‹ Les tumeurs du reinChapitre 71 sur 161 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

KYSTES DU REIN

Il n'est pas rare, dans les autopsies, de trouver dans les reins des cavités kystiques de nombre et de volume variables. Ordinairement il s agit de petits kystes qui ne méritent pas le nom de tumeur, et qui du reste ne sont pas appréciables à l'examen clinique. Mais dans d'autres cas, le volume de ces productions peut devenir considérable, soit par le développement prépondérant ou même unique d'une cavité, soit par la juxtaposition d'une foule de petits kystes qui s'accumulent en quelque sorte sur lorgane atteint. Il en résulte alors une augmentation de volume telle que lorgane devient accessible à la palpation sous la forme d'une véritable tumeur abdominale. On comprend que, dans ces conditions, une intervention chirurgicale puisse s'imposer.

Il y a donc des variétés différentes de kystes du rein.

Nous mettrons d'abord de côté les kystes liyda tiques et les kystes dermoïdes dont l'individualité ne saurait prêter à la discussion. ^

On trouve souvent à l'autopsie des sujets morts de diverses affections, à la surface des reins, des petits kystes, gros ordinairement comme une lentille ou un pois, situés sous la capsule du rein, dont le nombre est variable, mais jamais très grand Ce sont les kystes, bien connus depuis longtemps, d(^ la nc^phrile interstitielle; ils ne présentent aucun intérêt chirurgical, mais ils prêtent à quelques considérations intéressantes i c'est pour cela que nouis leur consacrerons un court chapitre.

F^YSTES DU REIN.

Parmi les autres formes, il en est une qui est caractérisée par le développement excessif d'un seul kyste : ce dernier évolue sur le rein dont il égale rapidement le volume pour le dépasser largement dans bien des cas. Il s'agit là d'une tumeur analogue à celles que l'on rencontre sur d'autres organes, et dont la constatation est aisée. Mais quelquefois ce n'est pas une seule tumeur qui se développe, il y en a généralement 2, 5, 4, jusqu'à 6 ou 7 ; parfois leur nombre est plus considérable. Serait-il légitime de créer une variété de rein pauciloculaire ; nous ne le pensons pas, car chacun de ces kystes ressemble par son aspect et ses caractères microscopiques au kyste unique dont nous venons de parler. D'autre part il diffère, comme on le verra plus loin, de ces kystes multiples qui parsèment le rein, non plus par unités, mais par douzaines et même par centaines. Nous rangerons donc dans une seule catégorie les kystes du rein uni et pauciloculaires.

Enlin on rencontre quelquefois des reins volumineux, farcis de cavités kystiques, qui se trouvent souvent réparties sur les deux organes. C'est là le véritable rein polykystique, pour lequel on a proposé bien des explications et dont la pathogénie demeure encore, malgré tout, pleine d'obscurités. On rencontre ces lésions à deux époques bien différentes : chez les nouveau-nés qui sont souvent des mort-nés, et à l'âge adulte, de 40 à 50 ans; les deux affections se ressemblent et relèvent probablement d'une origine commune; mais d'autre part elles méritent une étude séparée, ne serait-ce que par la possibilité, chez l'adulte, de suivre l'affection et de la combattre chirurgicalement. On avait cru, jusqu'à ces dernières années, qu'il n'y avait pas d'intermédiaire, entre la maladie des nouveaunés et celle de l'adulte ; mais nous montrerons plus loin que le rein polykystique chez l'enfant, pour être rare, n'en existe pas moins ; c'est pour cela que nous avons cru devoir rompre avec l'habitude des classiques et décrire sommairement une troisième variété de rein polykystique, celui qui se rencontre chez les enfants.

Nous avons donc en somme 5 variétés de kystes du rein :

A) Les kystes des néphrites;

B) Les kystes uni- ou pauciloculaires, habituellement nom-

més kystes séreux;

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