice , soit 63,52 p. 100 (voir plus loin).

A. — Caractères généraux.

L’évolution des tumeurs rolandiques, lorsqu’elle s’accomplit librement, parcourt, dans la plupart des cas, plusieurs phases distinctes , quoique non toujours séparées par des périodes régulières.

Ce sonL les phases des spasmes et convulsions — des paralysies et des contractures, — de T atrophie musculaire', — souvent, interviennent des troubles de la sensibilité. — Enfin, se surajoutent, en cours d’évolution, et surtout dans les périodes terminales, les phénomènes du syndrome.

CARACTÈRES GÉNÉRAUX

Syndrome.

C’est un fait remarquable, qui ressort de la lecture des observations, que pendant un laps de temps souvent fort long, et remontant parfois à plusieurs mois, à plusieurs années, les troubles

Fig. 91. — Région des scissures de Sylvius et de Rolando. Circonvolutions frontale et pariétale ascendantes, etc. (Déjerine). — C, cap de F3; — F j , F.,, F3, première, deuxième et troisième circonvolutions frontales; — f(,f2, premier et deuxième sillons frontaux; — f'2, sillon de la deuxième cire, frontale; — Fa, cire, frontale ascendante; — Gsm, cire, marginale supérieure; — ic, incisure du cap; — ifop, incisure frontale de l’opercule; — ip, sillon inter-pariétal ; — ipo, incisure pré-occipitale ; — ipop, incisure pariétale de l’opercule; — j, incisure de Jensen; — Oa, sillon occipital antérieur; — 0F3, partie orbitaire de la 3° cire, frontale; — OpP2, operculo pariétal; — OpR, opercule rolandique ; — Pl>Ps> 1" 2e cire, pariétales ; — Pa, cire, pariétale ascendante ; — pF3, pied d’insertion de F3; — po, scissure pariéto-occipitale ; — ’ por, sillon post-rolandique ; — pri-prs, sillons prérolandiques inférieur et supérieur; — tiGj, premier pli vertical de Gromier; — sG2, deuxième pli vertical de Gromier; — R, scissure de Rolando; — S, Scissure de Sylvius;

S(a), sa branche antérieure; — S(p), sa branche post. ; — S(v), sa branche verticale; —

T.,’ T2, T3, cire, temporales; — t, sillon parallèle; — tj, sa branche verticale.

généraux n’ existent pas, ou se réduisent à des crises de céphalée, ou à des convulsions.

C’est là une condition favorable, dont il faut savoir profiter dans l’intérêt du malade; le médecin doit hâter son diagnostic; et, s’il est possible, ne pas attendre qu’il soit confirmé par l’apparition de l’œdème papillaire, des vomissements, des vertiges, et de tout le cortège symptomatique du syndrome ; les caractères des

crises convulsives, si elles sont nettement localisées, selon ce que nous avons indiqué ailleurs, doivent suffire. A cette première période, les interventions sont ordinairement suivies de succès1.

Les malades, porteurs de tumeurs rolandiques, gardent longtemps la lucidité intellectuelle ; l’affaiblissement psychique, qui dès le début accompagne les crises, n’est pas durable. — La torpeur cérébrale , le plus souvent, survient peu à peu, à la suite d’attaques épileptiques répétées, et seulement dans les périodes terminales, lorsque la tumeur a acquis tin volume déjà considérable.

Il faut faire exception, cependant, pour les tumeurs diffuses, profondes, à évolution rapide, et lorsqu’il y a œdème, toxi-infection, comme dans certains tuberculomes et syphilomes infectants. — Nous savons que, dans les tumeurs des lobes frontaux , au contraire, la torpeur cérébrale est précoce , et s 'accuse rapidement.

Spasmes et convulsions.

Lorsqu’il s’agit de néoplasmes rolandiens, les premières convulsions (ou spasmes) sont précédées souvent d’une aura sensitive et motrice (zone sensitivo-motrice du cerveau). — Elle consiste en fourmillements, frémissements, irradiations douloureuses, parfois vives comme des éclairs, ou en une paresthésie.

Rarement l’aura est intellectuelle , comme dans un cas de Korleweg, où, avant l’attaque convulsive, le malade était, pendant quelques instants, envahi par des réminiscences vives de voyages, de personnages connus, etc.2 (voir fîg. 92, 93). — Dans un autre cas, l’aura consistait en des crises d 'aphasie subite et transitoire.

Dans la plupart des cas, l’aura est purement motrice, et consiste dans un spasme, une contraction tonique ou clonique d’un petit nombre de muscles : au membre supérieur, c’est un mouvement d’opposition du pouce, de flexion ou d’extension des doigts; de même, pour les orteils, au pied; à la face, il s’agit d’un tiraillement de la commissure, de blépharospasmés, de secousses dans la langue. On a vu parfois la crise être précédée de secousses du sterno-mastoïdien, de spasmes du peaucier. C’est le siçjnal-

1. Il existe quelques cas rares, où une tumeur assez volumineuse, a pu évoluer sans syndrome (cas de Pel et Korleweg).

2. Korleweg, Van Eyk et Winkler (in Chipault, Chir. nerveuse, 1, 1902, p. 698).

CARACTÈRES GÉNÉRAUX

symptôme des auteurs anglais, le son de la cloche d'alarme de Brissaud.

Les choses peuvent en rester là, au début des néoplasmes' . — Le plus souvent, les secousses se généralisent aux divers segments du membre primitivement atteint. Mais, ce qui crée l 'importance

Fl". 92. — Cicatrice vasculaire duro-piule. Aspect de la dure-mère (ICorlewegr. van Eyk et Winkler, in Chirurgie nerveuse de Ckipault); attaques épileptiformes fréquentes; auras intellectuelles, par réminiscences vives, etc.

du signal-symptôme, c’est que son lieu d’apparition est en rapport exact avec le siège cérébral du néoplasme.

Les neuropathologistes ont créé trois types de convulsions localisées : les types facial, brachial, et crural (Raymond).

1. C’est ainsi que, chez un malade de Raymond, opéré par Doyen (gliome des centres du membre supérieur), on vit des spasmes, des mouvements involontaires dans deux doigts, index et médius, de la main droite; puis celle-ci, 7 ou S fois par jour, se tordait, se redressait ; ensuite les convulsions envahissaient le bras. (Cliniques, V, 1901, p. 9.)

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