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Reynier, Congé. C/dr., 1 SOI , p

CARACTÈRES GÉNÉRAUX

suivent l’ ordre topographique des entres , disposés sur te cortex rolandique, même celui des centres secondaires, qui nous ont été révélés par Horsley et Schaffer, dans leurs expériences chez les singes. Ainsi, le pouce, le poignet, le coude et l’épaule sont envahis successivement, dans le membre supérieur (voir fig. 94).

La même évolution s’observe lorsque les convulsions passent d’un membre à un autre : du membre inférieur, elles gagnent le membre supérieur, puis la face; ou, du membre supérieur, elles

se portent à la lace, et ensuite descendent dans le membre inférieur. Elles restent dimidiées d’abord, c’est-à-dire limitées à un des cotes du corps, dont elles mettent les diverses parties en contracture, en même temps ou successivement [phase tonique i, ou quelles agitent de mouvements alternatifs de ilexion et d’extension ( phase clonique).

Cet ordre régulier , dans la succession des mouvements convulsifs, est important à constater; car, s’il survient quelque irrégularité, il y a lieu de supposer que la tumeur qui les provoque n’a que des relations indirectes avec la zone motrice- et qu’il s’agit d’un phénomène d'irritation à distance.

Lorsqu’elles atteignent la tète et le cou,e t provoquent une rota-

lion de la lête, une incurvation du tronc, une déviation conjuguée de la tête et des yeux, il est vraisemblable qu’elles sont voisines des centres de ces mouvements, c’est-à-dire du pied des deux premières frontales.

Si la face n'est pas prise, et si les troubles restent limités aux membres, le néoplasme occupe la partie supérieure de la zone motrice (cas d’Appert et Gandy, petit fibrome à la partie supérieure de R.; de Guldenarm, etc., voir fig. 97, 98, 99, 100).

Les crises de convulsions, qui restent localisées à un membre ou à la face, ou qui sont dimidiées, s 'accompagnent rarement de perte de connaissance.

Il en est autrement lorsqu'elles passent du côté opposé du corps : elles simulent alors, à s’y méprendre, des attaques d 'épilepsie essentielle .

Il est d'ailleurs un certain nombre de néoplasmes des centres moteurs, qui déterminent des crises d'épilepsie généralisée d'emblée1; je citerai, par exemple, les faits de Magalhaës.Lemos (tubercule du volume d’un pois dans le pied de P1, très près de IJa, fig. 114, p. 253); de Struppler (angiome, gros comme une noisette, siégeant dans la partie supérieure de R) 2 3.

Dans quelques cas, il est noté qu’w??e ou plusieurs crises d'épilepsie généralisée ont précédé les convulsions localisées, ou alternent avec elles (cas de Coyon et Cestan, plusieurs tumeurs); de Rémond et Rauby, de Brugelius et Berg \ .

Un point intéressant à élucider, c’est de savoir par quel mécanisme physiologique les attaques convulsives passent du côté opposé du corps.

Quelques faits peuvent aider dans celte recherche : c'est presque toujours par des secousses du membre inférieur du côté opposé que commence la généralisation. Chez un enfant de 6 ans, Wertheim observa des mouvements spasmodiques des orteils droits, gagnant la jambe et le bras, où ils commencent par les doigts. Quelques mois plus tard apparaissent des convulsions à gauche, soit isolées, soit associées à celles du côté opposé; on enlève, à gauche, un sarcome du volume d’un œuf de poule dans le centre des

1. En général, cependant, les crises d’épilepsie généralisée d'emblée, sont un signe d’irritation diffuse de l’encéphale, se propageant à la zone motrice; leur point de départ est parfois éloigné, à la base, ou dans un autre lobe. Quand on les observe, il faut penser que, probablement, le néoplasme n’habite pas la zone rolandique.

2. Magalhaës Lemos, Iconographie Salp., 1S98, p. 20; Struppler, Rev. neurol., 1901, p. 23G.

3. Coyon et Cestàn, Soc.anat., 1899, p. 260; Rémond. et Bauby, Rev. neurol., lS9o, p. 417; Brugelius et Berg, Rev. neurol., 1896, p. 254.

