Steele, Rev. neurol., 189b, p
TUMEURS DE LA RÉGION MOYENNE
sies, des hyperesthésies, des paresthésies, des anesthésies, des douleurs, des névralgies, dans le membre inférieur (voir plus loin, p. 238, tableaux des troubles de la sensibilité).
D. — Tumeurs de la région moyenne (Membre supérieur).
Tantôt des convulsions localisées , tantôt des monoplégies , ont, dans la plupart des cas, guidé le médecin et le chirurgien vers le diagnostic localisateur des tumeurs de la partie moyenne de la région rolandique (voir fig. 104, 105).
Je citerai comme exemple de diagnostic, à l'aide des convulsions localisées , les cas de Horsley et de Broca. Le premier, chez un malade qui présentait des crampes d\i pouce et de l'index gauches, des convulsions cloniques d’opposition, deux à trois fois par jour, depuis trois ans, et parfois de grandes attaques, enleva un tubercule du centre du pouce, avec un peu de la substance voisine : le malade n’eut plus d’attaques, mais garda un peu de faiblesse dans le mouvement d’opposition. — Le second chirurgien extirpa, dans la même ‘région, un kyste diagnostiqué par Charcot, chez un enfant atteint de monoplégie spasmodique infantile du bras, avec crises d’épilepsie jacksonnienne, ayant leur point de départ dans le pouce '.
Ces convulsions localisées peuvent exister dans les cas où la tumeur occupe exclusivement la substance blanche de la région, témoin le fait de Yierordt-Czerny, qui enlevèrent un gros tubercule solitaire du poids de 205 grammes, après avoir incisé le cortex-, il avait donné lieu à des crises d’épilepsie jacksonnienne, à point de départ dans le membre supérieur gauche 2.
Il importe, toutefois, de rappeler que les tumeurs des régions tout à fait voisines peuvent, en apparence, donner lieu aux mêmes convulsions localisées , et gu'il y a là une cause d'erreur. Il est vrai que dans le cas d’Aldhibert, que nous avons présent à l’esprit, la tumeur siégeait dans le lobe frontal I, mais avait considérablement aplati la frontale ascendante; à certains moments, les convulsions débutaient par le membre supérieur; mais, dans d’autres, elles se manifestaient d’abord par un mouvement de rotation de la tète, dont on eût pu tenir meilleur compte 3.
1. Horsley, Arcli. de Neurol., 1886, 11, p. 396; Broca, Congrès de Cllir., 1891. — Cas récent de Dreyfus-Brissac. Tuberculome du centre du membre supérieur, du volume de la dernière phalange du pouce, ayant causé, depuis quatre ans, des crises jacksonniennes et des céphalées intenses. Ablation avec succès par Tuffier (Soc. de chir., 1903, p. 513).