‹ Les tumeurs du reinChapitre 33 sur 161 · XI. — p · texte numérisé non relu

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Le cancer du rein est toujours mortel, mais son évolution présente, suivant les malades, de très grandes différences. Cbez l'enfant, l'évolution est habituellement rapide et progressive; chez l'adulte, et surtout chez le vieillard, il est fréquent de voir plusieurs années s'écouler entre rap[)arition du premier symp-

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lômc révélateur et la cachexie terminale : cette considération doit fortement inlluer sur les déterminations opératoires.

Il n'est pas rare de trouver des observations dans lesquelles la tumeur a duré de nombreuses années. Dans un cas d'Ulrich, il s'agissait d'une strume surrénale maligne se prolongeant dans le bassinet et la veine rénale; elle mesurait 1(» centimètres sur 17 et fut enlevée par la néphrectomie, en 1894 ; or, les douleurs étaient apparues, à titre de premier symptôme, en 1870, vingtquatre ans avant l'opération, tandis que les hématuries dataient de 1893, un an auparavant. Askanazy rapporte l'histoire d'un malade qui, à l'âge de 20 ans, présenta les symptômes d'une tumeur rénale; le néoplasme resta ensuite sans donner lieu à aucun phénomène et les symptômes reparurent lorsque le malade était âgé de 55 ans. Dans le cas publié par Loumeau, une femme de 47 ans ressentait des douleurs rénales depuis quinze ans. Dans les observations de Stûwe et d'Albarran, les douleurs rénales avaient commencé 20 ans auparavant. Une observation de Cartier concerne un homme de 55 ans qui, depuis dix ans, était atteint de douleurs et de varicocèle; les hématuries avaient apparu depuis huit ans : la tumeur avait le volume d'une tête d'adulte et malgré cela, l'état général était encore excellent. Hildebrandt parle d'un malade dont les premières hématuries furent séparées par un intervalle de huit ans.

Il ne nous paraît pas douteux que, chez quelques-uns des malades dont nous venons de parler, et dans d'autres cas analogues, il n'y ait des réserves à faire au point de vue de la néoplasie. Si on admet que certains adénomes d'origine rénale puissent tardivement prendre les allures rapides du carcinome, si la même transformation est possible dans les hypernéphromes, il faut penser aussi à la coexistence d'autres maladies rénales, développées avant le cancer et dont les symptômes ont pu être attribués au néoplasme; il en est ainsi de certaines néphrites liématuriques, de quelques calculs rénaux, etc. D'autres fois, l'erreur de diagnostic paraît probable ; tel le malade d'Andrews dont la tumeur cancéreuse aurait évolué en quatorze années et qui paraît très probablement avoir été atteint de tuberculose.

Chez d'autres malades, comme celui de Carlier, il ne paraît

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pas douteux que la lumeur ail évolué ti'ès lentement, et Tun de nous a connu deux malades qui étaient encore en état de vaquei- à leurs occupations trois et cinq ans après que nous avions constaté, avec M. Guyon, de très grosses tumeurs du rein. Même chez reniant, Manassc rapporte le fait d une tumeur ayant 25 centimètres sur 15, qui était apparue 4 ans auparavant.

En présence de ces cas, qui atténuent dans une certaine mesure la gravité du pronostic, d'autant plus qu'il s'agit de malades plus âgés, on comprend que les chirurgiens se soient demandé, s'il convenait vraiment de procéder à une intervention opératoire dont la gravité demeure encore très grande. Aussi a-t-on cherché à établir avec précision quelle était la durée moyenne de la survie après l'apparition du premieisymptôme.

Les statistiques sont assez nombreuses : celle de Guillet porte sur malades. Il est vrai qu'il a séparé les sarcomes des carcinomes; nous avons vu déjà ce qu'il fallait penser de ces distinctions, tel auteur nommant sarcome ou angiosarcome ce que tel autre appelle strume ou cancer; nous nous conformerons néanmoins à cette règle, sans nous faire aucune illusion sur son caractère très artificiel. Donc Guillet, sur 55 malades atteints de carcinome, trouve que la durée a varié de 5 mois à 10 ans.

Au-dessous de 1 an q

De 1 à 4 ans K;

De 4 à JO ans 5

10 ans et au-dessus 6

En prenant la moyenne on arriverait à conclure que la durée du carcinome du rein est de 4 ans et demi : mais quelques-uns de ces chiffres étant un peu exagérés, Guillet propose de la réduire à 5 ans et demi. D'autre part, il faut se souvenir que nombre de malades insoucieux ou négligents ne s'aperçoivent de leur affection que longtemps après sa première manifestation apparente. Assurément le début pratique d'une maladie ne doit être noté que du jour de la constatation du premier sym- })tôme. Cependant tel malade peut laisser passer inaperçue une première hématurie et ne lui accorder aucune importance et l'on peut bien dire cependant que le début clinique de la

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tumeur date de ce jour. On ne peut s'empêcher de penser qu'il doit en être ainsi pour quelques-uns des 0 cas de Guillet dont la durée a été inférieure à un an, et pour le malade de Delestre et Raimond qui mourut 4 mois après l'apparition des hématuries.

Quant aux sarcomes, Guillet pense que leur durée est un peu plus longue que celle du carcinome : bien que ne donnant pas de statistique, il l'évalue à 5 ou 6 ans.

Nos recherches nous donnent les résultats suivants, classés suivant la variété anatomo-pathologiquc, avec les réserves déjà faites et comprenant la durée de la maladie depuis l'apparilion du premier symptôme jusqu'à l'opération ou la mort. La très grande majorité des cas que nous avons rassemblés concerne des opérés. La durée de la maladie est dans ces cas, habituellement de 1 à 5 ans, rarement de 5 à 4 ans, exceptionnellement de plus de 4 ans. La durée moyenne jusqu'à la mort spontanée est de 5 à 5 ans.

(Voir le tableau ci-contre, page 292) :

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