CARACTÈRES GÉNÉRAUX 213

membres inférieurs; le malade étant mort, on trouve symétriquement, au même endroit, dans l’hémisphère droit, un second saicome de la même grosseur1 2. — Les tumeurs situées près de la grande scissure inlerhémisphérique, en particulier dans le lobe paracentral, donnent lieu, assez souvent, à des crises bilaté RALES, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, quelquefois des deux

côtés à la fois. .

Il semble donc que la propagation de l’irritation épileptogène se fasse par voie de transmission directe (au niveau de la scissure inter-hémisphérique), par contact ou conduction, comme s il s’agissait d’un courant électrique.

Paralysies et contractures.

Les paralysies, produites par les tumeurs rolandiques, succèdent ordinairement aux convulsions jacksonniennes.

Elles sont d’abord transitoires, post-épileptoïdes , et occupent le siège des convulsions ; elles durent alors quelques heures, quelques jours, et parfois plusieurs mois; puis elles disparaissent, pour revenir à une crise nouvelle; et, enfin, s’installer définitivement *.

Ce n’est d’abord qu’une fatigue, une faiblesse dans les membres; puis, pendant longtemps, une parésie, et enfin, une paralysie véritable.

Il est rare, d’ailleurs, que l’impotence fonctionnelle soit aussi accusée que dans les lésions hémorragiques ou les ramollissements; longtemps, quelques mouvements SGnt conservés dans les doigts, dans l’avant-l?ras, dans l’épaule; la jambe se traîne, fauche un peu, steppe, et peut encore servir à la marche.

Ces paralysies ne sont jamais aussi flasques que dans les lésions destructives ordinaires.

Elles s’accompagnent bientôt d’une contracture, d’abord légère, puis plus accusée; au membre supérieur, flexion des doigts, de la main, du coude, le bras étant plus ou moins collé au tronc; au membre inférieur, raideur du pied, de la jambe en extension, quelquefois équinisme.

A cette période, on constate généralement un certain degré d 'atrophie des muscles et des tissus, visible à l’œil, à la mensuration.

1. Werlhcim, Salomonsen et Korteweg, Chir. nerveuse de Chipault, 1902, 1, p. 6S1.

2. Cas récent de Lannois et Paviot (kyste gliomateux) : c’est seulement après dix ans de crises convulsives, que survient l’hémiplégie (Heu. neurol., 1903, p. 772).

214 tumeurs de la région rolandique ou sensitivo-motrice

Ce n est pas, cependant, dans tous les cas sans exception que l’évolution des troubles moteurs, causés par les néoplasies rolandiques, affecte cette marche régulière-, et que les convulsions, les paralysies et les contractures se succèdent méthodiquement, en un temps plus ou moins long.

On peut signaler des faits assez nombreux, où les paralysies et les contractures sont primitives.

Beevor et Ballance, pour un glio-sarcome de la partie moyenne des circonvolutions rolandiques, virent, un an avant l'intervention, une paralysie débuter au cou-de-pied, gagner le membre de bas en haut, sept mois plus tard, la main fut prise, et rapidement après, toute 1 extrémité supérieure; cependant, persistaient au membre supérieur quelques faibles mouvements des

Fig. 05. — Tumeur cérébrale, comprimant la zone rolandique gauche. Hémiplégie permanente, etc. (R. Cestnn).

doigts et du coude, et au membre inférieur, quelques mouvements du genou et de la hanche; il n'y eut jamais de convulsions.

Chez une vieille femme de cinquante-six ans, une hémiplégie progressive avec aphasie fut seule à signaler l’existence d'une tumeur fibreuse de la dure-mère, du volume d’une mandarine (Cestan, voir fig. 95).

