‹ Les tumeurs du reinChapitre 89 sur 161 · chapitre · texte numérisé non relu

chapitre

PATHOGÉNIE

Nous avons rencontré dans la région périrénale des lipomes, des libromes, des sarcomes, des myxomes, dont la patliogénie se confond vraisemblablement avec l'origine générale de ces tumeurs. Elles se développent ici, comme elles le font ailleurs, aux dépens du tissu conjonctif et de ses différents dérivés. Mais il n'en est peut-être pas de même des autres lumeurs, néoplasmes mixtes et kystes. Nous avons vu, en effet, qu'on avait rencontre des tissus très différents dont nous avons donné l'énumération et même des éléments épithéliaux. Or, ici, nous n'avons plus la ressource, comme dans la première partie de ce livre, de faire intervenir l'épithélium rénal : un appareil glandulaire ne saurait se comprendre dans cette région, que s'il prend son origine dans les débris embryonnaires qui s'y rencontrent.

Il est vrai que ces débris ne sont pas rares : il y a d'abord la capsule surrénale dont les éléments accessoires peuvent se rencontrer sur tout le trajet du tractus génital. Il semble cependant que Ion ne rencontre guère, dans la région périrénale de tumeurs analogues aux strumes (une seule observation de Lotlieissen) et qui, par cette analogie même, devraient se rattacher à une origine surrénale. Mais on y trouve aussi les débris du corps de Wolff qui s'étend au long de l'uretère, du foie à l'ovaire et à l'épididynie. A vrai dire on connaît peu de chose de sa persistance chez l'adulte; mais ses débris se trouvent normalement en certaines régions et il est permis de supposer qu'ils peuvent persister anormalement en d'autres points. On trouverait là une explication facile et satisfaisante des kystes et des tumeurs à tissus multiples. Il faut remarquer, en effet, ainsi que nous l'avons déjà dit, que les tumeurs mixtes pararénales se rapprochent sensiblement, par leur structure, des adénosarcomes du rein; or, c'est à propos de ces dernières tumeurs, on s'en souvient, que nous avons discuté

symptomf:s.

leur développement possible aux dépens des germes aberrants du corps de Wolff. Ce qui nous avait paru inadmissible pour le rein, nous semble plus vraisemblable pour la région périrénale, région dans laquelle le corps de^^^ol^ï' s'est développé à un moment donné et dans laquelle il a pu laisser des débris. Mais nous ne croyons pas qu'il soit possible, à l'beure actuelle, d'essayer même une démonstration de cette hypothèse. Il est possible aussi que certaines de ces tumeurs paranéphrétiques contenant des éléments épithéliaux naissent des inclusions pararénales embryonnaires décrites par l'un de nous (voir page IG'2). Nous avons en effet étudié parmi les tumeurs du parenchyme rénal chez l'adulte un curieux cas de d'Antona (page t>00), dans lequel la tumeur s'était probablement développée d'abord en dehors du rein et n'avait atteint que secondairement cet organe.

Page 1