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c’est un fait démontré. Mais point n’est besoin de trouver l’origine de la prolifération cellulaire pour juger de sa nature. Ces points de départ, que l’on pense aujourd’hui être des débris embryonnaires, ont proliféré eux aussi, se sont modifiés par la reproduction de leurs éléments et c’est leur produit de multiplication que nous avons à juger. Peut-être pourrait-on en trouver dans des parotides embryounaires ou adultes et cette découverte mettrait fin aux discussions de pathogénie.
A défaut de cette preuve irréfutable, le problème a aujourd’hui des données de grande valeur dans la présence des formations épithéliales que nous avons décrites avec soin dans l’exposé de structure microscopique de nos tumeurs. Nous avons montré l’existence d’amas malpighiens avec filaments unitifs, de kystes épidermoïdes, de globes épidermiques, de foyer$ de dégénérescence mucohyaline, indiscutables et des relations de continuité histologique que ces formations épithéliales pavimenteuses présentent avec les cellules indifférentes ; nous avons décrit en détail la disposition fréquente de ces cellules à la façon des cancers tubulés à cellules basales et nous pensons que ces formations, par leur présence et leurs connexions histologiques avec les cellules épithélioïdes, sont autant de raisons formelles qui démontrent la nature épithéliale de ces cellules.
Nous pouvons conclure, avee la majorité des auteurs, que Les cellules indifférentes sont des cellules épithéliales, qu’elles sont d’origine ectodermique. C’est un même tissu qui, en un point, présente des globes épidermiques, en d’autres des coupes d’épiderme plus ou moins complet, plus loin prend l’aspect d’épithélioma tubulé ou présente des foyers de dégénérescence muco-hyaline. On est obligé d’y reconnaître les tendances évolutives d’un organe mal-
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pighien et ces tendances si variées dans une même tumeur, seules des cellules embryonnaires peuvent les réaliser.
: LA NOTION DE TUÜUMEUR MIXTE PAROTIDIENNE
Les tumeurs mixtes de la parotide sont donc composées d'éléments conjonctifs et d'éléments épithéliaux pavimenfeux et rarement cylindriques. Ces deux éléments ont chez elles la même importance, la même puissance d'évolution. [1 semble, en effet, que les théories conjonctives ou épithéhales ont longtemps simplifié le problème et l’ont méconnu
dans la complexité qu’il comporte. Elles tendaient à consi-
dérer ces tumeurs comme formées d’un tissu prépondérant dont il n’y avait qu’à déceler la nature pour découvrir leur origine. Elles donnaient aux éléments conjonctifs la valeur d’un stroma, dans lequel et aux dépens duquel les éléments épithélioïdes se développaient.
La conception actuelle rend très bien compte de la double tendance évolutive des deux éléments. Le tissu conjonctif des tumeurs mixtes présente des aptitudes aussi variées que le tissu épithélial: muqueux en certains points, il forme plus loin du tissu conjonctif adulte, des plaques de cartilage, voire même de l’os. Les cellules épithéliales montrent des tendances de kératinisation, tantôt ébauchent un globe corné, tantôt élaborent une matière muco-hyaline, prennent tour à tour des dispositions typiques ou atypiques faisant preuve d’une indécision évolutive caractéristique.
Chacun de ces deux éléments vit pour son propre compte et ne paraît nullement gêné dans son évolution par le tissu voisin.
Il n’y a pas de subordination d’un élément à l’autre,
Sans
pas de prépondérance d’ün tissu et on ne peut classer ces tumeurs parmi les conjonctives ou les épithéliales. On ne peut non plus parler de coexistence de deux tumeurs de nature différente, fait très rarement observé et où les deux néopiasmes sont indépendants l’un de l’autre. Nous avons vu, dans nos tumeurs mixtes, combien les éléments constitutifs se pénétraient, s’intriquaient sans se gêner dans leur développement. Cette intimité, cette étroite solidarité caractérisent les tumeurs à tissus multiples au sens le plus strict du mot; les éléments y vivent en collectivité, constituant une «individualité de synthèse », suivant l’expression de Nadal.
Enfin, ces tumeurs présentent une ( désorientation » et,
en certains points, un indifférenciation cellulaire qui achè-
vent de les caractériser. Les cellules y sont désorientées dans toutes leurs formations et pourtant on ne peut y voir une évolution cancéreuse. Elles restent bénignes au moins au début, bien limitées de la capsule qui les cireonscrit et les cellules n’y présentent pas les attributs de malignité.
Ces trois caractères principaux: modalités évolutives variées, intimité et étroite solidarité des parties constituantes, désorientation cellulaire dans une tumeur béni-
que, devront trouver une satisfaisante explication dans la
pathogénie.
Nous sommes loin, on le voit, de la conception monotissulaire de ces tumeurs cherchant leur point de départ dans un seul tissu d’origine, le parenchyme glandulaire. Pour satisfaire aux dogmes de la spécificité cellulaire, chaque tissu élémentaire de ces tumeurs (conjonctif, épithélal pavimenteux, épithélial cylindrique), doit avoir son point d’origine propre. À chacun doivent répondre des éléments de prolifération différents correspondants à la multiplicité des tissus, C’est le fait des tumeurs d’origine congénitale,