‹ Les tumeurs de la vessieChapitre 46 sur 128 · KYSTES HYDATIQUES DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

KYSTES HYDATIQUES DE LA VESSIE

culaire de la vessie. Pour démontrer le siège intra-musculaire du kyste, il aurait fallu constater, sur sa face externe, la présence de fibres musculaires, et l'auteur ne nous dit pas que cette constatation ait été faite.

Des objections semblables peuvent être adressées à l'observation de Morand (1) dans laquelle cet auteur reconnaît que le kyste était compris entre la séreuse et la musculeuse, et aux observations de Richter, de Berbick, de Mosnet et Boinet, de Ilabershon, de Hern, de Zichy Woisnarsky, de Whitecombe, de Bouley et de Bçun, citées par ]M. Legrand. Dans toutes ces observations, il est question de kystes, tantôt simplement accolés à la A^'essie, tantôt adhérents à cet organe. Ils rentrent dans la catégorie des kystes souspéritonéaux décrits par M. Charcot.

Je néglig-c les deux observations de Thompson et de Bouley parce qu'on ne put déterminer le siège du kyste ni par une opération ni par l'autopsie. Le cas de Fenwick cité plus haut était un simple kyste sous-péritonéal.

Il ne reste en somme que deux observations qui peuvent être regardées comme de vrais kystes hydatiques de la vessie ; l'une est due à Pize (2) ; l'autre, déjà très ancienne, a été rapportée par Le Sauvage (3).

Dans l'observation de Pize, on trouva à l'autopsie d'un cadavre, qui avait plusieurs kystes hydatiques de l'abdomen, un de ces kystes situé tout à fait au sommet de la vessie ; sur la face postérieure du réservoir existaient aussi plusieurs kystes contenant des hydatides. Ces tumeurs s'étaient développées, dit Pize, dans les parois mêmes de l'organe, au-dessous du péritoine qui les tapissait. On pourrait encore penser qu'il s'agit là d'un kyste développé dans le tissu cellulaire sous-péritonéal.

Dans l'observation de Le Sauvage, qui me paraît être la seule concluante, il s'agit aussi d'un cadavre ayant plusieurs kystes

(1) Morand. Méin. de l'Acad. royale des Sciences, 1722, p. 1.58.

(2) Pize. Bull, de la Soc. anat., 1853, p. 76.

(3) Le Sauvage. Bull, de la Faculté de mcd. de Paris, 1812-1813, cité par Legrand, th., p. 47.

KYSTtS HVDATIOVES DE LA VESSIE

jiljdoiuinaux. Une de ces tumeurs était située entre l<i vessie et le rectum cl avait donné lieu pendant la vie à des accidents de rétention d'urine ; ce kyste finit ])ar s'ouvrir dans la vessie, et, à l'autopsie, on constata que « l'arriére-cavité qui répondait à la ])aroi antérieure du rectum était formée aux dépens du corps même de la vessie, et les libres muscul.aires y étaient aussi apparentes ([u'à l'intérieur de la cavité piiiuipalc ». Ces détails j)araissent hien en rapport avec un kyste dévidoppé avi-dessous de la mu([ueuse vésicale.et secondairement ouvert dans la cavité de. la vessie.

Ces quelques mots doivent sulïire, je crois, pour nous convaincre de la rareté des kystes hydatiques de la vessie. Presque toujours il s'agit, comme l'avait bien vu Gharcot, de kystes développés dans le tissu cellulaire sous-péritonéal ; le plus souvent d'ailleurs ces tumeurs existent en même temps dans les autres organes de la cavité abdominale (foie, épiploon, etc.), et dans le tissu cellulaire périvésical, plus fréquemment en arrière, entre la vessie et le recliim. Ces kystes peuvent apporter un obstacle mécanique à l'écoulement des urines (rétention, incontinence) et peuvent d'ailleurs s'ouvrir dans l'intérieur de la vessie.

En résumé, le seul cas publié qui paraisse être indul)itai)lcnient un kyste intra-vésical, placé entre la muqueuse et la musculeuse, est celui publié par Le Sauvage.

J'ai vu moi-même deux cas de kystes hydatiques périvésicaux adhérents à la vessie. Le premier a été publié par JL Tuflier (1) qui l'opéra avec succès par la laparotomie. Ce kyste siégeait entre la vessie et le rectum et venait faire saillie à l'hj'pogastre. Le second cas, tout récent, est celui d'un malade qui se trouve encore actuellement dans le service de ^L Guyon. 11 s'agit encore ici d'un kyste hydatique rétro-vésical que j'avais diagnostiqué avant toute intervention, et que mon maître, M. Segond, opéra par le périnée : une incision prérectale à concavité postérieure, lui permit de séparer au bistouri le rectum de la prostate et d'ouvrir largement le kyste dont le point le plus déclive se trouvait un peu au-dessus de la base

(1) TuFFiER. Congrès Français de Chirurgie, 1891, p. 569.

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