‹ Les tumeurs de la vessieChapitre 30 sur 128 · TUMEURS NÉES DU TISSU CON.IONCTIF · texte numérisé non relu

TUMEURS NÉES DU TISSU CON.IONCTIF

Je me borne à donner ces cliilFrcs sans entrer dans des détails de structure qui n'offrent rien de particulier à la vessie. Je ferai pourtant (picl(pics rrniarcjucs (|ui me paraissent ini|)(irtant('S, et j'insisterai surtout au sujet des rappoi'ls des sarcomes avec la membrane muqueuse.

Dans les deux cas de sarcome que j'ai étudiés au microscope, il s'agissait de la variété à cellules rondes; et, dans ces deux cas, j'ai r('mar(|U('', dans dc^s jtortions assez considérables do la pièce, que les cellules embryonnaires, au lieu de se trouver en contact les unes avec les autres comme dans les sarcomes ordinaires, se trouvaient séparées par une assez grande quantité de substanci; infercelbdaire, légèrement granuleuse, presque amorphe. Il y a là une véritable forme de passage, établissant la transition entre le sarcome endjryonnaire et le myxome ; ces deux variétés de tumeurs appartiennent du reste à la même famille histologique. Dans l'une de ces deux pièces (obs. 65), une ])artie du néoplasme présentait la strurlure du sarcome fascicule.

Thompson a décrit des fornuis de transition entre les papillomes et les sarcomes. Je m'expliquerai plus loin au sujet de la transfurmation des tumeurs bénignes en tumeurs malignes, sur ces foriiies intermédiaires qui me paraissent releviu' de simjjles inliltrations leucocytiques dues à l'inflammation des papillomes.

Dans la statistique de Thompson figure un cas, sur lequel l'auteur s'exprime ainsi : « La tumeur appartenait à cette variété cpe nous nommons en Angleterre chondrifying sarcoma ». La même observation étudiée au point de vue histologique a été publiée par Shattock dans la Pathological Society (1). Cet auteur ne donne pas de détails cliniques sur la tumeur qui fut enlevée par morceaux ; il nous apprend qu'il existait, en même temps, plusieurs papillomes dans la vessie. Ce curieux néoplasme était constitué, en partie par du cartilage très bien formé, en partie par du tissu sarcomateux. Ce dernier tissu contenait des éléments fusiformes et arrondis, et, en l'étudiant, on pouvait suivre l'évolution ordinaire de la formation des capsules de cartilage. La malade mourut 10 mois après l'opération, d'une récidive qui fut annoncée par des hématuries.

Les sarcomes, naissant du tissu conjonctif, sous-muqueux ou

(1) Shattock. Tv.of ilic Palli. Soc. London, 1887, p. 183.

GROUPE ATAVIQUE. SARCOMES 101

intermusculaire, repoussent la membrane muqueuse pour venir faire sailllie dans la ca^dté de la vessie. Dans certains cas, la muqueuse ne présente pas d'altération, elle suit les contours de la tumeur dont elle dessine les bosselures et il adhère assez intimement avec elle pour rendre impossible l'énucléation de la masse morbide. D'autres fois, la muqueuse présente un développement secondaire de papilles assez considérable, qui donne à la surface du sarcome un aspect villeux; et, dans ces papilles, le tissu axial peut être envahi par les cellules sarcomateuses.

Dans une troisième catégorie de faits, la membrane muqueuse subit dans son épithélium des altérations remarquables, sur lesquelles les auteurs n'ont pas insisté : je ne saurais indiquer, d'ailleurs, quelle est la fréquence de ces altérations, car je n'ai examiné moimême que deux sarcomes de la vessie ; mais je dois dire que, dans ces deux cas, les lésions secondaires de l'épithélium existaient à des degrés variables.

Chez le malade de l'observation 65, on ne peut, en effet, établir de limite entre la muqueuse et la masse néoplasique du sarcome embryonnaire qu'elle tapisse ; en un grand nombre de points, l'épithélium a complètement disparu et le tissu embryonnaire constitue la surface même de la tumeur ; ailleurs, et surtout au niveau des anfractuosités de la tumeur, l'épithélium est plus épais qu'à l'état normal et pousse de petits prolongements dans le tissu dunéoplasme.

La tumeur de la fillette qui porte le numéro 61 dans les observations, était aussi un sarcome embryonnaire constitué par des végétations polypoïdes oiîrant à l'examen macroscopique les plus grandes analogies avec celles que représente la planche IX. Ces végétations lisses, qui font partie du sarcome, se trouvent recouvertes par une couche d'épithélium semblable à l'épithélium vésical ; mais, en plusieurs endroits, on peut voir, en continuité plus ou moins directe avec cet épithélium de revêtement, toute une série de formations adénoïdes à revêtement épithélial cylindrique, qui rappellent les glandes de la vessie normale. L'irritation déterminée par le néoplasme a été, ici, assez intense pour donner lieu à une prolifération glandulaire rappelant assez bien les adénomes vésipaux que j'ai décrits plus haut.

OBSERVATIONS DE SARCOME DE LA VESSIE

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