‹ Les tumeurs de la vessieChapitre 2 sur 128 · F. GUYON · texte numérisé non relu

F. GUYON

HiSTOniQLË

Si les fumeurs de la vessie sont connues depuis plusieurs siècles, ce n'est guère que dans ces quinze dernières années que l'étude en a revêtu un caractère véritablement scientifique au triple point de vue du diagnostic, du traitement et de l'anatomie pathologique.

11 n'existe à vrai dire que deux grandes périodes dans l'histoire des tumeurs de la vessie. La première s'étend jusqu'à l'opération de Billroth qui, en 1874, pratiqua de propos délibéré la taille hypogastrique pour extirper un néoplasme de la vessie. Dans cette période, l'anatomie pathologique n'est que confusion, la clinique n'est qu'incertitude et le traitement est à peine ébauché. La seconde période, qui comprend les travaux publiés jusqu'à nos jours, est caractérisée au contraire par la précision du diagnostic, par l'essai d'une classification anatomique et par la hardiesse des tentatives opératoires.

Dans chacune de ces deux périodes, ancienne et moderne, je distinguerai, pour la clarté de l'étude, deux phases différentes.

Période ancienne.

Première ph.vse (de Fabrice de Hilden a Civiale). — Pendant de longues années, on ne connut les tumeurs de laA^essie que comme des trouvailles d'autopsie. C'est ainsi que, d'après Fabrice de Hilden (1), Slotan avait rencontré une tumeur remplissant toute la vessie d'un cadavre. D'autres auteurs, comme Lacuna (2) avaient rencontré des caroncules ou des polypes au cours d'une opération

(1) HiLDE.N. De litliot. vesicx, p. 711.

(2) Lacuna. Metliod. cognosc. extirpandique excrescenles vesiae collo caroiiciilas. RomÉé, 1551.

ALCAnRAN. 1

i. MISTOIU(,)Ut

de IjùUl' ; mais le prciiiici- l'ait <(iii nuTilc une uuMitioii iiartiiiiiiére est celui de Coviilard (de Lyonj.

Eu 1G39, Coviilard (l), ayant diaguostii|ui' la prérfcuce d'une tumeur dure, pratiqua la taille latérale, fragmenta la tumeur avec une tenette et put l'enlever. Ce malade guérit, mais l'observation passa inaperçue, et ce n'est qu'un siècle plus tard <|U(' l'on trouve dans la littérature la mention de nouvelles tentatives opératoires ducs à Le Cat et à \\'arnei'.

Drelincourt (2 . Blancaard (3), Huyscli (4), qui écrivent vers la iiu dTi XVir siècle, donnent quelques descriptions fort incomplètes et le dernier de ces auteurs est dans le vrai lors(ju'il écrit que « le diagnostic do ces tinneurs est aussi incertain que leur traitement».

Au XMIl" siècle, les premières tentatives à mentionn<>r sont celles de Colot <pii, au dire de Ileister (5), serait intervenu ]iar la boutonnière hypogastriqnc on périnéale, etioni pio ulceriOus et fimgtis vesicv. N'iennent ensuite les opérations de Le Cat (de Rouen), qui avait déjà fait construii'e des ciseaux pour enlever les tumeurs qu'on rencontre en praticpiant la taille, et qui extirpa avec une pince introduite par l'urètlire un polype de la vessie chez une femme. Warner (IJ), eu 1747, opérant aussi chez une femme, incise l'urèthreponr se donner du jour, attire au dehors et lie le pédicule d'une tumeur grosse comme un o'uf de dinde : la tumeur se dcMacha le G° jour et la malade guérit.

Jusqu'à Civiale, ce sont là les seules opérations entreprises de propos délibéré. Dans toute la seconde moitié du XVIIP siècle, et au dél)nt de celui-ci, nous ne trouvons plus que de mauvaises descriptions anatomiques et la mention de quelques tumeurs enlevées pendant l'opération de la pierre.

ilorgagni (7) confond les tumeurs de la vessie et celles de la

(1) CoviLi.Aiii). O/zs. ialro-c/iirurf^icalcs, p. lit).

(2) Drklincolrt. La Lcgenclc de Gascon, 1674.

(3) Bl.A^CAARD. Analomia praclica ratioiiatis, 1688.

(4) Ruvscii. Observaliones aiialoinico-chirurgiav, 1691, obs. 78. {:>) Instittilioiies cliirurgica;, 1759, vol. 3, ch. XXXIII.

(6) Warner. Cases in Surgcry, 1784, p. 303.

(7) MoRGACxi. De sedibus et caiisis morboriint, p. 37, 42. 43 cl 66

PElilODE ANCIENNE. DE lAISniCE DE HILDEN A CIVIALE. 3

prostate et cette confusion se perpétue encore de nos jours chez la plupart des auteurs allemands. Henckel (1), Sandifort (2), Sœmmering (3), qui, le premier, signale l'incontinence d'urine dans les tumeurs, n'apportent guère de documents nouveaux.