C’est par un début insidieux et des phénomènes paralytiques (parésie faciale droite et aphasie, puis paralysie du bras droit et hémiplégie) que se manifesta un neurogliome du volume d’une mandarine, né en F1 * 3, et ayant envahi toute la région motrice et le corps opto-strié. Il n’y eut que deux crises convulsives (Cœlos).

Nous pourrions citer des faits analogues de Graser, de Wayenburg et Wœstermann, de Guldernarm et Winkler, de Le Dentu; de Gombault et P. Halbron, où l’hémiplégie progressive, pour un gliome du centre de l’hémisphère sous Pu, éveillait l’idée d’un ramollissement, etc. ‘.

1. Bcwor el Ballance, in Chipaull, Travaux neurol., I, p. 52, el Arch. de Neu-

rol., 1896, p. 2; Cestan, Soc. anal., 1899, p. 188; Cœlos, Soc. anat,., 1900,

p. 1029; Graser, Sarcome et épilhéliome kystique-, paralysie de l’annulaire et de l’auriculaire de la main droite, puis de la main entière, et un mois après, de la jambe droite, Hev. neurol., 1895, p. 458; Wayenburg et Wœstermann, Sarcome fuso-cellulaire de la zone motrice-, paralysie de la jambe, parésie du bras, aphasie motrice incomplète-, Guldenarm et Winkler, Poche veineuse,

CARACTÈRES GÉNÉRAUX 21 B

Les contractures primitives se sont aussi montrées dans quelques cas.

Dans l’observation de Macé, quinze jours après le début des accidents, les doigts se fléchissent en grille dans la main droite, l’avant-bras est en flexion et ne peut être étendu, le membre accolé au tronc (tumeur de la partie supérieure dePa et de P2, jusqu’au pli courbe, du volume d’un œuf).

Sœlan, pour un fibrome gros comme une noisette, sur le tiers moyen de Pa, observa une contracture de la main et des doigts gauches, avec sensation de tremblement du bras et de la jambe; il est vrai qu’il existait en même temps une pachy- méningite périphérique.

Klippel et Jarvis, chez un malade de soixante-dix-sept ans, ayant eu une blessure du pariétal, constatèrent, un an après, des crises douloureuses dans le pied, la jambe, et le bras, et le côté gauche de la face, suivies de contractures passagères dans les mêmes parties; quelques mois après, les contractures devinrent permanentes , dans le bras et dans la jambe, puis, une hémiplégie leur succéda; en même temps, il existait un tremblement choréique fasciculaire. A l’autopsie, on trouva une tumeur de 5 à 6 cent., occupant la partie postérieure et interne de F1, le lobule paracentral, et la partie supérieure des deux circonvolutions centrales.

Guerra vit survenir un cas de trismus primitif des mâchoires, pour un tubercule solitaire du bas des circonvolutions rolandiques *.

Les contractures , qui succèdent aux paralysies motrices, sont attribuées, généralement, à la dégénérescence des irradiations sousjacentes du faisceau pyramidal (voir plus haut : altérations médullaires, p. 100).

Il semble bien qu’il n’en est pas toujours ainsi, car, chez la malade de Cestan, déjà mentionnée, survint une contracture qui la faisait ressembler absolument à une vieille hémiplégique ordinaire : mais, malgré des recherches méthodiques, on ne trouva aucune dégénérescence des faisceaux blancs. — Il serait utile, dans l’examen anatomique des tumeurs encéphaliques, de procéder à des coupes histologiques méthodiques, selon le mode de Déjerine; on obtiendrait ainsi plus de clarté sur la valeur symptomatologique des phénomènes observés.

monoplégie crurale, in Chipault, Chir. nerv., 1002, 1, p. 70S et p. 693; Le Dentu, Infiltration gommeuse de la partie supérieure de la zone motrice, th. Auvray, 1890, p. 316; Gombault et Halbron, Soc. de Neurol., in Reu.neurol., 1003, p.74l.

