‹ Les tumeurs de la vessieChapitre 29 sur 128 · II. TLMEUHS NKKS DU TISSL" CONJONCTIF · texte numérisé non relu

II. TLMEUHS NKKS DU TISSL" CONJONCTIF

J'étudierai successivement dans des chapitres distincts : 1° les sarcomes; 2° les myxomes et fihro-myxomes; 3° les fibromes; les deux premières variétés appartiennent à des néoplasics ataviques, embryonnaires ; la dernière est une variété formée par du tissu adulte.

1° — Uroiipc atavique.

A. — Sarcomes.

Les auteurs émettent sur la fréquence du sarcome de la vessie des appréciations fort dill'érentes. Dans ses leçons, M. Guyon (1) ne parle que d'un seul cas, observé à l'autopsie, mais il nous dit, que, dans un mémoire inédit de M. Clado (1886) cet auteur a pu recueillir 20 observations de sarcome. Sperling (de Berlin) note, en 1883, 13 sarcomes sur 120 observations de tumeurs de la vessie (2). Stein (de New- York) ne relève que cinq cas de sarcome (3). Kûster (4), qui écrit en 1886, n'accepte que cinq cas de sarcome démontrés à cette époque et considère ces tumeurs comme fort rares. La même opinion est exprimée par Antal (5) et par Ultzmann (6). Dittricli (7) ajoute aux cinq cas admis par Kiister, 9 autres provenant d'auteurs différents et deux observations personnelles. Hinterstoisser (8) passe aussi une rapide revue des cas publiés et en ajoute un personnel. D'après cet auteur, Fenwick considère le sarcome comme une tumeur assez fréquente chez les

(1) Guyon. Loc. cit., p. 30û.

(2) Sperling. Loc. cit., p. 47.

(3) Stein. Loc. cit.

(4) KusTER. Loc. cit., p. 235L

(5) Antal. Loc. cit.

(G) Ultzmann. Loc. cit., p. 314.

|7) DiTTRicii. Prager med. Wocli., 27 novembre 1889.

(8) Hinterstoisser. Berl. Icliii. Wocli., 1890, p. 304.

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enfants et chez les vieillards. Dans la statistique de Thompson, donnée au Congrès de Berlin de 1890, on trouve 3 cas sur 41 tumeurs opérées. Southam (1) est l'auteur qui donne aux sarcomes la plus grande fréquence relative puisqu'il en compte 6 sur 18 observations personnelles; j'avoue n'avoir pas trouvé, dans ce long travail, des observations suffisamment détaillées pour justifier un chiffre aussi différent de celui donné par les autres auteurs.

Sur les 89 cas de tumeurs de la vessie que j'ai examinées moimême au microscope, je ne trouve que deux sarcomes. Ces tumeurs me paraissent donc loin d'être communes, et j'ai été obligé de réunir les cas publiés par les auteurs pour en donner une description. Sous forme de tableau j'ai annexé à ce chapitre les 52 observations de sarcome de la vessie que j'ai pu rassembler. Autant que possible, je n'ai inscrit dans ce tableau que les observations où l'examen histologique parait avoir été bien fait. En tout cas, j'ai éliminé les faits intitulés « sarcome » où le diagnostic avait été simplement établi par l'examen de fragments expulsés avec l'urine, et l'on ne s'étonnera point d'une élimination aussi sévère, si l'on réfléchit qu'il est presque impossible de faire la distinction, par l'examen d'un simple fragment, entre un sarcome embryonnaire et une infiltration lymphoïde d'un fibrome ou d'une frange papillaire.

Caractères macroscopiques. — Siège. — Sur 49 observations, dans lesquelles le siège du néoplasme est indiqué, je trouve:

Trigone seul envahi 3 fois

Trigone et parties voisines 11 —

Paroi postérieure ou latérales sans le trigone 25 —

Paroi antérieure seule 8 ■ —

Envahissement de la paroi antérieure en

même temps que d'autres régions 2 —

Comme on le voit, ces constatations ne diffèrent pas beaucoup de celles que nous avons faites à propos des tumeurs épithéliales : comme pour ces dernières, on trouve que le sarcome siège de préférence dans la paroi postérieure et dans le segment inférieur de la

(1) Southam. Médical cronicle, 1888, p. 177.

