‹ Les Tumeurs Mixtes de la Parotide (Nature Histologique et Pathogénie)Chapitre 8 sur 48 · DATE · texte numérisé non relu

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tissu conjonctif ; mais, dans certaines tumeurs (17 sur 24), les cellules qui bordent les cordons prennent l’aspect de cellules hautes, cubiques, régulièrement rangées les unes à côté des autres, comme dans la couche basale des épithéliums pavimenteux stratifiés. Parfois, il y a deux assises basilaires qui bordent les cordons cellulaires bourrés de cellules indifférentes. Les cordons peuvent s’anastomoser, découper à l’infini le tissu conjonctif et, en certains points, mênie le centre est atteint de dégénérescence hyaline, si bien que l’ensemble rappelle absolument l’épithélioma tubulé à cellules basales.

La figure IT de la planche IIT représente cette disposition de l’une de nos préparations, où elle était particulièrement prépondérante, donnant, en certains points, l’aspect d’un véritable épithélioma tubulé tout à fait précis.

Et cependant, si comme l’affirment Fredet et Chevassn et comme l’accepte Massabuau, il existe des épithéliomas pavimenteux intra-parotidiens, nettement séparés du tissu glandulaire et qu’il faut considérer comme de véritables dégénérescences malignes des tumeurs mixtes, les formations que nous étudions en sont tout à fait différentes. Ce ne sont pas des cellules cancéreuses. Elles n’ont de ces dernières ni le polymorphisme, ni l’hypertrophie colossale des noyaux irréguliers et bourgeonnants, ni surtout la fréquence des divisions cellulaires et leurs anomalies qui sont . de règle dans les épithéliomas. On ne-peut donc pas voir dans cette disposition atypique, pas plus d’ailleurs que dans la présence de globes épidermiques, le signe d’une évolution cancéreuse de ces tumeurs mixtes.

IV. Les PSEUDO-TUBES"GLANDULAIRES. — Ce sont encore des formations qui témoignent de l’aptitude évolutive des cellules épithéliales de nos tumeurs. Elles ne sont pas rares et dans certaines tumeurs elles se présentent avec

une telle abondance qu’elles leur donnent un caractère particulier. Mais elles ont donné lieu à des interprétations si différentes que chacune des théories tendant à expliquer la nature des cellules épithélioïdes, a utilisé leur présence pour en faire un argument important en sa faveur.

À la périphérie des amas malpighiens en général la prolLfération s'étale, aboutissant à une cavité peu volumineuse souvent, tapissée par des cellules cubiques ou cylindroïdes à noyau central dont la limite du côté de la lumière est nette, mais à la périphérie les limites cellulaires sont irrégulières s’imbriquant avec des éléments moins nettement cuboïdes qui se confondent peu à peu avec des cellules polygonales. ou aplaties. En certains points, ces éléments forment des cavités irrégulières, reptiformes, tapissées par des cellules présentant le même caractère. A l’intérieur de ces tubes se trouve une substance plus ou moins homogène, colorable en bleu pâle par l’hématéine, comme la matière muqueuse ou parfois de couleur violacée: c’est une substance muco-hyaline. Ce sont là les pseudo-tubes . glandulaires. |

Les partisans de la théorie épithélio-glandulaire les ont considérés comme des acinis plus ou moins modifiés, point de départ de la prolifération épithéliale.

Les partisans de la théorie conjonctive et, en particulier Volkmann, Bosc et Jeanbrau, ont montré qu’il s’agissait de phénomènes de dégénérescence au sein d’une masse cellulaire; la dégénérescence, étant progressivement excentrique, atteint les cellules bordantes qui commencent par prendre un type haut en palissade.

Nous avons pu, à l’exemple de ces auteurs, et de Massabuau, saisir la genèse de ces phénomènes. Dans la figure I, planche III, on voit que les cellules se rangent en couronne autour d’un amas de trois ou quatre cellules épithé-

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liales dont les contours commencent à s’estomper, le protoplasma devient vitreux et le noyau subit un début de fragmentation. Dans un autre tube, les cellules bordantes deviennent cubiques et, dans la masse centrale, ne subsistent que des débris nucléaires. Plus loin enfin, la masse centrale devient plus homogène et la couronne de cellules hautes se régularise, donnant l’impression d’un tube glandulaire avec son épithélium.

