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CHAPITRE IX

ÉPITHELIOMES ACINEUX

Les épithéliomes développés aux dépens des acini glandulaires sont de beaucoup les plus fréquents. Ils prennent leur point de départ dans les culs-de-sac des acini, dans une hypergenèse des cellules épithéliales qui se modifient dans leur forme et deviennent irrégulièrement polyédriques, atypiques. ' Ils déterminent la destruction des membranes propres des culs-de-sac. Les cellules épithéliales de nouvelle formation passent alors entre les fibres du tissu conjonctif intra ou extra-acineux, et constituent des trainées de cellules épithéliales limitées par les libres conjonctives, ou s’y disposent en

alvéoles.

lymphatiques et des ganglions de l’aisselle par les cellules

cer. Lorsque la tumeur est très développée et volumineuse, elle a transformé toute la glande et pris sa place. La peau est épaissie et ressemble à une peau d’orangè avec des reliefs plus saillants que le reste de la surface cutanée. Parfois la

peut ni être plissée, ni glisser latéralement sur le plan sous-

liquide. Pour bien constater la présence de ce suc cancéreux' sur lequel Cruveilhier insistait avec raison, on doit se servir d’un couteau ou rasoir bien essuyé au préalable, laver à l'eau et essuyer la surface du néoplasme, et racler légèrement avec le tranchant du couteau. La lame se recouvre alors du liquide laiteux qui contient un grand nombre de cellules atypiques isolées ou en amas.

■ Ce suc ne peut pas être confondu avec le pus qui est plus

dégénérés.

Dans cette tonne de squirrhe,les travées blanchâtres, d’as-

du sang veineux du membre est difficile ou impossible suite de phlébite ou d’oblitération veineuse et le bras, l’avî

s’implantent pas régulièrement, mais ayant entre elles une

un moule de la cavité. Leurs cellules sont alors irrégulièrement polyédriques et paraissent souvent confondues par leur protoplasme, les noyaux étant seuls distincts. Enfin ces cellules atypiques peuv.ent être dissociées, le liquide qui les baigne étant plus abondant, et elles sont alors isolées, polyédri-

la section est orientée de façon à passer par un grand nombre de tubes épithéliaux suivant leur longueur. C’est un type de cet épithéliome dans lequel les cellules sont disposées deux de front. Le tissu conjonctif y est abondant et le néoplasme était

La figure 120 montre de la façon la plus nette comment les boyaux épithéliaux dont les cellules sont assez cohérentes passent d’un tube dans une cavité tubulaire voisine. Ainsi

tfl s

en passant soit en dessus soit en dessous des cloisons de ; séparation fibreuse t, t. La charpente fibreuse étant creusée de cavités comme celle dèssinée en a, on pourrait croire qu’il s’agit d’alvéoles séparés les tins des autres tandis qu’en réa-

On comprendra très bien par cette figure, de même que

par la suivante (fig. 121) comment on observe sur les cpùpes dès tubes allongés ou des alvéoles isolés ou communiquant les uns avec les autres. Ainsi, dans la figure 121 on a un tube

a contenant une traînée épithéliale, un autre tubé c dont le contenu passe sous une travée fibreuse pour ians la cavité m, deux alvéoles communiquent entre d, et des. sections alvéolaires isolées f qui né sont antres que la coupe transversale de tubes.

Dans les parties périphériques aux îlots néoplasiques où-

les leucocytes distendent la cavité alvéolaire; dans la seconde, on voit les cellules de l’épithélium stratifié repoussées.et libérées dans la ca.vilé, avec des. globules

- On a alors, sur les conpesdesalvéoles, la pardi fibreuse couverte de ses cellules conjonctives aplaties, puis une couche de cellules atypiques pavimenteuses ou prismatiques, formant une couronne autour du tissu conjonctif pariétal et, au milieu, des leucocytes souvent polynuclé-

ces seins un peu infectés, on trouve facilement, sur les coupes colorées au violet de gentiane, des micro-organismes divers, et en particulier le micrococcus isolé par Doyen.

reux récent, comprenant toute sa périphérie, jusqués et y compris le tissu adipeux normal qui i’eutoure, on trouve presque toujours, à la limite externe du cancer, des acini normaux, ou enflammés, ou en évolution cancéreuse.

Aussi les matériaux ne manquent-ils pas pour étudier le mode de développement de l’épithéliome acineux. Déjà Robin s’était prononcé pour Cette origine du cancer aux dépens des culs-de-sac glandulaires.

autres et remplis de cellules épithéliales volumineuses. Si l’on compare ce dessin avec la figure 132, c’est bien la même

Sur les prëparalic

peau. Celle-ci est beaucoupp/us épaisse qu'à tétât normal, ses papilles plus développées, trèsriches

les îlots de cellules cancéreuses.

