HISTORIQUE
Les tumeurs de la clavicule les plus anciennement connues sont l’exostose el le cancer. Les premiers auteurs qui en font mention sont, d’ailleurs, pleins de confusion au sujet de leurs divers caractères. Le plus souvent, aucune appellation définie, peu qui soient appuyées sur un diagnostic histologique précis.
C'est ainsi que J.-L. Petit, en 1723, appelle exostose toute tumeur qui s'élève à la surface d'un os. Cependant, déjà à cette époque fut fait par lui le diagnostic entre une néoplasie de nature syphilitique et un cal difforme rattaché à une ancienne fracture. J.-L. Petit fit à son malade une médication antisyphilitique et son malade guérit.
Remmers, en 1732, exlirpa avec succès une énorme tumeur de la clavicule ; il l'appelle exostose ou excrois-
Tous les noms propres donnés dans le texte répondent à un nom de la bibliographie ou des observations. Les observations seront indiquées par un chiffre romain.
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sance. Du Verney, dans son Traité des maladies des os (Paris, 1751), cite l'observation d'une tuméfaction claviculaire survenue, dit-1l, à la suite d'une compression de longue durée par un vêtement trop serré. Gette tuméfaction n'était, sans doute, qu'un abcès souspériostique. Des résolutifs la firent, en elfet, rétrocéder et abcéder.
Jusqu'ici, point d'exemple encore d’ablation de la clavicule, soit parüelle, soit totale. La gravité des opérations pratiquées dans cette région et les complications qu’elles semblaient devoir comporter, éloignalent sans doute les opérateurs de toute tentative d'intervention sur la clavicule.
La première ablation pour ostéosarcome fut faite par Kulm, en 1715. Peu après, en 1818, Beauchène tenta l'ablation de la clavicule pour un enchondrome. Cette opération en resta Justement célèbre, parce que ce fut la première fois que l’on constata les dangers de la pénétration de l'air dans les veines. Le malade mourut quelques instants après l'opération.
En 1828, Valentin Mott fait l’ablation des trois quarts internes de la clavicule gauche pour un ostéosarcome, le résultat fut parfait et, dix ans après, ce malade jouissait pleinement de tous ses mouvements ; on ne remarquait même pas de dépression de l’épaule. En 1834, Warren, de Boston, fait l’ablation totale de la clavicule gauche pour un sarcome périostique. Le malade meurt de pleurésie quatre semaines après.
En 1836, Travers fait l'ablation des trois quarts externes pour une tumeur pulsatile, qu'il appelle anévrisme des os. Le malade guérit parfaitement.
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Jusqu'en 1873, nous ne trouvons sur ce sujet, dans la littérature médicale, que quelques rares observations de tumeurs de la clavicule, où les auteurs s’attachent à faire ressortir la gravité des opérations que ces tumeurs ont motivées, et le peu de gêne des mous vements que l’ablation plus ou moins complète de cet os laisse après elle. Jusqu'à ce moment-là, aucun travail d'ensemble sur les tumeurs de la clavicule; la rareté des lésions, les difficultés de l'opération firent ranger ces productions pathologiques dans un plan tout à fait secondaire. La première étude sur ce sujet est faite par Chevalier, dans sa thèse parue en 1873; par Polaillon, dans le Dictionnaire Dechambre (article CLAVICULE).
De là nous arrivons à l’article que Legueu fit paraître en 1896 dans le Journal des Sciences Médicales de Bucarest, à propos d’un cas opéré par lui. Bourg, dans une thèse parue en 1902, étudie le sarcome de la clavicule au point de vue purement clinique. Degonville (thèse de Paris 1904), fait une étude analogue. L’on peut enfin mentionner, comme s’y rattachant assez étroitement, le travail de Norkus sur l’ablation totale de la clavicule et, en France, la thèse de Flament en 1897, sur le même sujet.
Nous avons eu l’occasion d'observer cette année dans le service de M. le professeur Poncet, un très beau cas d’ostéosarcome de la clavicule, chez un Jeune homme de vingt-quatre ans, pour lequel M. Patel procéda à une ablation totale extrapériostée. Etant donné l’intérêt de cette observation et le résultat vraiment remarquable de l'intervention, M. Patel a pensé qu'il serait