1. Macé, Soc. anat., 1894, p. 837 ; Sœlan, Arcli. de neurol.. 1886, p. 233; Klippel et Jarvis, Rev. neurol., 1901, p. 1027; Guerra, Rev. neurol., 1894, p. 272.

il 6 TUMEURS DE LA RÉGION ROLANDIQUE OU SENSITIVO-MOTRICE

Causes d’erreur.

I Malgié 1 importance qu on attribuo ajuste titre à l'existence de convulsions et de paralysies localisées, pour le diagnostic des tumeurs de la région motrice des hémisphères cérébraux, il est cependant un certain nombre d’erreurs, faciles à commettre.

Nous avons déjà eu l’occasion de relater le cas célèbre de Dieulafoy, où, pour une tumeur gommeuse du volume d’un petit œuf, occupant l’extrémité antérieure du lobe frontal, survinrent

Fig. 96. — Epilepsie jacksonnienne du type facio-braehial. Pas de lésions de la région rolandique; plaque de méningite chronique de la pointe du lobe temporal (O. Crouzon).

des accès d’épilepsie jacksonienne, localisés dans les membres (voir fig. 17 et 18, p. 89).

Aldhibert, trépanant trop en arrière, ne trouva pas une tumeur de 4 cent, qui occupait le pied des deux premières frontales, et avait donné lieu à des attaques d’épilepsie partielle, parfaitement localisées dans le membre supérieur, et suivies de paralysies.

De même, Lannelongue et Cassaet cherchèrent vainement dans la région motrice moyenne une gomme de 0,02 cent, d’épaisseur, qui avait donné lieu aux mêmes symptômes, et occupait le tierspostérieur de F*.

Dévie et Courmont observèrent une hémiplégie pour une tumeur de F1 et F2.

Magalhaës Lemos, chez un malade qui avait une aura douloureuse, très caractéristique, dans la jambe, et des crises d’épilepsie, trouva un petit tubercule dans le pied de la première pariétale , tout près de son insertion sur Pa (voir fig. 114).

Crouzon vit survenir des attaques d’épilepsie jacksonienne dans la face et les membres du côté gauche; on fit une trépa-

CARACTÈRES GÉNÉRAUX

nation sur la région motrice, qui ne donna aucun résultat; il s’agissait d’une plaque de méningite à la pointe du lobe temporal ,

contiguë à la région rolandique (voir fig. 96).

Dans tous ces cas, il s’agit de tumeurs occupant, dans les lobes frontal , pariétal, temporal , une région limitrophe de la zone

motrice (Tumeurs-frontières).

Certains faits secondaires, mieux appréciés, eussent pu tenir le diagnostic en suspens ; dans le cas de Dieulafoy, les attaques d’epilepsie jacksonnienne offraient des variations dans le mode de début et de propagation; le malade d’Aldhibert avait des convulsions dans la tête, le cou et les yeux, ce qui eût pu suggérer la pensée que la tumeur intéressait F1 et F2; enfin, dans le cas de Magalhaës, les crises d’épilepsie étaient généralisées d’emblée, et il y avait des troubles sensitifs spéciaux (paresthésies de la jambe), qui accusaient le lobule pariétal supérieur.

2° D’autre part, les tumeurs des lobes frontal , temporal, pariétal, qui exercent une compression sur les irradiations de la capsule interne, et produisent des monoplégies et des hémiplégies , en même temps que des crises d’épilepsie généralisée, peuvent en imposer. — Tels, les faits de Dévie et Courmont (tumeur de F1 et Fs), de Bruns (tumeur de la région frontale inférieure) , de Mills et Pfahler (tumeur sous-corticale de la région pariétale sous P1, P" et P®, comprimant la capsule interne dans sa moitié postérieure, hémiplégie, hémianopsie, et un peu d’ hémianesthésie [fibro-sarcome] ; de Theohari (tumeur des deux temporales inférieures et du lobule fusiforme, ayant produit une hémianesthésie ■ et une hémiparésie incomplète).