Houstet (4) extirpe aA^ec les tenettes deux fongus reconnus en pratiquant la taille pour des calculs; son malade mourut le 5° jour. Morand (5) vit aussi mourir un malade auquel il avait enlevé un fongus dans des circonstances analogues, et Guérin (6) ne fut pas plus heureux en arrachant deux lambeaux d'excroissances fongueuses.

Ces cpelques faits semblaient justifier la conduite suivie par Deschamps, qui, ayant trouvé chez un enfant une tumeur de la grosseur d'une cerise, s'abstint de toute intervention et guérit son malade.

Desault (7) fut plus hardi : il avait déjà extrait un calcul, lorsque, apercevant un fongus pédicule, il l'arracha par torsion et guérit ainsi son malade. Le succès de Desault, l'opinion même de Dupuytren (8), favorable à l'extirpation des fongus pédicules, ne modifièrent pas le précepte classique de l'abstention ; Begin et Jourdan, Breschet, dans les articles du Dictionnaire en 60 volumes, conseillent de ne pas opérer les fongus de la vessie ; telle est aussi l'opinion de Belmas (9) et tous les chirurgiens de l'époque se rangent à son avis.

Le traité classique de Chopart (10) résume bien les connaissances acquises à ce moment sur les tumeurs de la vessie. Les hypertrophies du lobe moyen de la prostate sont confondues avec les néoplasmes de la vessie et déjà commence, entre le fongus et le cancer,

(1) Henckel. Sieùerl's Sammluiig, Berlin, 17G0, p. 81.

(2) Sandifort. Muséum Acndemix, Lug'd. Batav., lab. XCIII.

(3) SoJiMERiNG. Krankenlieiten der Harnùlase und Har/iro/ife, Frankrurl,

(4) Houstet. Méin. Acad. cliir., vol. H, p. 269.

(5) Morand. Opusc. de cit., part. 2, p. 130.

(6) Guérin, cité par Chopart, p. 75.

(7) Desault. Journ. de c/iirurg. vol. H, p. 309.

(8) DupuYTREN. Lancette française, 1828, vol. I, p. 3.

(9) Belmas. Traité de la cystot. sus-puh., 1827, p. 113.

(10) Chopart. Traite des mal. des voies iiri/iaires, 1830, p. 7.5.

4 HISTOlMQfl-:

la disriiiction anatoinitiuc, ([iii devait, par l;i suite, jeter tant do confusion dans l'étude des tumeurs de la vessie. Cliopart ignore les symptômes de ces tumeurs et conseille, au cas où le diagnostic viendrait à «"'tre formulé de la coexistence d'un calcul et d'un fongus, de s'abstenir de toute intervention; il croit au contraire que si, dans le cours d'une taille pour calcul, mi trouve une tumeur à pédicule mince, on doit en faire l'extirpation. Dans cet ouvrage remarquable, on trouve des indications précieuses sur le traitement des hématuries et notamment l'aspiration des caillots que Maigrot fit avec succès en la répétant deux fois de manière à vider complètement la vessie (p. 6G).

DeUXIÈMi: MtASfc, DE CiVlAtË A ËlLLROTÎi (1827-18'? 4) . —

En 1827, Civiale (1), au cours d'une lithotritie, arracha avec le trilabe Une petite tumeur; le succès de l'opération l'encouragea à tenter l'intervention de propos délibéré. Il intervient en effet dans plusieurs cas et réussit à enlever, eh trois fois, chez le mémc! malade, des fragments qui, réuniSj avaient le volume d'une noix. Civiale conseille, lorsqu'il y a coexistence de calcul, d'opérer celui-ci sans toucher au foUgus.

Quelques mois après l'opération pour le fongus il y a presipic toujours des récidives, mais il a vu des malades chez qui la luuieur nu s'était pas reproduite-

On ne trouve pas dans le long thnpitn' ([ue Civiale consacre aux tumeurs de la vessie que celte hardie innovation opératoire, on ]iiut y lire aussi sur l'ensemble de la pathologie de ces tumeurs une soigneuse étude, la première qui ait en somme quelque valeur sur la matière. Je signalerai notamment, outre l'exactitude des descriptions macroscopiques, la distinction très nettement établie d'une part entre les tumeurs de la vessie et celles de la prostate, d'autre part, entre le cancer et le fongus. tumeur bénigne, guérissable par l'opération. (>iviale insiste aussi sur la transformation possible d'une tumeur prinutivenient l)énigne en tumeur maligne, bien que, à la

(1) Civi.vi.r.. 'l'rriitr pratique des hiiiiudirs tics coies iirbiaircs. Paris, 1842.

PKRIODE ANCllLNXE. DU CIVIALE A lilLLnOTH 5

vérité, un certain nombre des fongus de Civialc soient des tumeurs malignes. A citer encore la distinction entre les calculs primaires, uriques, oxaliques, de cystine, dans lesquels la fongosité est consécutive, et les calculs pliosphatiques qui sont secondaires. Seule l'étude des sjTnptômes n'avance guère avec Civiale, mais les travaux de ce chirurgien marquent un grand progrès sur ceux de ses devanciers.

Leroy (d'Etiolles) combattit avec ardeur l'opération de Civiale ; d'après cet auteur, on ne doit opérer les fongus que lorsqu'ils déterminent de la rétention, et, pour ces cas, il invente plusieurs instruments dont aucun n'a survécu à son auteur.