ALEATUIAN. 7

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vessie. Comme je l'ai déjà l'ait, eu étudiant les tumeurs épithéliides, je ferai remarquer que très souvent le trigone n'est pas envahi et que la paroi antérieure est plus fréquemment atteinte qu'on ne le pense généralement. 11 semble même que la paroi antérieure seule soit plus l'ré(pu'nunont t'uvaliie dans le; sarcome que dans l'épitliélioma puisque sur 49 observations S fois le sarcome y était inq)lanté. Très fré(iuemment aussi les sarcomes, comme les tumeurs épitliéliales, siègent dans le voisinage des orifices uretéraux; c'est ainsi que, dans plusieurs observations, il est indiqué que la compression de l'uretère avait donné lieu à une liydninépiirose.

Confonnation crtérieiire. — Les sarcomes se présentent sous des formes macroscopiques varices qui rappellent celles des tumeurs épithéliales à ce point (pie le diagnostic ne peut être établi à l'ceil nu; il faut avoir recours au microscope. En général, cependant, les sarcomes présentent moins de villosités que les autres tumeurs.

Sur 51 cas de sarcome où la forme e.st indiquée, je trouve 15 tumeurs pédiculées; 21 sessiles et 15 infiltrées. Les sarcomes pédicules sont donc moins fréquents que les tumeurs épithéliales ayant la même forme macroscopique. Je dois encore ajouter en faveur de cette constatation (pie, sur les 15 tumeurs pédiculées, plus d'une parait appartenir, plutôt tpi'à de vrais sarcomes, aux variétés de tumeurs épithéliales dont le stroma serait infiltré de cellules lymphatiques, par le fait de rinflammalion. Les sarcomes de la vessie se présentent habituellement comme des tumeurs sessiles ou infiltrées, et, plus rarement, pédiculées à surface lisse ou bosselée, (pielquefois villeuse, de couleur rosée ou rouge et de consistance molle. 11 est rare que ces tumeurs offrent une ulcération à leur surface, mais assez souvent elles envahissent toute l'épaisseur de la paroi vésicale. Cet envahissement a été considéré comme assez rare par les auteurs, et INI. Clado ne le signale que dans 2 observations. Je ne l'ai vu mentionné qu'une fois par Southam, qui a vu, dans un cas de sarcome de la vessie, une perforation du réservoir avec péritonite consécutive ; deux fois par Dittrich, et dans les observations de Senftleben, de Hue, de Nicolich et de Hinterstoisser, de Chiari, de Whitehead et de Bernstein. Nous arrivons ainsi au chiffre àv 10 observations où l'envahissement de la paroi vésicale par le sarcome est noté par les

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auteurs. Dans cinq autres cas, cette pénétration des éléments embryonnaires est probable, mais les détails manquent.

Dans plusieurs de ces observations de sarcomes infiltrés, on note la propagation à des organes voisins ; dans une observation de Dittrich la prostate était envahie secondairement, et le même auteur a vu chez une femme la paroi vaginale attaquée par le néoplasme en même temps que des noyaux sarcomateux s'étaient développés dans le gros intestin ; dans l'observation de JXicolich, la tumeur s'était propagée à la prostate. Arcy Power note la propagation au rectum et, dans l'observation de Hue, il est indiqué que les parties voisines de la vessie avaient subi la dégénérescence sarcomateuse. La propagation ganglionnaire elle-même et la généralisation sont possibles (Guyon, Senftleben, Williams, Chiari, Dittrich). Marchand signale la généralisation aux poumons, Alonant Baker à la plèA^re et au foie.

Variétés histologiques. — Les variétés de sarcome le plus souvent rencontrées sont le sarcome embryonnaire et le sarcome fusocellulaire, mais on peut aussi se trouver en présence de tumeurs plus rares, comme le sarcome à cellules géantes observé par Weichselbaum (i) ou le sarcome télangiectasique décrit par Ebstein.

Sur 46 cas dont la structure histologique est connue avec assez de détails, je trouve :

Sarcome rondo-cellulaire 19

— fuso-cellulaire 7

— mixte 4

Lympho-sarcome 3

Sarcome alvéolaire 3

Fibrosarcome 4

Myxo-sarcome 1

Myosarcome 2

Sarcome à cellules géantes 1

— télangiectasique 1

— chondrifiant 1

(1) Ce cas est cité par Dittrich ; je n'ai pu lire moi-même le travail de Weichselbaum.

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