3" Il existe enfin quelques faits rares, où les convulsions et paralysies localisées se sont manifestées du côté de la lésion', il s’agit, en général, de tumeurs qui, voisines de la scissure interhémisphérique , irritent l’hémisphère opposé (cas de Mills, Guldenarm, etc.).

Zenner, pour un gliome de la zone motrice gauche, vit survenir des convulsions et des troubles paralytiques à gauche-, il y avait absence de décussation des pyramides *.

I. Aldhibert, Hev.de Chir., 1893, p. 138; Cassaet et Lannelongue, Arch. clin, de Bordeaux, 1895; Dévie et Courmont, Itev. de Méd., 1897, p. 269; Magalhaës Lemos, Iconogr. Salpêlr., 1898, p. 20; Crouzon, Soc. anat., 1902, p. 143; Bruns, Rev. neurol., 1899, p. 139; Mills et Pfahler ( Philadelphie medical journal, février 1902, p. 268); Théohari, Soc. anal., 1897, p. 239; Zenner, Rev. neurol.,

1>. Petites tumeurs superficielles des méninges.

Les petites tumeurs superficielles des méninges, souvent pédiculées, mobiles, qui pendent à la surface de la région motrice, la titillent (comme les polypes, la muqueuse utérine), l’excitent’ et produisent une hyperexcitabilité, tout à fait remarquable. Ce

sont des décharges incessantes des neurones corticaux, produisant des convulsions et des troubles sensitifs, intenses, et répétés.

Appert et Gandy, pour un fibroide du volume d'une cerise , appendu sur le lobe paracentral, ont assisté, pendant plusieurs jours, à des crises d’épilepsie jacksonnienne, se répit-an t toutes les 3 ou 4 minutes, jusqu’à atteindre 300 par jour (voir fig. 97, 98).

De même, Struppler vit des crises d épilepsie subintrantes chez une femme de quarante- hui tans, pour un petit angiome, gros comme une noisette, de la partie supérieure du sillon rolandique, — et, chez un jeune homme de dix-neuf ans, pour un petit fibrome calcifié (de 0,05 à 0,06 cent.), situé à l’extrémité supérieure de la région motrice, les attaques convulsives occupèrent le pied et la jambe, puis le membre supérieur, se répétèrent depuis l'âge de seize ans, à certaines époques, jusqu’à 6 fois par heure (Guldenarm et Winkler, voir fig. 99 et 100).

Les troubles de la sensibilité ne sont pas moins remarquables : — Friedlànder et Schlesinger, pour une petite tumeur de la grandeur d’une pièce de vingt francs, sur la région motrice, signalent des paresthésies intenses de la langue, de la face, de la main, du bras droit, de l’ataxie et des troubles du sens muscu-

sur le lobule paracentral (Appert et Gandy). Coupe transversale (grandeur nature). Elle montre la situation de la tumeur, enclavée en plein lobule paracentral, affleurant la surface de la substance corticale, sans adhérence aucune avec la duremère.

Fig. 98.— Même Gbroïde (Appert et Gandy). Coupe antéro-postérieure (grandeur naturelle). Elle permet de voir la forme ovoïde de la tumeur et son aspect lobulé.

laire clans le membre supérieur, précédant et accompagnant les spasmes des mêmes parties.

Sciammana et Postempski, pour une tumeur de la grosseur d’une noix, logée dans le tiers moyen de R, observent des paresthésies de la face et du bras, des aphasies transitoires très intenses.

Rotgans, Hers et Winkler, Gulclenarm, Lenz et Winkler, Koiteweg, Yan Eyk et Winkler, pour des angiomes veineux, des dilatations variqueuses de l’écorce, de petit volume, voient survenir des crises d'épilepsie sensorielle, plus accusées que dans les cas ordinaires.

Il s’agit parfois de crises de douleurs, de névralgies violentes.

Si la petite tumeur est voisine du lobe frontal, on observe de Y irritabilité du caractère, et des troubles psychiques concomitants, des auras intellectuelles (faits de Sissin, Renssen et Winkler, de Ivorteweg, Van Eyk et Winkler; voir fig. 92 et 93).