La conduite hasardeuse de Civiale ne trouva pas d'imitateurs ; et, dans toute la période qui s'étend de 1830 à 1874, nous ne voyons guère à signaler que des tentatives opératoires isolées. Les chirurgiens de cette période craignent l'ouverture de la vessie; mais ils s'attaquent volontiers aux tumeurs qui, chez la femme, font saillie à travers l'urèthre : la ligature surtout, l'écraseur dans quelques cas, ou encore le doigt ou la curette sont les moyens d'exérèse employés.

Thienemann (1) lie, chez une femme de 25 ans, un polype qui sortait par le méat ; l'opération guérit la malade. La même opération, dans des circonstances analogues, est pratiquée par Abe(2) en 1849, et par Guillon (3) en 1846 ; ce dernier fait la ligature avec un fil d'argent. Birkett (4) enleva un papillome avec des ciseaux mousses et Spencer Wells (5) extirpa avec des ciseaux mousses à travers l'urèthre un papillome chez une femme de 23 ans. Bryant en 1863 (6) et Guersant en 1868 (7) employèrent, chacun dans un cas difl'ôrent, l'écraseur; la malade de Bryant guérit, mais l'enfant de 22 mois opérée par Guersant mourut le 8° jour de gangrène de la vulve. Je citerai encore les observations de Winckel (8) qui arracha un polype

(1) Thienemann. Amer. Jour, of Mcd. Se, 1845, p. 224.

(2) Abe. Blasengesch.

(3j Guillon. Pillia-Billroth's Chir., Bd III, Abth. 2.

(4) Birkett. Med. Chir. Trans., 1853, vol. XLI, p. 311.

(5) Spencer Wells. Med. Times and Gaz., 1858, vol. II, p. 84.

(6) Bryant. Bridsh Med. /., 1879, vol. I, p. 821. (7| Guersant. Ga:. /;o/>., 1868, n<'23.

(8) Winckel. Dis. of tlie female urethra nnd Idaddcr, 1809.

llisToiiioii;

avec lo tloi^'t (.'t de Ih'ill l, ([iii se servit du iliu^t et d'une curclle : CCS deux malades, âgées Tuiio de 50 ans et l'autre de 39 ans, guérirent bien.

Langenbeck (2) et Hraxton IlicUs (3 osèrent s'attaquer à des tumeurs malignes. Le jiremier de ces auteurs enleva par morceaux un sarcome chez uiu^ femme de 29 ans : la malade succomba par péritonite. Braxton Hicks opéra un cancer cliiz une femme de 60 ans, avec l'écraseur; rextirpation fut iiiconipléte. mais la malade se trouva fort améli(M'ée.

Je viens de citer une série d'opérations faites à travers i'uretlire, dilaté par le néoplasme lui-même ; mais quehpies opérateurs eurent l'idée de dilater artiliciellement le canal pour arriver jusque dans la vessie. Pleininger le premier, en 18.34, suivit cette voie (4) : il dilata l'urcthrc d'une femme de 24 ans, qui avait un papillome de la vessie et put ainsi lier aisément le pédicule, ^'icnt ensuite l'opération de Hutchinson (5), qui, en 1857, pour enlever une tumeur vésicale, dilata l'urèthre en se servant du dilatateur de Weiss.

Chez une autre malade, Ilutchinson, imitant la conduite ancienne de ^^'arncr, incisa l'urèthre. ce qui lui permit d'altirei- au dehors et de lier la timieur.

Pendant cette même ])ériode je ne relève que deux opéi-ations pratiquées chez l'homme, toutes deux termiu('es jiar la mort. Crosse (6) faisant la taille latérale chez un garçon In un a plusieurs papillomes qui sortaient par la plaie ; comme autrefois Desault dans un cas analogue, il les extirpa : 42 heures après, le malade mourut, et ou vit à l'autopsie que la vessie contenait un grand nombre de ces tumeurs. Liston (7) et Knox enlevèrent par la taille hypogasti-itpie un kyste membraneux de la vessie.

Pendant toute cette période, l'étmle des svnqitAines et ih^ l'ana-

(1) Hall. Laucet, 1860, vol. II, p. 462.

(2) Langenbeck. Arc/i. f. Idin. Cliir., 1859. vol. I, p. 129.

(3) Braxton Hicks. Laitcet, 1808, vol. I, p. 686.

(4) Pleimnger. Wurt. mcd. Corresp., 1834, n" 23.

(5) HuTCiiiNSON. Mcd. Times and Gaz., 1857, mai 2 et 9.

(6) Crosse. Trcatise on Ca/cu/us. London, 1835, p. 124.

(7) Knox. Med. Times and C,a:., 1802, p. 104.

l'EniODE MODERNE. — DE niLLIÎOÏH A CLYOK /

tomie pathologique n'avance guère. Les mémoires de Nicod (i), de Heilborn (2), de Lacaze-Doré (3), de Molinier (4) ne méritent que d'être cités. Le meilleur travail d'ensemble est celui de Podrazki (5) dans le Pitlia et Billroth : l'auteur établit, contrairement à l'opinion de Civiale, que le cancer est plus fréquent que les tumeurs bénignes, et au point de vue opératoire, sans repousser la taille, qui lui inspire pourtant quelques craintes, il se montre très partisan de la dilatation uréthrale chez la femme.