Encéphaloïde. — L’encéphaloïde ou cancer mou est généralement plus volumineux, plus rapide dans ses progrès que le squin-he. Les.mèmès altérations de la peau et des .gan T glions .lymphatiques de l’aisselle en sont, la suite. Sur une surface de section, ie néoplasme est plus généralisé ; sa surface est blanchâtre plus ou moins vascularisée, molle, friable, donnant une assez grande quantité de suc laiteux par le raclage ou par la pression latérale.

voit (fig. ISO) UI

ipli de cellules épithéliales

présentée à la Société anatomique par M. Petit et par moi La figure 152 représente en son milieu une large band fibreuse séparant deux îlots du néoplasme d’où émanent 1< cloisons alvéolaires très minces, beaucoup d’avéoles contiei nent du mucus m. La figure 153 qui représente les mêm(

d’aspect bourgeonnant, lais-

; héréditaires, sans maladies antérieures, s’était puis peu de cette hypertrophie mammaire. A ma

Les ganglions axillaires, volumineux, étaient totalement dégénérés.

Cette jeune fille a été traitée par les rayons X alors qu’un ganglion s'était déjà montré à gauche au-dessus de la clavicule. Peu de temps après-un autre ganglion sus-clavicu-

(Bg. loi, a) dont la communication avec le canal central de l’acinusne se voit pas sur la coupe, sont également remplis d’épithéliums métatypiques.

Les membranes propres de ces cnls-de-sac sont conservées ; tout le tissu conjonctif intra-acineux qui les sépare montre des leucocytes.

Dans les acini glandulaires plus malades, les membranes propres des culs-de-sac ont disparu ; ils sont devenus des alvéoles où des tubes anastomosés remplis d'épithélium, et l’on voit à la périphérie des acini des boyaux de cellules épithéliales dans le .tissu conjonctif péri-acineux qui se transforme lui-même en épithéliome tubulé.

La paroi du grand kyste né. possédait pas de revêtement épithélial.

En somme, ce sein présentait à la fois l’épithéliome tubülé typique avec un épithéliome canaliculaire, un grand kyste, et, à la périphérie, les acini normaux ou en voie de transfor-

Parmi plusieurs exemples d’épithéliome mammaire compliqué de grands kystes, nous ayons conservé des préparations d’un kyste assez considérable observé dans un sein atteint d’épithélioine tubulé typique; enlevé par Morestin en 1903. La paroi de ce kyste était constituée par.un tissu conjonctif adulte assez épais, très vascularisé. Sa surface interne était tapissée de cellules épithéliales cubiques en une seule çouphe.; . .

Les ganglions de l’aisselle sont toujours cancéreux dans les. formes tubulées et alvéolaires, squirrheuses ou encéphaloïdes de l’épithéliome que nous venons de décrire, à moins que lé néoplasme ne soit enlevé tout à son début. Il est évident que le tissu cellulaire delà glande altérée elles vaisseaux lymphatiques ont servi à transporter dans les ganglionsles éléments de l’infection soit liquides, soit microbiens ou cellulaires. On ne connaît pas jusqu’ici de microbes qui puissent reproduire par l’inoculation .les épithéliomes, et le liquide filtré en est aussi incapable ; mais on a pu saisir la propagation de proche en proche dans le tissu conjonctif et dans les. voies lympha-

jonctif communiquent avec les terminaisons des vaisseaux lymphatiques, nous avions pensé autrefois que ces espaces étaient l’origine même du système lymphatique (Corail, et

Ranvier, Manuel cChistologie pathologique , 1" et 2' édit). . Mais les nombreux travaux sur ce point publiés par Ranvier, J. Renaut, etc., établissent que les terminaisons des vaisseaux lymphatiques dans le tissu conjonctif ont lieu par des extrémités fermées à parois très minces formées d’une seule couche de cellules endothéliales et qui peuvent être facilement traversées par les liquides aussi bien.que par des cellules. Notre conception ancienne de la transmission du cancer aux voies lymphatiques reste donc vraie à ce détail près..

Les voies lymphatiques sous-cutanéës ne sont, presque jamais atteintes ; cependant j’ai vu une fois, pendant mon internat à la Salpêtrière, un canal lymphatique visible à l’œil nu, dur, dont la paroi était épaissie, saillante et cancéreuse partant d’un cancer mammaire ulcéré pour se rendre dans l’aisselle. Ce lymphatique était comparable à celui du dos de

nerfs offrent alors dans leur trajet inférieur une dégénérescence wallérienne généralement partielle et, au niveau de l’aisselle, un épaississement et une dégénérescence cancéreuse. Celle-ci se montre d’abord dans le tissu cellulo-adipeux périphérique au nerf, puis dans le névrilemme qui entoure tous les faisceaux primitifs. De là, la production épithé-

en plaques épaisses. Le contenu, abondant de la séreuse, seratantôt clair; tantôt sanguinolent; dans ce cas, on trouvera à la surface des fausses membranes organisées.