Si, au contraire, elle siège sur le lobule pariétal, auprès de Pa, les crises d’hyperesthésie et les troubles de la sensibilité se surajoutent plus spécialement à des crises d’épilepsie généralisée, comme dans le fait de Magalhaës Lemos1.

Fig. 99. — Tumeur calcifiée des circonvolutions motrices, extirpée par le Dr Guldenarm (Chipault, Cliirurt/ie nerveuse).

DU LOHULE PARACENTRAL (MEMBRE INFÉRIEUR).

Les tumeurs de la région rolandique supérieure (1/4 sup.), voir fig. 104, 105, et du lobule pahacentral, s’annoncent par des convulsions, des paralysies, des paralysies avec contractures, des

1. Appert et Gancly, Arch. de Méd, 1900, I, p. 881; Struppler, l\cv. neurol.,

1901, p. 236; Gulilenarm et Winkler, Chic. nerv. de Chipault, 1902, I, p. 102 ; Friedliinderet Schlesinger, Rev. neurol., 1898, p. 299; Sciammana et Postempski, Rev. neurol., 1901, p. 240; Rotgans, Mers et Winkler, Chic. nerv. de Chipault,

1902, I, p. 694; Guldenarm, Lenz et Winkler, id., p. 697; Korleweg, Van Eyk et Winkler, id., p. 698; Sissin, Renssen et Winkler, ht., p. 076; Magalhaïs Lemos, lconor/r. Salpêtrière, 1898, p. 20.

tioubles de la sensibilité (et quelques autres symptômes dont nous parlerons), localisés ou prépondérants , dans le membre inférieur.

D abord, les convulsions. — Elles précèdent, généralement , pendant un temps variable, des semaines, des mois, et même des années, les paralysies; rarement elles occupent exclusivement le membre intérieur; mais elles y débutent, y sont plus prononcées, plus tenaces, plus étendues. Si elles gagnent le bras, elles se bornent d abord à quelques contractions, et parfois agitent le côté corlespondant de la face, par quelques secousses.

Mac Even, chez une fillette de sept ans, enleva à la partie supéîieuie de la pariétale ascendante un tubercule gros comme une

Fig. 101, 1 0*J. Tubercule de la grosseur d’une noix dans le lobule paracentral (Audéoud) : a, faee externe; — b, face interne de l’hémisphère droit; — T, couronne du trépan; HH', scissure de Holando; — P, lésion tuberculeuse occupant le lobule paracentral et la partie supérieure de la pariétale ascendante. — Paresthésies et convulsions dans le pied.

noisette, qui donnait lieu à des accès épileptiformes, suivis de paralysies; la malade éprouvait d’abord une douleur intense dans le gros orteil, qui restait ensuite en hyperextension pendant cinq minutes; puis les convulsions s’étendaient au pied, à la jambe, et dans tout le côté.

Heidenhain, de Worms, enleva avec succès un tubercule du lobule paracentral, s’étant manifesté par des attaques d’épilepsie, de paralysie du membre inférieur gauche, suivies de quelques secousses cloniques dans le bras.

Comme Souques et J. -B. Charcot font démontré, les tuberculomes sont fréquents dans le lobule paracentral, puisque, dans leur intéressant mémoire, ils ont pu en rassembler 13 cas, contre 5 au membre supérieur et à la face. Bans le cas qu’ils rapportent, le malade avait depuis quinze mois des accès d’épilepsie jacksonnienne, débutant par le membre inférieur gauche, tantôt restant limités à ce membre, tantôt se généralisant du côté gauche, suivis de monoplégies crurales, transitoires, puis perma-

TUMEURS DE LA RÉGION R0LAND1QUE SUPÉRIEURE ü21

nentes (mais incomplètes), dans la phase ultime de la maladie1.

