I. — Papillomes
Parmi les tumeurs épithéliales primitives du bassinel el de l'uretère ([uenous avons réunies, 22 paraissent êlre de vrais papillomes; plusieurs autres cas décrits i)ar leurs auteurs comme des papillomes n'étaient en réalité que des néoi)lasies en voie de transition épilliéliomateuse. Les observations de
NÉOPLASMES KPITHKLI AUX.
[)n|)illomos vi-ais sont celles de Rayer, Lebei't, Lancereaiix, Murcliisoii, Neelseii; les cas de Guy's llospital, de Kohlratli, Roberts et Morgan, KaulTmann, Jebens, Tliornton, Le Dciitu et Alban-an, Fcnwick, Ileresco, Ricard, Albarran, Roux : probablement aussi étaient des papillomes les tumeurs de Ilebb, Kellock, Gould, Rillroth et uu cas du musée de University Collège.
I" Siège. — Les papillomes se développent primitivement au niveau du bassinet et plus rarement ils débutent dans Tintérieu de Turetère : fréquemment une tumeur née dans le bassinet S( l)ropage à l'uretère.
Dans les 0 observations de Lebert, Guy's llospital, Murcbison, Roberts et Morgan, Kellock, Gould, University Collège, Rillroth et Ricard, le bassinet était le siège du néoplasme qu; ne se propageait pas à Turetcre. Dans les 7 cas de Rayer Ivohlrath, Lancereaux, Tliornton, Fenwick, Roux et Hebb, le bassinet et l'uretère étaient atteints en même temps.
La localisation primitivement urétérale des papillomes est notée dans les 6 observations de Neelsen, Kauffmann, Jebens, Albarran et Le Dentu, Heresco et Albarran; sauf dans le cas de Jebens où la Inmeur siégait à 9 centimètres de la vessie, on voit de préférence la localisation aux deux extrémités du conduit : dans le cas de Neelsen à l'extrémité supérieure et au niveau de l'orifice urétéral, dans celui de Kauiïmann à la partie inférieure de l'urel ère et au niveau de l'orilice dans la vessie; dans celui de Le Dentu et All)arran aux deux extrémités supérieure et inférieure de l'uretère avec intégrité de la ])arlie moyenne; dans cenx d'Ileresco et d'Albarran à l'extrémité inférieure de l'uretère. Lorsque la tumeur née dans le bassinet se propage à l'uretère, l'invasion du conduit peut se limiter à sa partie supérieure (cas de Koblratb, (]c Rayer, de Thornton) ou s'étendre à toute la mucjueuse urétérale (Lancereaux, Fenwick, Hebb).
T Nombre, aspect. — La miupieusc du bassinet ou de l'uretère peut être simplement couverte de fines villosités dont les touffes plus serrées constituent par places de petites tumeurs. Plus souvent on trouve plusieurs néoplasmes distincts, s'implantant sur la mu([ueuse par un pédicule et s'épanouissant en forme de chou-fleur ; A côté d'une masse |)rincipale on trouve
NÉOPLASMES DU BASSINET ET DE L'URETKRE.
d'aulros lumcurs plus ou moins développées que séparent des intervalles de muqueuse saine. Examinés sur place, les néoplasmes forment des masses molles, mamelonnées, rouges ou g-risàlres, dont la surface est glissante comme si elle était recouverte de mucus. Lorsqu'on plonge la pièce dans Teau, on voit que ces tumeurs sont constituées par des masses ai-horescentes, ramifiées, papillaires : ce n'est (ju'après immersion dans Teau qu'on peut voir les fines villosités, i)arfois fort longues, qui tapissent la muqueuse sans constituer de véritables tun eurs.
D'autres fois les tumeurs papillaires ressemblent à de petits polypes pédiculés dont la surface est plus ou moins irrégulière; ces tumeurs pédiculées et non villeuscs paraissent être assez souvent uniques.
