‹ Les Tumeurs Du Ligament Rond De L'UtérusChapitre 12 sur 38 · III. — Pathogénie · texte numérisé non relu

III. — Pathogénie

A. — Fibromes.

Rien ne nous autorise à incriminer, avec Sänger, les déplacements de l'utérus et les tiraillements des ligaments ronds. Si, en effet, les fibromes du ligament rond sont plus fréquents chez les multipares, nous devons remarquer avec Delbet que « les femmes qui ont eu des enfants sont, somme toute, plus nombreuses que celles qui n’en ont pas eu » et il nous semble que les ligaments ronds ne peuvent pas être plus tiraillés que pendant la grossesse, D’autre part, si l’on admet l’explication de Sänger, on devrait trouver chez les femmes ayant eu une opération portant sur ces ligaments (en particulier l'opération d’Alquié-Alexander) assez fréquemment des fibromes; or, à notre connaissance, le fait ne s’est jamais produit.

Pour Duplay, il y a, de proche en proche, néoformation de fibres lisses, soit par division de la fibre cellulaire existante, soit par transformation directe des cellules embryonnaires, que l’on rencontre parfois dans les tissus fibreux de ces tumeurs et le long des faisceaux musculaires. Ceci nous rapproche de la loi de Conheim, soutenue par Delbet : « Le développement des tumeurs est dû à une prolifération tardive de cellules embryonnaires restées somnolentes au sein de tissus adultes. » Il est bien certain que le canal péritonéo-vaginal du côté droit est plus exposé que celui du côté gauche aux anomalies; la plus grande fréquence des hernies congénitales, à droite, du canal inguinal, en fait foi. On peut se demander si le ligament rond, qui est étroitement uni au canal péritonéo-vaginal chez la femme, ne participe pas dans une cerfaine mesure à ces anomalies, et si ces anomalies ne jouent pas un rôle dans la pathogénie des tumeurs en question.

Enfin, nous avons encore une autre explication à donner. Il existerait au début une lésion inflammatoire des petits

vaisseaux marquée par du gonflement de l’endothélium et de la prolifération des cellules rondes périphériques. De cette prolifération naîtront des cellules conjonctives et des fibres musculaires, qui seront à l’origine de la tumeur.

Les fibres musculaires des fibromyomes du ligament rond sont toujours des fibres lisses. Or, il est classique de dire que celles-ci se rencontrent uniquement dans la portion intraabdominale du ligament rond, les fibres striées étant exclusivement pariétales. D’après Roustan, les tumeurs du ligament rond semblent toutes d’origine intra-abdominale, puis émigrent vers le canal inguinal. A l’appui de cette thèse, on peut citer le cas de la malade de Heydemann, qui vit apparaître sa tumeur à la suite d’un effort violent, et celui de la malade de Guinard, dont nous citons plus loin l’observation : les tumeurs étaient toutes apparues successivement, « comme si elles étaient sorties du ventre ».

A l’appui de cette thèse, on peut citer également l’exemple des lipomes migrateurs.

B. — Adénomyomes.

Il existe deux grandes classes de localisation de l’adénomyome : localisation pelvienne et localisation extra-pelvienne.

L’adénomyome est une tumeur bénigne qui ne produit jamais de métastases ni de généralisation à distance. Il procède par dissociation et non par invasion, comme une tumeur maligne.

Les théories pathogéniques sont nombreuses :

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