Dans le cas bien connu de Péan, ce chirurgien lit, à deux reprises, avec succès, l’ablation d’un fibro-lipome, qui occupait la partie supérieure de la région rolandique; le malade avait des crises subintrantes, qui débutaient par un spasme douloureux du gros orteil, suivies deroideur du membre inférieur ; puis, suivenaient dans le membre des secousses cloniques, qui se propageaient au bras et à la face; la perte de connaissance se produisait, et les attaques se généralisaient.

Le malade de Monod (tumeur du volume d’une mandarine à la face interne de l’hémisphère, dans le lobule para-central droit) avait depuis trois ans des crises nerveuses de douleurs, dans les membres du côté droit; il survint des convulsions (suivies de parésies) toniques et cloniques, s’étendant à tout le côté, mais commençant par le p>ied droit , gagnant le pied gauche et le bias du même côté.

Nous voyons, de même, les convulsions gagner Vautre côté du corps , dans les observations de Wertheim, Salomonsen et Korteweg, de Guldenarm, Lenz et Winkler, de Marchand et Leuriclan.

Ce fait n’est pas dû à une simple propagation irritative, mais à l'action de la tumeur, qui, située près du plan médian , agit sur l’hémisphère opposé *.

Dans le fait de Wertheim, une tumeur du volume d’un œuf existait symétriquement, du côté opposé, dans le lobule paracentral (elle finit d'ailleurs par produire de ce côté une contracture). Une autre fois, une tumeur volumineuse faisait saillie à la face interne de l’hémisphère, et irritait la région paracentrale opposée (cas de Dallas et Mongeri)2.

Dans quelques faits, les convulsions, au lieu de gagner le bras et la face, ont produit des contractions dans le tronc, le cou, un mouvement de rotation de la tête du côté opposé-, il faut penser alors à la propagation possible du néoplasme vers la parLie pos-

1. Mac Even, in th. Auvray, 1890, p. 324; Heidenhain, Rev. de Chir.. 1901, II, p. 598; Audéoud, Suisse romande, 1893, et Rev. neurol., 1894, p. 198. Tubercule gros comme une noix dans le lobule paracentr al-, crises de paresthésies et convulsions du pied (voir fig. 101, 102); Souques et J.-B.Cliarcol, Soc. anal., 1891, p. 314; Monod, Cottet et Morclly, Soc. anal., 1897, p. 907; Wertheim, Salomonsen et Korteweg, Chir. nerv. de Chipault, 1902, 1, p. 081 ; Guldenarm, Lenz et Winkler, id., 697.

2. Wertheim, Salomonsen et Korteweg (Chipault, Chir. nerv., 1, p. 681); à la fin, le membre inférieure gauche était contracturé dans l’extension, et le membre inférieur droit, parétique, les deux pieds en équin. Des deux côtés, atrophie des muscles. — Dallas et Mongeri (Chipault, Chir. nerv., Il, p. 013).

térieure de F> et F. - C’est ainsi que chez la femme malade de Maichand et Leuridan, au moment des crises, on voyait la têle Porlée en ,iauL et côté gauche, la faceet les muscles du cou animés de mouvements cloniques : or, il s’agissait d’un kyste sous-cortical, occupant le 1/3 postérieur de la frontale interne et le lobule paracenlral du côté gauche (voir flg. 103). Le pied droit ne pouvait être levé de terre et le membre inférieur paralysé, décrivait un mouvement de faux, tandis que le membre inférieur gauche était en contracture et le pied, en extension continue, en varus, ne leposait sur le sol que par la tête des métatarsiens h

Fig. 103. — Kyste sous-cortical du lobule paracentral et du 1/3 postérieur de la frontale interne (Marchand et Leuridan).

Le plus souvent, les paralysies succèdent, comme d’ordinaire, aux attaques convulsives, et s’établissent peu à peu; parfois, il s’écoule plusieurs mois, plusieurs années, avant qu’elles soient permanentes (voir Raymond, Cliniques, III, p. 1 et 28). Elles consistent en monoplégies plus ou moins complètes, limitées à la cuisse , quelquefois avec parésie du bras. Dans d’autres cas, il y a simplement une hémiplégie plus accentuée au membre inférieur.