Quelques observations isolées, fort intéressantes, sont publiées par Senftleben (6) sur le sarcome et \v. fibrome, par Jackson (7) sur le myùnie et par Gersuny (8) sur les polypes. Ce dernier auteur réunit toutes les observations publiées d'ablation de tumeurs de la vessie : il trouve 3 guérisons et 5 morts, dont un malade à lui. Broca (9) et Martini (10) écrivent sur la pilimiction.

Période moderne.

L'étude des tumeurs de la vessie a pris un grand développement dans le cours de ces dernières années. Billroth et Volkmann ouvrent cette ère nouvelle par de hardies opérations ; Simon érige en méthode la dilatation de l'urèthre chez la femme ; et Thompson, en préconisant, comme procédé de diagnostic et comme voie opératoire, la boutonnière périnéale chez l'homme, donne le signal de réclusion de toute cette série de travaux remarquables que nous aurons à citer. Mais jusque-là, le diagnostic ne pouvait être établi

(1) Nicon. Traité des polypes de l'urèlltre et de la vessie, 1835.

(2) Heilborn. Etude nnatomo-path. sur 31 cancers de la vess., tli. Berlin,

(?>] L.\CAZE-DoRÉ. Récit, sur le cancer de la vessie. Th. Paris, 1852.

(4) Molinier. Essai sur le fongus villeiix de la ves.sie.Tli. Paris, 1870.

(5) Podrazki. A>(ï;i/i.rfes Pénis und der Harnhlase. Pitha-Billroth's Ilandh . vol. III, p. 76, 1865.

(6) Senftleben. Langenbech's Arch.. vol. I.

(7) JxcKSOti. Boston med. Journ., 25 août 1870.

(8) Gersuny. Langenheck's Arc/i., vol. XIII, 1872.

(9) Broca. Gaz. hop., 1868, n° 81.

(10) M.A.RTINI. Langenheck's Arch., vol. XVII, 1874.

IIISTOIIIQIT.

(|u';iu \tn\ (l'une ii|)i'i',itiiiii siiiii^lanlo ; cott(^ nécessité en<;-a^-('ait les cliirurj^'ifiiis à utiliser connue voie opératoire la plaie déjà l'aile pour le diagnostic.

A mon maître Ciuvoii revient rimunenr d'avoir, ])ar la seule analyse des symptômes, rendu non seulement possible, mais encore facile, le diagnostic dos tumeurs vésicalcs ; d'avoir établi nettement la distinction des néoplasmes de la vessie et de ceux de la prostate; enfin d'avoir rendu définitive l'adoption de la voie liypogastrique pour l'extirpation des fumeurs de la vessie. Nitzo vient ensuite parfaire avec l'endoscopie la méthode diagnostique.

Ces considérations me conduisent à diviser la j)ériode moderne de l'histoire des tumeurs iU'. la vessie en deux phases : la preuiiéro commence avec liillrulli et N'olkniann ; la seconde date des travaux de Guyon.

Premikre piivsk, MIC RiLLUOTii A GiYON. — En 1871, Hillroth (I) fuit la taille hU/'rale chez un gardon de 12 ans, pour enlever un myôsarcome de la vessie; la luuu'ur étant trop consid(''i'able pour être extirpée par cette voie, le hardi opérateur pratique la taille hypogastrique, séance tenante. La néoplasie apparaît alors, de la grosseur d'un poing et largement implantée; il en enlève la plus grande partie avec les doigts, saisit le restant dans une forte ligature et l'excise. Guérison.

La conduite de Billroth ne devait pas tarder à être imitée par Volkmann (2). Son malade, un homme de 54 ans, avait rendu par l'uréthrc des débris d'un néoplasme que l'examen microscopique révélait être un myôme. Avant d'opérer, Volkmann, voulant se rendre compte du mode d'implantation de la tumeur, lit une incision périnéale pour introduire le doigt dans la vessie, et pratiqua ensuite l'extirpation du néoplasme par la voie hypogastrique. Le malade mourut quatre jours après de péritonite et d'infiltration d'urine; à l'autopsie, on trouva deux autres tumeurs (1874).

(1) BiLLROTii. Arc/i. f. Uiii. Chir., vol. XVIII, p. 411, 1875, piililié pnr

GuSSEMiAUER.

(2) Volkmann. Arch. f. hlin. Cliir., vol. XIX, p. 582, 187G.

TERIODE MODERNE. DE DILLUOÏH A GUYOX l»

Dans cette même année 1874, Kochor (1), de Berne, opère, parla taille prérectale de Nélaton, un papillome de la vessie, chez un homme de 38 ans ; la tumeur fut enlevée avec une curette tranchante ; les hématuries cessèrent, l'urine, qui avait une odeur infecte, redevint limpide et le malade guérit.