Propagation. — • Les tumeurs qui conservent la structure papillaire simple, sans transformation épitliéliomateuse, sont des néoplasies bénignes (|ui n'infiltrent pas les parois des conduits et n'envahissent pas le système ganglionnaire. Elles ne peuvent se propager que le long de la muqueuse urinaire, par véritable greffe des parcelles détachées de la tumeur principah'. Nous avons vu la fréquence de l'envahissement direct de Turetère par progression d'un papillome du bassinet et nous avons dit que, parfois, les touffes néoplasiques siègent dans la partie supérieure et inférieure» de l'uretère avec intégrité de la partie moyenne. Parfois encore la vessie elle-mônie est envahie lorsque le bassinet seul est pris, comme dans le cas de Murchison, ou, comme dans celui de Neelsen, lorsque la tumeur primitive siège au niveau de la partie supérieure de rui-etère. L'envahissement vésical peut d'ailleurs se voir par propagation directe comme dans l'oliservation de Kauffmann,
Nous verrons, en étudiant les épithéliomas pa})illaires, que dans cette variété de tumeur on peut ol)server aussi le long de la muqueuse de l'uretèi-e et jusque dans la vessie des formations néoplasiques secondaires avec intégrité d'une portion de la muqueuse entre ces néoplasmes et ceux qui siègent [)lus haut.
A côté de la j)ropagation par continuité nous devons admettre de véritables greffes néoplasiques, analogues à celles qu'on observe parfois dans les tumeurs de la vessie et qu'on trouve particulièrement dans les néoplasmes villeux. L'un
NÉOPLASMES ÉPITHÉLIAUX.
de nous ' a insisté autrefois sur ces greffes des néoplasmes vésicaux, qui s'observent au niveau où la muqueuse saine se trouve en contact avec la tumeur. On comprend facilement que dans les tumeurs du bassinet et de l'uretère, les cellules néoplasiques entraînées par l'urine puissent se greffer dans toute l'étendue de l'uretère, ou que, arrêtées seulement au niveau du point rétréci du conduit qui correspond à son entrée dans la paroi vésicale, ce soit à ce niveau que se développe la tumeur secondaire. Chez ces malades, d'ailleurs, la greffe est d'autant plus facile que l'existence même du néoplasme primitif démontre la vitalité anormale des épithéliums.
4" Structure. — Les papillomes du bassinet et de l'uretère, très analogues à ceux de la vessie, sont, presque toujours, des tumeurs villeuses, formées par un axe conjonctif ramifié qui constitue la cbarpente de la tumeur; recouvrant les villosités, une couche épithéliale d'épaisseur variable complète le néoplasme.
L'axe conjonctif est en continuité directe avec le tissu sousmuqueux du bassinet ou de l'uretère, et contient parfois, près de son point d'implantation, des cellules musculaires lisses; dans ce tissu conjonctif, et se ramifiant avec lui, montent des vaisseaux sanguins fort développés, à parois très minces. Dans les plus fines villosités, le capillaire central peut être très dilaté, et ne se trouve guère séparé de l'épithélium de revêtement que par de minces fibrilles conjonctives. La couche épithéliale de revêtement présente une épaisseur très variable; entourant un axe conjonctif mince, on voit par places plusieurs assises de cellules épithéliales ; ailleurs, ces cellules se sont desquamées, et la villosité avec ses divisions apparaît à nu. Les cellules épithéliales sont allongées, de forme cylindrique plus ou moins régulière; certaines d'entre elles, surtout dans les couches les plus profondes, présentent un prolongement caudal filiforme.
Lorsqu'on examine histologiquement ces tumeurs, on peut parfois rencontrer, suivant les incidences de la coupe, des amas épithéliaux qui peuvent faire croire à une transformation maligne : une étude attentive de la pièce suffit presque toujours à éviter l'erreur. On commettra plus facilement l'erreur inverse