I. TIMEURS Él'lTIlKLl.VLES
1° Tumeurs épithéliales non k^tstiqucs.
a) Caracicrcs iiictcroscopiques.
Siège. — 11 est clas8i(jue do dire qur le trii^uiiu fl le l)ii.s-fond sont le siège le plus fréquent des néoplasmes vésicaux, que le col
vient ensuite, puis la face postérieure, enfin que la face antérieure et le sommet sont rarement atteints. D'après mes recherches, la
fréquence relative du siège des néoplasmes dans ces différentes régions, ne correspondrait pas tout à fait, surtout pour le trigoneet la face antérieure de la vessie, à l'opinion classique.
D'après Féré on trouve :
Base 2.")
Base et paroi antérieure .'>
Base et paroi postérieure 7
Base et paroi latérale droite L
Base et pai'oi latérale gauche. ..... 2
Paroi postérieure 17
Paroi postérieure et paroi supérieure 5
Paroi postérieure et latérale gauche 2
Paroi antérieure 2
Paroi antérieure et supérieure 1
Paroi latérale gauche 2
Paroi latérale droite 2
Sommet 2
Col 3
Près de l'uretère gauche 8
Près de l'uretère droit .5
Tumeurs multiples 12
Tumeurs diffuses 8
TUMEUnS XON KYSTIQUES. — ÉTUDE MACROSCOPIQUE 4Ô
Stein (i), sans donner de chiffres, indique aussi la prédominance du trigone et de la paroi postérieure. Les relevés de Pousson (2), portant seulement sur les tumeurs opérées, confirment encore cette donnée.
Fenwick (3), qui a étudié au point de vue statistique 634 tumeurs de la vessie, trouve 60 0/0 de tumeurs uniques, solitaires; parmi celles-ci 43 0/0 siégeaient au niveau de l'orifice de l'uretère droit et 26 0/0 au niveau de l'orifice uretéral gauche, 36 0/0 de ces tumeurs siégeaient dans la zone inférieure de la vessie.
Sperling (4) se borne à dire que les tumeurs vésicales sont plus fréquentes au niveau de la base. Je ne cite que pour mémoire la statistique de Zauchs (5), entachée de nullité, puisque cet auteur confond les néoplasies primitives et les secondaires.
Je n'ai pas voulu prendre pour base de ma statistique les observations des auteurs qui m'ont précédé ; car, le plus souvent, le siège exact du néoplasme n'y est que vaguement indiqué.
M. Guyon (6) a trouvé sur 18 pièces 13 fois le néoplasme siégeant au niveau du bas-fond ou du trigone ; 2 fois la tumeur occupait la paroi antérieure, et 3 fois elle était diffuse, infiltrée dans la paroi de la vessie et faisait plus ou moins corps avec elle.
J'ai fait les diagrammes de.s- 88 tumeurs épithéliales de la vessie que j'ai vues, et par leur examen on peut facilement se rendre compte du siège de ces tumeurs.
Je suppose la vessie divisée en trois zones : une supérieure et une moyenne, qui se partagent la région comprise entre le sommet de l'organe et les orifices des uretères, et une inférieure, qui s'étend des uretères au col de la vessie : dans cette zone inférieure est compris le trigone.
(1) Stein. Study oft/ie tuinours oftlie hladder. New-York, 1885.
(2) Pousson. Th. de Paris, 1883.
(3) Fenwick. British med. Journ., 1888, p. 433.
(4) Si'ERLiNG. 7Mr Statisùk dcr primciren Tumoren der Harnhlase. Th. Berlin,
(5) Zauchs. Th. Mtinchen, 1887.
(6) Guyon. Leçons sur les maladies de la vessie et de la prostate, 1888, p. 334.
50 TIMEURS l'iPITHÉLIALES
Zone supi'i'iuiirc 1
Zone moyenne seule 38
Zone moyenne et inférieure 3
Zone moyenne et inférieure, y ecuiipiis le liigcuie 19
Zone inférieure seule, sans le trigone H
Zone inférieure, y compris le trio;one 3
Trigonc seul 2
Face antérieure seule 2
Face antérieure et autres réginns 27
Très grandes étendues de la vessie y i(>in|ii'is li> lrii;-(iue 6
Très o-raii(lcs étendues de la vessii\ le Irjeono restant iudeiiuie. . 7
Ou voit d'après ces chiffres (jue .M. (luyon disait juste lorsqu'il écrivait que la vessie peut être comparée à une boîte dont la moitié supérieure, formant le couvercle, reste presque toujours indemne. Ajoutons pour être plus j)récis, que la zone moyenne de la paroi postérieure de la vessie représente la région la ])lns fré(pu'nuneiit atteinte ; puisque dans la moitié des cas les lésions se limitent à cette zone, et qu'en outre, elle participe très souvent aux lésoins de la zone inférieure, que le trigone soit intéressé ou ne le soit pas.
Le Irigiuie lui-même est rarement le siège des néoplasmes; seul, il n'est guère }ilus fréquemment envahi que la paroi antérieure; et même, en comptant tous les cas où il a été envahi en même temps que les autres régions, on trouve qu'il n'a été atteint que 30 fois sur 88 cas. Remarquons encore que sur 13 oLservations où le néoplasme envahissait à la fois de grandes étendues de la vessie 7 fois le trigone est resté hors de cause.
On voit que dans les résultats de ma statistisque je ne suis j)as toid à fait d'accord avec les auteurs (pu m'ont précédé. Ces auteurs n'ont pas étudié personnellement les cas (pi'ils additionnent dans leur statistique, et un grand nombre des observations publiées sont très peu explicites à la lecture. C'est là, je crois, la principale raison du désaccord (pii existe entre nos résultats.
La paroi antérieure de la vessie est rarement atteinte seule ; je n'ai vu qu'une fois la lésion limitée à cette paroi ; mais il n'est pas rare de la trouver envahie en même temps qu'une région voisine ou d'y constater l'existence de quelque tumeur pédiculée, dans les cas de néoplasmes vésicaux multiples.