En 1876, Maas (2) rapporte trois curieuses observations de petites tumeurs pédicvdées de la vessie engagées dans l'œil du cathéter, à la suite d'injections très fortement poussées dans la vessie.

Pendant ce temps, Simon (3) publiait son important mémoire sur l'exploration vésicale et le cathétérisme des uretères chez la femme. Par la dilatation méthodique et rapide de l'urèthre, à l'aide de spéculums coniques, cet auteur voit la vessie et peut y introduire le doigt. Nous avons déjà vu que Pleininger et Hutchinson avaient devancé dans cette voie le chirurgien de Heidelberg ; mais à Simon revient le grand mérite d'avoir élevé ce procédé opératoire à la hauteur d'une méthode, d'en avoir vulgarisé l'emploi, au point que ses travaux ont fait de la dilatation de l'urèthre chez la femme l'une des opérations courantes de la chirurgie.

Les quelques années qui suivent le mémoire de Simon ne sont marquées par aucun travail important. Notons seulement quelques interventions isolées :

Humphry Murray (4) en 1877 enleva, par la taille latérale, chez un homme de 21 ans, une tumeur ferme, largement implantée : après la torsion du pédicule le chirurgien compléta l'extirpation avec des pinces.

La même voie périnéale fut suivie par Berkeley Hill (5) qui, en grattant un épithélioma chez un homme de 63 ans, eut un insuccès opératoire (moi't le 3" jour), et par Davies-Colley (6) qui put, avec

(1) KocHER. Centr. f. Cliir., 1876, p. 193.

(2) Maas. Berl. kliii. Woc/i., 1876, p. 48.

(3) Simon. Volkmanii's Sainmluiig Min. Vortrdge, t. LXXXVIII, 187.5.

(4) HujiPHRY Murray. Med. C/iir. Transact., 1879, vol. LXII, p. 421.

(5) Berkeley Hill. Brlt. Med. Jour., 14 mai, 1881.

(6) Davies Colley. Clin. Soc. Trans., vol. XIV, p. 104, 1880.

10 IllSTomQUK

(les cisraux introduits ]i;ii' la plaio. cnuiicr le imi^- jir'diculc d'uni' tiiiiuur villovisc ; lo malade. ài;i'' do .'Î2 ans, guôrit sans accident

Vin ISSO. Tlinnipsdu ]n'ati(|na ]unir la ])remière fois la l)oulonniere iKTiiiisile, |i(iur explorer la vessie aviH- le doig-t, et extirper une tumeur incrustée de sels calcaires. (]c procédé opératoire fut suggéré à Thompson par le cas d'un malade, mort à la suite d'un drainage sous-pubien de la vessie, et à l'autopsie duquel on découvrit un papillome villeux. pi'dicidé. dont l'extirpation eût été facile ]Kir la voie périnéale.

IjCs auteurs allemands font remarquer avec raison que YolUmann avait déjà employé la boutonnière périnéale pour se renseigner sur le mode d'implantation d'une tumeur vésicale. Il est incontestable que la prioi'ité du procédé opératoire appartient à Volkmann ; il est vrai aussi que Davies Colley avait pratiqué la boutonnière ; mais c'est Thompson qui érigea le procédé en méthode et le fit accepter par un très grand nombre de chirurgiens. Ce dernier auteur exposa ses i(l(''es avec ini remarquable talent dans un travail publié par la Semaine médicale de Paris (1) puis dans ses Leçons publiées en 188.'î (2), et, l'année suivante, dans son livre sur les tumeurs de la vessie (3). Dans ces publications, et dans un grand nombre de travaux idtérieurs, Thompson a eu le mérite de bien étudier l'anatomic pathologique et le traitement des tumeurs de la vessie. .Son ])rocédé de boutonnière périnéale. déjà délaissé aujourd'hui, disparaîtra bient(M de la pratique.

A côté des travaux de Thompson, mais seulement au point de vue de la pathologie pure des tumeurs, il esljuste de faire une place au mémoire de Ilndson ('i) et à celui de .Stein (de Nexv-York'l qui doinie une liste assez complète des opi''ratioiis pi'atiipicM's jns(|u'alors, sans pourtant ajouter do faits nouveaux à ceux de ses devanciers (5).

Il) Thompson. Scmniiic ntcdicale, 15 juin 1882.

(2) TiioMP-soN. 7'/(c Z,^«rc/, février 1883.

(3) Thompson. On itimours of llic hlndder. London, 1884.

(4) MunsoN. Tlic LhthUn J. ofMccl. .Cf., juin 1879.

(5) Stein. a sludi/ of tlie litnioiirs of tlic lilmlder. Ni'w-Yorlv, 1885.

PÉIUODIÎ MODEliNE. DE HILLIIOTH A GUYON 11

Grâce aux procédés de Simon et de Thompson, la voie était tracée, aussi un grand nombre d'opérateurs s'y engagent et publient des observations. En Angleterre, Alexander (i), Morris (2), Norton (3), Carter (4), Balleray (5), Heatli (6), Godson (7), Hill (8), Tliorne (9), etc., dilatent l'urèthre de la femme pour enlever des tumeurs. Chez l'homme, la boutonnière estfaitepar Whitehead(lO), qui vient en tête de la liste avec quatre opérations (dont une mort) publiées en 1883, par Andersen (11), Goodlee (12), Little (13), Watson (14), Harrisson (15), et bien d'autres auteurs qui font des opérations avec des résultats variables. La méthode de Thompson est alors acceptée par tous les chirurgiens de langue anglaise, aussi bien dans la Grande-Bretagne que dans l'Amérique du Nord.