Il est incontestable que ce sont des phénomènes de dégénérescence muco-hyaline au sein d’amas épithéliaux.

Mais nous nous séparons de l’avis de Bosc et Jeanbrau quand ils voient dans ces formations des arguments en faveur de la nature conjonctive des cellules des travées: on assiste souvent, et notre figure le montre suffisamment, au passage progressif des cellules cubiques bordantes aux cellules polygonales et aplaties à type malpighien. Ceci a été trop souvent décrit pour nous permettre de n’y point insister.

Les tubes pseudo-glandulaires se rencontrent souvent dans les tumeurs mixtes parotidiennes; dans certaines, ils sont tellement nombreux qu’ils donnent à la tumeur l’aspect du cylindrome et il n’est pas rare de voir de ces néoplasmes étiquettés « cylindrome de la parotide ». Cette conception est acceptable, à condition de donner au cylindrome sa conception actuelle non d’un épithélioma alvéolaire, mais d’un € dysembryome conjonctivo-épithélial » (Letulle), autrement dit une tumeur mixte. Mais est-il bien nécessaire de doter ce groupe de tumeur mixte d’une nouvelle subdivision ?

V. LES TUBES ADÉNOMATEUXx. — Si la plupart des formations tubulées à aspect glandulaire sont des pseudo-tubes glandulaires, on rencontre, très rarement il est vrai, dans

IR lames les tumeurs mixtes parotidiennes, des coupes .de cavités dont les caractères ne laissent aucun doute sur leur nature glandulaire. Ils représentent en effet des acinis parotidiens normaux ou modifiés. Ce sont des tubes tapissés d’? une rangée de cellules pyramidales, à gros noyau basal,

à protoplasma finement granuleux au sommet de la cellule.

Ces cellules sont nettement séparées du tissu conjonctif par une basale. L'ensemble est isolé au sein du stroma et il ne se continue nullement avec les amas épithéliaux pavimenteux. L'intérieur de ces cavités est vide. Le doute n’est point permis. Ces formations tubulées doivent être distinguées des pseudo-tubes glandulaires que nous venons d'étudier et qui sont des figures de dégénérescence de cellules pavimenteuses malpighiennes. Ce sont des éléments épithéliaux cylindriques, ce sont des acinis parotidiens normaux.

Parfois ce type ben normal se modifie pour prendre un aspect adénomateux. Ces tubes, que Wilms à particulièrement étudiés, sont reptiformes, irréguliers, poussant des prolongements et se ramifiant dans le tissu con-

jonctif. Ils sont limités par une seule rangée de cellules

cubiques, à caractères cylindriques précis, et reposent sur une basale qui les sépare nettement du tissu conjonctif. Leur lumière est vide.

Enfin, en certains points, les tubes prennent l’aspect

d’un canal excréteur des glandes salivaires.

La présence de ces acinis normaux où modifiés, dans ces tumeurs mixtes était on le conçoit un gros argument de la théorie épithélio-glandulaire qui faisait dériver tous les éléments épithéliaux des acinis parotidiens. Ces acinis n’ont aucun rapport avec le parenchyme parotidien dont ils sont nettement séparés par la capsule qui cireonscrit la

— 98 = tumeur, ils n’ont de plus rien de commun avec les pseudotubes.

Il existe done dans nos tumeurs mixtes, deux sortes de formations tubulées: les tubes pseudo-glandulaires résultant de la dégénérescence des cellules centrales d’amas épithéliaux pavimenteux très fréquents, des acinis normaux, des fragments de canal excréteur ou des tubes adénomateux, formations épithéliales cylindriques plus rares.

Pour compléter cet exposé, nous devons signaler la présence d’éléments rencontrés seulement deux fois dans nos préparations, qui sont exceptionnellement signalés dans les tumeurs mixtes parotidiennes. Il s’agit de plasmodies plus ou moins volumineuses, représentées par de grandes plaques protoplasmiques, à. contours irréguliers, renfermant des noyaux multiples, siégeant en général dans des segments de la tumeur très vascularisés. Ce sont des plasmodies indifférenciées. Mais leurs connexions avec les amas malpighiens nous incitent à croire que ce sont des plasmodes épithéliaux. On se trouve ici en présence de cette tendance fréquente qu’ont les néoplasies épithéliales à former des éléments giganto-cellulaires. |

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