- Si l’on dissèque les nerfs intercostaux, on pourra découvrir des nodules cancéreux qui entourent le nerf en lui donnant une forme de fuseau renflé, blanchâtre, où le névrilemme périphérique aussi bien que celui qui entoure les faisceaux sera devenu cancéreux. Cette lésion s’accompagne de névralgies intercostales très intenses ‘.

Lésions des os. — Le cancer des os est une des termi-

côtes, les vertèbres, les os plats du crâne ou de la hanche, et plus rarement les os longs comme le fémur ou l’humérus.

Pour fixer les lésions histologiques'-des os nous donnons ici un dessin d’un cancer d’une côte consécutif à un squirrhé du sein généralisé neuf ans après son début s .

Entre les deux lamelles osseuses o, o qui le bordent, un espacé médullaire fibreux, t, contient des alvéoles allongées o, b, b, d remplis de cellules cancéreuses (fig. 160). Le tissu conjonctif médullaire possède des cellules conjonctives à noyaux allongés. Les alvéoles cancéreux ne sont pas en contact avec les lamelles osseuses. Ils -en sont séparés par le tissu médullaire et par des cellules conjonctives accolées aux lamelles

quelques cellules conjonctives isolées à prolongements fins et multiples. An milieu de ce tissu muqueux existent des ilôts de cellules épithéliales plus ou moins volumineux (fig. 167).

Ces cellules examinées à un fort grossissement sont égales entre elles, de forme polyédrique et pourvues de gros noyaux

Les vaisseaux capillaires sont dilatés, et il y a en outre des ecchymoses avec des globules rouges infiltrés dans lé tissu conjonctif.

Le cancer colloïde altère donc à la fois l’épithélium glandulaire et le tissu conjonctif. Comme dans tout canCer, l’épithélium est modifié, atypique, le protoplasme est souvent hyalin, transparent ; les membranes propres des culs-de-sàc

vers. Leur lumière .est remplie par des moitiés hyalins coagulés, longitudinaux, a, b, et par une section transversale du moule c. La membrane propre des culs-de-sac m, m, est encore apparente, mais très mince. Quant aux cellules épiihéliales, beaucoup sont polyédriques à angles mousses. A, avec un gros noyau ovoïde ; beaucoup d’autres possèdent un

milieu de laquelle se trouve le noyau plus ou moins atrophié (voy./, g, p). '

Ces inoculations s’effectuent par le procédé de greffes des cellules soit sarcomateuses, soit épithéliales atypiques. On en a la preuve par la quantité de cellules en karyokinèse qu’on observe dans lés greffons.

a. Gbefh sur les sujets atteints de cancer. - Doyen a communiqué à. l’Académie de médecine le résultat d’uue greffe réalisée pendant une de ses opérations. 11 s’agissait

fragment de cette tumeur et l’inséra dans le sein normal du côté opposé. Cette .communication que je faisais au nom de Doyen fut assez mal reçue de l’Académie, car de pareilles expériences in anima vili peuvent être dangereuses et coupables. Dans ce fait particulier, la greffe prit et le greffon commença à grossir. Doyen l’enlevaaussitôt et U n’y eut pas de récidive. L’examen histologique montra que le greffon était formé partout d’un tissu sarcomateux très vivant avec de nombreuses figures de karyokinèse. C'était un exemple de greffe du sarcome chez un sujet atteint de sarcome.

Voici maintenant un fait analogue de greffe de cancer épi-

thi

gù

La partie greffée était prise suivant le procédé de Borrelavee un fin trocart emporte-pièce entré à travers la peau très bien

at atteints du can-

le sarcome est plus vivace que l’épithéliomej et il a ainsi à Francfort une production considérable de sarcomes. Certains élevages donnent un nombre très variable de cancers : ainsi, dans le laboratoire de Lignières, à Buenos-Ayres, huit cas d’adéno-carcinomes ont été observés en trois mois dans une

tantôt des cellules malpighiennes pavimenteuses, tantôt des cellules glandulaires, tantôt de grandes cellules fusiformes ou

devant lesquels nous devons nous incliner.

Jusqu’ici nous devons rejeter la théorie parasitaire. .

M. Doyen est l’un des plus obstinés et des plus enthousiastes défenseurs de l ’origine microbienne . Il a isolé des tumeurs un microbe que d’aucuns prétendent banal, le micrococcus neoformans, qu’il croit être et présente comme l’agent spécifique du cancer. Il a provoqué chez le rat et la souris, par inoculation intra-péritonéale des cultures de ce microbe, toute une série de

qu’il n’avait pas, dans ses expériences, démontré, comme il le pensait, la spécificité de son micrococcus.

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