En Allemagne, la méthode de Simon se répand rapidement avec les travaux de Schatz (16), de Winckel (17), de Brennecke (18) et de Voeglin (19). Lorsque la tumeur est trop considérable pour être enlevée par les voies naturelles, on emploie la taille vaginale en J de Simon, que j'aurai à décrire plus loin. Moins enthousiastes que les Anglais pour la boutonnière périnéale, les Allemands et les Autrichiens la pratiquent moins souvent : les premiers faits publiés

(1) Alexander. Lancet, 1878, vol. II, p. 209.

(2) Morris. British med. Jour., 1879, vol. I, p. 820.

(3) Norton. Ibid., p. 820.

(4) Carter. Lancet, 1881, vol. I, p. 1043.

{f>) Baller.w. Amer. Jour, of Med. Se, 1882, p. 4G4.

(6) Heath. Med. Times and Gaz., 1879, p. 662, vol. II.

(7) Godson. British Med. Journ., 1879, vol. I, p. 630.

(8) Hill. Lancet, 1881, vol. II, p. 1043.

(9) Thorne. lùid., 1883, vol. I, p. 58.

(10) Whitehead and Pollard. Lancet, 1883, vol. II, p. 582, 629 et 673.

(11) Anderson. Tr. Clin. Soc, 1885, p. 313.

(12) Goodlee. Med. Times and Gaz., 1884, vol. II, p. 433.

(13) Little. Philad. Med. News., 1884, p. 558.

(14) Watson. Boston Med.Jour., 1884, p. 409.

(15) Harrisson. Lancet, 1884, vol. II, p. 678.

(16) Schatz. Arch. f. Gynàk., 1876, p. .3,36.

(17) Winckel Ihid., 1884, p. 69.

(18) Brennecke. Centr. f. Gyncik., 1879, IV, p. 8.

(19) Voeglin. Corr. f. Schiveiz. Aerzle, juillet J879.

12 HISTOniQVE

sont cnnx de Riuisclionbuch (1), llnfinokl (2) et Mikulicz (3).

En l'ranco, la boutonnière do Tlioinpson no fut g'urro pratiquée quo par Sal)atior, do Lyon (Bcv. <lr cliiriir., jnillrl I8S5\ ])ai* Ilorteloup [Progrès méd.)^ et par (iuyon (4), (pii trouva lo procédé peu pratique.

Pendant ce temps, la taille liypogastriquo, ^-làro aux travaux de Petersen (5), était sortie de l'oubli ; le grand danger do blesser le péritoine était écarté et le drainage, quoique encore imparfait, mettait assez bien à l'abri des infdtrations, c'est ce qui engagea Marcacci (6) à reprendre les opérations do Rillroth, do ^'olkmann et do Kocher. En 1880, l'autour italien fit la taille liiuito choz un bomme de 54 ans atteint de sarcome et extirpa la tumeur avec les doigts; le malade vécut 2 mois et mourut de péritonite.

En 1881, Czerny (7) pratiqua la tailN» liypogastrique cbez un homme de 52 ans souffrant d'un sai'conio de la vessie, il extirpa partiellement la tumeur et appliqua, pour la promicro fois, jo crois, dans la vessie, le thermocautère. Le malade mourut, 3 mois 1/2 après l'opération, do récidive. L'année suivante, lo mémo auteur oinpiipva de nouveau la taille haute, pour un autre cas de sarcome, et 'ri'onilcli'uburg 8 lit la mémo opéi-afion jiour un papillonie (1882) et pour un cancer (1883).

Ces observations de Czerny et de Trondelenburg, ne furent publiées qu'en 1885; aussi, au '])oint de vue de la publication, l'observation do Bazy (9), ([ui date de 1883, vient-elle immédiatement après celle de ^farcacci.

Cette opération de Bazy eut un très grand retentissement en France; et elli' niaiNpic dans l'instoiri' <los travaux de l'École de

(1) IIauschenbucii. Ceiitr.f. C//;>., janvier 188.3.

(2) IIoFMOKL. Wieii. med. Jnlir., 1885, p. 257, et Mrd. Cliir. Ccntr., 1886, p. 579.

(?>) MlKLLicz. Wicii. nicd. Press., 1885, vol. I, j). 1520.

(4) GuYON. Leçons sur les maladies de la vessie et de la prostate, p. 192.

(5) Petersen. Verliandl. der deustclicit Gesellsrli. f. Cliir., 1880.

(6) Maiicacci. Lo Spcrimenlale, octobre 1880.

(7) C/.Eiijiv. Anat. med. Wocli., 1881, p. 404.

(8) Tbendelemujiw;. Arcli. f. hlin. Cliir., 1885, p. 494.

(9) Ba/v. Socictc de cliiriirgie. Paris, 188,'..

