CHAPITRE IV
SYMPTOMES
Le (h'hul est généralement insidieux; ce n'est que lorsque la tumeur a acquis un certain volume qu'elle détermine une saillie facilement appréciable pour le malade ou qu'elle gêne quelque fonction; dans d'autres circonstances, l'attention du malade est attirée par les douleurs éprouvées dans la région rénale ; parfois les symptômes de compression peuvent ouvrir la scène; il s'agit ordinairement de compressions veineuses et d'œdème du membre inférieur. Enfin, il est des cas oia la maladie s'est révélée pour la première fois au médecin qui explorait son sujet pour une autre raison. En somme sur 38 cas, dans lesquels le mode de début est exactement noté, la tumeur ou l'augmentation du volume du ventre a été 50 fois le symptôme initial ; (S fois seulement la lésion s'est manifestée tout d'abord par des douleurs.
Les caractèros de la linnciw n'ont rien de ])ien spécial. On reconnaît à la palpation une tuméfaction quelquefois très prononcée ; souvent même, par la simple inspection on constate cette voussure de la région rénale qui peut même soulever la paroi llioracique. La surface de la tumeur est parfois régulière, ressemblant à un rein; mais ordinairement elle présente des inégalités, des voussures irrégulières; la consistance ellemême en est variable. Ici dure, en un autre endroit mollasse, souple ailleurs au point de faire croire à une poche liquide, elle correspond bien aux diverses modalités que nous avons étudiées au cha})itre précédent. Terrier et Guillemain visant surtout les lipomes, attachent cependant une r(''ellc importance à ces caractères tirés de l'examen de la tumeur; ce n'est, disentils, ni la rénitence, ni la fluctuation des tumeurs liquides; et ce n'est pas davantage la dureté des autres tumeurs solides de l'alidomen; la consistance est mollasse et en somme assez caractéristique. Le ventre est pointu en avant plutôt qu'étalé.
Au d(>but, la tumeur occupe la région lombaire; mais il est exceptionnel qu'on l'observe à ce moment; ))lus tard elle s'accroîten i-cfoulant les organes environnants; elle repousse le foie en haut avec le diaphragme, rejette l'intestin en dedans, la rate en dehors; dans le cas de Galimir, la rate était refoulée contre la face inférieure du diaphragme; l'utérus peut être déplacé en anté ou rétrodéviation. En ce qui concerne le gros intestin, nous avons étudié plus haut ses déplacements. Nous avons vu qu'au début la tumeur, tout entière rétropéritonéale, se trouve recouverte par les anses intestinales et par conséquent séparée par une zone sonore de la paroi abdominale antérieure; elle a alors les caractères d'une tumeur du mésentère. Plus tard, l'intestin grêle étant rejeté de côté par la masse progressivement croissante de la tumeur, celle-ci n'est plus recouverte que par le côlon. Les caractères à la percussion : matité avec zone moyenne sonore, rappellent alors ceux des tumeurs du rein. Finalement, le côlon lui-même est mis de côté ; la tumeur est entièrement mate ainsi que les tumeurs de Tappareil génital de la femme; c'est généralement à cette période qu'on voit la malade et cela explique les fréquentes erreurs de diagnostic commises.
SYxMPïOMES.
La mobilité existe parfois et l'on peut observer le signe du ballottement, très logique du reste, ainsi que le fait i-emarquer Cestan, puisque ces tumeurs occupent parfois la fosse rénolombaire ; en tont cas, elles ont le contact lombaire.
Les symptômes fonctionnels résultent principalement des compressions exercées par la tumeur.
Nous avons déjà signalé la douleur, qui parfois constitue un phénomène de début; vers la fin de l'évolution de la maladie, elle peut prendre des caractères spéciaux et reconnaît alors pour cause des compressions nerveuses; c'est ainsi que le malade de Galimir se plaignait de fourmillements et engourdissement du membre inférieur ainsi que de douleurs lombaires bilatérales; il existait en outre une diminution de la sensibilité dans le territoire des nerfs cutanés du plexus lombaire.
Il faut signaler encore les coniprcs.'iions vésicule on vréicrale aboutissant à l'anurie ou à la rétention d'urine : on voit du reste par là que les phénomènes urinaires sont secondaires. 11 est habituel en effet que, pendant toute l'évolution de la maladie, on ne constate aucun symptôme du côté des voies urinaires; les urines elles-mêmes demeurent normales comme quantité et comme composition, ce qui concorde bien avec le siège extrarénal de la tumeur.
Le vfiricocèle a éiè noté dans rol)servation de Galimir; nous ferons remarquer du reste à ce sujet que l'autopsie ne signale pas l'existence d'adénopathies. Morris l'a aussi rencontré une fois.
On a noté quelquefois Vascile; elle est rare et, lorsqu'on la constate, elle n'existe jamais qu'en petite quantité.
lu œdème des membres inférieurs est plus fréquent; il atteint d'abord le membre du côté malade. Il est à remarquer que, dans le cas d'EUiot, le système veineux était le siège d'une compression très forte sans qu'il existât d'œdème.
Enfin le rectum peut être lui-même comprimé ; il en résulle quelquefois une constipation difficile à vaincre; la compression des intestins peut même produire une véritable obstruction; Morris a opéré un malade qui se trouvait dans ce cas.
L'ensemble de tous ces symptômes, lorsque le chirurgien n'intervient pas, aboutit à une aggravation prononcée de Vétai
TU.MKtllS nu IIIOIN.
594 TUMEURS PARANÉPHRÉTIQUES.
(jênéral; ramaigrissemenl et la perte des forces s'accentuent, l'appétit disparaît et la maladie se tei-mine par la cachexie, plus ou moins rapide suivant la nature de la tumeur et suivant l'intensité des phénomènes de compression.
CIIAIMÏRE V