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SENTE peut être intéressant de faire à ce sujet une étude des tumeurs de la clavicule. Il a bien voulu nous confier cette tâche. Nous l’en remercions encore bien vivement ici. Qu'il veuille bien nous pardonner, si nous n'avons pas pu réaliser toutes ses espérances sur ce sujet. Nous n'avons certes que la prétention de faire un mémoire bien modeste. Nous avons seulement essayé de grouper les quelques faits que la science possède à ce sujet, d’en faire une histoire d'ensemble de ces tumeurs, de voir les divers accidents auxquels elles peuvent donner lieu, les traitements employés, et de ürer de là des indications jusüficatives du traitement à utiliser. Le temps, hélas! nous a manqué pour mener ce travail à bonne fin. Nous donnerons dans tous les cas une bibliographie des plus complètes, laissant ainsi à de plus heureux les moyens de mieux faire.
Nous n'étudierons, sous le nom de tumeurs de la clavicule, que les néoplasmes vrais; c’est-à-dire que nous éliminons les kystes hydatiques, l’actinomycose, les exostoses, les ostéopériostites, les gonflements de la clavicule, produits par une ostéite suppurée ; les gommes ou ostéopériostites syphilitiques. Nous n’en parlerons seulement qu'au chapitre du diagnostic, pour les erreurs, auxquelles ces précédentes manifestations ont donné lieu ou peuvent donner lieu.
Nous ferons donc tout d'abord un exposé général des différentes variétés de tumeurs qui frappent la clavicule. Puis, pour chacune de ces variétés, nous indiquerons leur fréquence respective, nous chercherons à dégager non point leurs causes réelles — elles sont entourées de tant d'obscurités, — mais les circon-
NE stances qui paraissent jouer un rôle plus ou moins effacé dans leur apparition ; nous ne donnerons de leur anatomie pathologique que les points intéressants, d'ailleurs il nous serait bien difficile souvent de nous étendre sur ce sujet, avec le peu de données des observations, nous ferons enfin leur symptomatologie.
Dans un autre chapitre nous parlerons de leur diagnostic, puis de leur pronostic. Nous terminerons enfin par le traitement, le seul dont l'application s’impose dans la plupart des cas et qui doit être l’ablation la plus large possible, la plus précoce possible, et dont nous montrerons les remarquables résultats opératoires, fonctionnels, esthétiques.
Il. — CLASSIFICATION
Nous avons pu trouver, dans toute la littérature médicale, 119 cas de tumeurs de la clavicule. Mais nous ferons remarquer tout d’abord que, pour un certain nombre, une vingtaine environ, nous n'avons pour ainsi dire aucun renseignement ; pour beaucoup, très peu, et qu’enfin pour toutes les autres, une soixaniaine, les observations qui les concernent offrent de grandes lacunes, tant au point de vue du siège, que de la nature et des résultats obtenus après l'opération. On trouve dans ces observations les désignations les plus diverses: d'ostéosarcome, de tumeur fibroplastique, de cancer, de carcinome, de tumeur encéphaloïde, de kyste osseux. En outre, bien peu de ces observations sont accompagnées d'un examen microscopique quel-
que peu détaillé.
RS
Quoi qu'il en soit, nous pourrons grouper toutes ces tumeurs, en tumeurs primitives ét tumeurs secondaires. Nous distinguerons : des tumeurs primitives, types, du tissu osseux, qui ont le tissu osseux pour origine, c’està-dire des enchondromes purs, des sarcomes purs, puis des tumeurs plus complexes, des sarcomes associés moins fréquents: chondrosarcomes, myxochondrosarcomes.
Sans doute la clavicule pourrait être atteinte par des tumeurs ayant leur point de départ dans les tissus qui l’environnent, c’est-à-dire qu’elle pourrait se trouver atteinte etenglobée par une tumeur des parties molles voisines et superficielles, par un néoplasme ganglion- naire voisin; ces formes devront en être distinguées. Nous distinguerons ensuite des tumeurs à structure épithéliale, les unes secondaires ou métastatiques, les autres considérées comme primitives. Ces dernières seront représentées par quelques cas exceptionnels de tumeurs, que l’on ne trouve signalées que depuis peu, ce sont des formations de structure thyroïdienne et d’autres de structure épithéliale aussi et d’origine embryonnaire aussi, mais d’une origine plus obscure. Les autres seront des métastases de goitres, que nous étudierons avec les précédentes pour la facilité de leur exposé, et enfin des noyaux carcinomateux, résultant de la propagation de cancers du sein ou de la généralisation de tumeurs épithéliales à point de départ quelconque. Notre statistique nous donne 119 cas, qui se répartissent de la façon suivante : 86 qui sont des ostéosarcomes (car nous y comprenons les 2 cas de
myxosarcome, ce mot-là n'impliquant pas une diffé-
IRSC TEES
rence de nature, mais une consistance particulière de l’ostéosarcome) ; 7 cas d’enchondrome donnés comme purs; 2 de myxochondrosarcome ; 4 de chondrosarcome ; 13 cas de tumeurs carcinomateuses {métastatiques) ; 6 de structure thyroïdienne dont 5 métastases de goitres, 1 congénitale ; 1 cas de tumeur de structure épithéliale, d’origine embryonnaire, désigné, par les auteurs qui le rapportent, sous le nom d’embryome. On peut donc affirmer que les tumeurs de la clavicule sont en somme assez rares, Car, que ce nombre de 119 Cas ne paraisse pas élevé ! Ces 119 cas représentent tous ceux que nous avons trouvés signalés dans toute la littérature médicale, le cas le plus ancien datant de l’année 1715.