PÉRIODE MODERNE. — DE GtYON A CE JOtîtt 13

Necker une date trop importante pour que je ne lui consacre pas encore quelques lignes. Il me faut d'ailleurs revenir un peu en arrière pour Lien apprécier le rôle de Guyon et de ses élèves dans cette histoire des tumeurs de la vessie.

Pendant que ces travaux paraissaient à l'étranger, on étudiait surtout en France l'anatomie pathologique et le diagnostic des tumeurs. Mon maître Le Dentu (1) les étudie longuement dans son remarquahle ouvrage ; il donne dans plusieurs planches des exemples tirés de la collection de Voillemier et, s'attachant tout particulièrement à l'étude des symptômes, il pousse la précision du diagnostic à un degré qui n'avait pas encore été atteint.

Deuxième phase. De Guvon a ce jour. — Dans cette même année 1881 parut un remarquable travail, trop souvent passé sous silence, d'un élève de Guyon, c[ui écrit sous son inspiration, de Féré (2). Dans cette thèse, on trouve une soigneuse étude anatomique des tumeurs de la vessie et une excellente exposition des idées de notre maître Guyon sur le diagnostic. C'est dans ces pages que, pour la première fois, on peut voir les symptômes étudiés avec assez de méthode pour permettre d'arriver au diagnostic sans avoir besoin d'une opération exploratrice.

Bazy, un des plus brillants élèves de l'Ecole de Necker, diagnostique, chez un homme de 47 ans, l'existence d'une tumeur intravésicale du volume d'un œuf; il détermine le siège et le mode d'implantation de la tumeur; celle-ci s'insérait par un large pédicule sur la partie latérale gauche de la vessie. Le malade de Bazy avait des hématuries redoutables et éprouvait des souffrances excessives causées par la cystite. En décembre 1882, Bazy pratique l'opération en présence de MM. Guyon et Monod. Il ouvre la vessie par la taille hypogastrique et, ne pouvant extirper complètement le néoplasme, résèque la portion saillante. L'amélioration fut

(1) VoiLLESiiEii et Le Dentu. Traite des maladies des voies urinaires. Paris, 1881, p. 393.

(2) FÉnÉ. Du cancer de la vessie. Th. Paris, 1881.

l^i iiisT()iiiot;i:

(•(iiisiilrral)lc ; les doiilciirs t'rsscrciit, les urines (Icviiirc^nl limpides et le iii:il;i(le vi''eut eiiciire six mois.

Présenté à la Société de; chirurgie, ce mémoire provoqua de la part de M. Monod (!) un remarquable rapport; el, à cette même occasion, M. N'erneuil déclara que le chirurgien en présence d'une tumeur de la vessie (h^vait se proposer, d'abord d'ouvrir le réservoir, el ensuite si l'(,>xtirpatiou est par hasard reconnue possible au cours de la taille, d'enlever le néoplasme.

L'année suivante (IBS'i) M. (niyon (2) ])ublia deux leçons sur le traiteuK^nt chirurgical palliatif des hématuries et des douleurs dans les tuuumrs de la vessie, et une longue élude sur le diagnostic, dans laquelle notre maître écrit lui-même ce que ses élèves n'avaient fait qu'indiquer partiellement dans his travaux qu'il leur avait inspirés. C'est à partir de ce moment (|uc le diagnostic cliui([ue, par les seules ressources de l'analyse symptomati(pie, peut et doit être établi ; la méthode <pii y conduit a été créée ; ilés lors on était en droit, à l'aide d'un traitement devenu plus précis dans ces indications, d'entrevoir des guérisons durables.

Pousson (.'i\ dans une thèse remaripiable (1884), expose les idées de Guyon au point di' \ nr iqn raloirc ; cl, euq)runtant des arguments à Tanatomie et à la cliniijue, cond)at la boutonnière de Thomi)son an double ])oint de vue du diagnostic et du trailenumt. jNI. (iuyon revier\t lui-même sur celte question, en 1881), au Congrès IVan(;ais de chirurgie ; la taille hypogastrique, dont il n'a cessé de perl'ectionner la technique, est l'opération de choix (pii permet d'arriver sur les tumeurs de la vessi(^ et dv les (■\lirp(!i-. Dès lors et malgré la réponse de Thompson, le procès de la boutonnière périnéale était perdu en France, et bientôt les idées de Guyon, répandu(!S à l'étranger, gagnent à la cause delà titille hypogastrique lui grand nonilire de chirurgiens même parmi les Anglais et les Américains.

L(;s élèves de Guyon continuent les travaux de leui' maître ; eu

(1) MoMJi). Sor.clnriiri^ic, 2.5 juillet I«83.

(2) Guyon. Aiin. des mal. des org. gcii.-iiriii., p. 141 cl 45H,

(3) Pousson. Intervention chirurgicitlc dans le traitement ri le dia/^nnstic des tumeurs de la fcssie. Tli. !':ii'is, 1884.