Les faits, où les paralysies apparaissent d'emblée, sans être précédées d’aucun phénomène convulsif, ne sont pas rares : faits de Carter Gray, de Korteweg et Winkler, de Wayenburg et Wœstermann, etc.1 2.

Plus souvent encore, au moment de l’intervention, on est en présence d’un membre inférieur contracturé et paralysé, tout à la

1. Marchand et Leuridan, Kyste du lobule paracenlral, monoplégie curale et épilepsie généralisée (Bull. Soc. anat., 1902, p. 673; voir fig. 103).

2. Raymond, Cliniques, III, p. 1 et 28; Carter Gray, Arc/i. de Neurol., 1893, p. 139; Korteweg et Winkler, Chir. nerv. de Chipault, I, p. 673 ; Wayenburg et Wœsterman, id., p. 708.

tumeurs de la région rolandique supérieure 223

fois; ordinairement la jambe est en extension, et le pied en équinisme, quelquefois des deux côtés, comme dans le cas déjà cité de Wertheim.

II faut rapprocher de ces troubles moteurs observés dans le membre inférieur, dans le cas de tumeur de la région rolandique supérieure, la perturbation dans la station et la marche , avant que la paralysie ne se soit établie, lorsqu’il n’existe qu un simple

Fig. 104. — Les centres sensilivo-moteurs et sensoriels de la face externe de l’hémisphère chez l'homme (Déjerine) : — Ac, centre cortical de l’audition; — F, centre de la face; — MS, centre du membre supérieur; — MI, centre du membre inférieur.

affaiblissement, ou même sans le moindre trouble parétique apparent. Il est dit : que le malade est chancelant, titube, qu’il a une démarche vacillante qui fait croire à l’ivresse, ou qu’il est affecté d 'astasie-abasie 1 .

Il y aurait donc parfois une titubation rolandique , opposée à 1 ataxie frontale ou à Y ataxie cérébelleuse. On le conçoit, puisqu’il s’agit de lésions des centres des membres inférieurs : elle diffère par quelques traits.

Lorsqu’ils existent, les troubles de la sensibilité , dans le membre inférieur, sont souvent très caractéristiques, et ont, dans plu-

1. Cas de Patel et Mayet, de Raymond, Cliniques , 111, p. 29; de Guldenarm et Winkler; de Dallas et Mongeri, de Cœnas (osléome de la dure-mère comprimant le lobule paracenlral droit) (Rev. nèuvol., 1893, p. 299, et Loire médicale).

sieurs cas, servi à établir le diagnostic et à justifier l’intervention (voir fig. 104, 105).

On a, parfois, observé des crises d'épilepsie sensorielle, dans le pied et la jambe. C’est ainsi que, dans un cas de Rotgans, Hers et Winkler (angiome de la pie-mère sur la zone motrice), le malade, âgé de trente et un ans, voyait, depuis plusieurs années, ses attaques commencer par la vision d’étincelles, une sensation de picotements dans le pied gauche, s’irradiant vers le tronc et le bras; il ne perdait jamais connaissance, et n’avait pas de mou-

vements; c’est seulement vers la vingt-quatrième année que se produisirent, accompagnant les sensations sus-indiquées, des mouvements du gros orteil, durant une demi-heure. Après, il y eut de nombreuses attaques, survenant tous les cinq, dix, et quinze jours, et limitées au pied gauche *.

Steele, chez un homme de quarante-quatre ans, rapporte que, quatre ans auparavant, survint une vive douleur dans le mollet droit, suivie de flexion des orteils. Ces crises reparurent toutes les semaines; au bout d’un an, elles s étendaient à tout le côté droit du corps; parésie du membre inférieur droit; ablation, avec succès, d’uue tumeur fibreuse de 2 onces1 2.

Enfin, dans nombre d’observations, on signale des hypoesthé-

1. Rotgans, Hers et Winkler, Cliir. nerv. de Chipault, I, 1902, p. 694.

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