PlililODE MODEnNE. DE GUVON A CE JOUI* 15

1885 paraissent : la thèse de Rollin (1) sur les hématuries et une revue de Halle (2) sur la taille hypogastrique. En 1886, Desnos (3) présente au Congrès de chirurgie un nouveau cas d'opération, et, la même année, Jamin (5) dans le Dictionnaire de Dechambre, écrit un bon article sur les tumeurs vésicales. Ce dernier auteur revient encore sur la question dans une revue critique (5) publiée l'année suivante, et s'élève contre les tendances chirurgicales alors dominantes en France ; pour lui les interventions opératoires ne doivent pas être guidées seulement par des symptômes alarmants : il faut opérer tôt pour obtenir des guérisons radicales. C'était revenir à la conduite que, dès le début, Bazy avait préconisée. Pousson (6) revient encore sur l'extirpation des tumeurs en 1885.

En dehors de l'école de Guyon les travaux sont rai'es en France. Heydenreich (7), en 1885, publie un travail dans lequel il ajoute aux 72 cas d'opérations réunis par Pousson 9 autres observations du travail de M. Hénocque (8) ; et il fait ressortir la gravité plus grande de l'opération chez l'homme que chez la femme.

Cette môme année. Reclus (9) publie un intéressant article, dans lequel se trouvent discutées les principales données de la question, et, l'année suivante, en 1885, Sabatier (10) étudie dans la Revue de Chirurgie 47 cas de tumeurs de la vessie enlevées par l'hypogastre ou par le périnée. Viennent ensuite les observations de Mollière (il), de Cornil et Reliquet (12), le cas, déjcà cité de Horteloup, et dans la môme année, les considérations sur le traitement des

(1) RoLLiN. De riiéinaturie dans les néoplasmes de la i'essie. Th. Paris, 1885.

(2) Halle. Ann. des mal des org. ^é/i.-urin., noyemhre 1885.

(3) Desnos. Congrès français de cidrurgie, 22 octobre 188G.

(4) jAMm. Art. Vessie, in Dict. Dechambre, vol. XXXIX, 1886.

(5) Jamin. Revue des Se. méd., vol. XXIX, p. 5, 1887.

(6) Pousson. Ann. des mal. des org. gén.-iirin., 1885, p. 528.

(7) HiîYDENREicH. Semaine médicale, 1885, p. 19.

(8) HÉNOCQUE. Gaz. hebdomadaire. 1884, p. 671.

(9) Reclus. Gaz hebd., 1884, n° 28.

(10) Sabatier. Rev. cliir., 1885, p. 575.

(11) D. MoLLiÈRE. Gaz. des hôpitau.r, 1886, p. lOlU.

(12) CoRNML et Reliquet. .Tournai des connaissances méd., 1836, p. 17, 27, 34, 42.

IG IIISTOIIIQI'I'

tumeurs do lu vessie, étude euiproiute d'un grand esjirit cliniijue, publiées par Follet (do Lille) (1).

Le professeur Guyon revient encore sur la ([uestion en 1887 (2) : il décrit alors son procédé pour la résection de la vessie de dedans en dehors.

Cette même année il publie ses belles leçons (3) sur la carcinosc prostato-pelvienne, séparant nettement, aussi bien au poinl do vuo du diagnostic cpi'à celui de l'anatomie pathologique, les néoplasmes de la vessie de ceux delà prostate. Un élève de Necker, Engelbach (4), consacre à la mémo question sa thèse inaugurale. Sans doute ces travaux n'ont pas été beaucoup lus à l'étranger; car aussi bien en Allemagne qu'en Italie ou en Autriche, les auteurs déclarent qu'entre le cancer de la prostate et celui de la vessie le diagnostic auatomique est difficile et le diagnostic clinique impossible.

En 1888, jNL Guyon publie ses Leçons sur les maladies de la vessie et de la prostate; un grand nombre de leçons est consacré aux tumeurs de la vessie qui sont étudiées longuement à tous les points do vuo : aujourd'iiui oncoro c(; livre contient la meilleure étude d'ousemblo qui ait été écrite sur les néoplasmes de la vessie.

Pendant ce temps on travaillait aussi à l'étranger : plus vite que nous, les chirurgiens allemands, bientôt suivis par les autrichiens, entraient dans la voie des opérations radicales. Les expériences de Vincent (5) en France, de Gluck (6), de Fischer (7), en Allemagne avaient montré la possibilité de la résection de la vessie. Peu de temps après, en 1884, Sonnenburg (8) fit la résection de la vessie chez l'homme ; il enleva par la voie intra-péritonéale presque tout le réservoir ou no conservant (]uo le trigono ; la malade vécut un mois.

(1) Foi-i.ET. Dull. iiicd. du Xoril, ISSG, p. 398.

(2) Guyon. Progrès médical, 1887.

(3) Guyon. Carcinose prostato-pelvienne. Bull, iiicd., 1887. j). 1339.

(4) Engelbach. Xéoplasmes malins de la prostate. Th. l';iiis, 1887.

(5) Vl^CE^T. Revue de cliir., juin 1881.

(6) Gluck. Stricl.er's mcd. /«Ar., juin 1881.

(7) FiscHEii. Arch. f. l./i/i. Chir., 1K81-82.

(8) Sonnenburg. Bcrl. Idin. Wocli., 1884, n" 52.

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