‹ Les tumeurs osseuses dysgénétiques (ou ostéomes) du sinus frontalChapitre 22 sur 36 · AS UE · texte numérisé non relu

AS UE

tête baissée. Par contre, le premier (observation I), ne ressentait aucune douleur.

Les douleurs provoquées ne sont que des douleurs de compression, car l’ostéome est indolent par luimême. On peut les attribuer à la compression du globe oculaire, à celle des parties voisines et des nerfs sensiüfs proches, comme le frontal, le nasal, le sus et le sous-orbitaire. Lagrange a même relevé sur 60 observalions 16 cas où existaient des phénomènes douloureux irradiés dans la sphère du trijumeau.

2° Extension vers la cavité cranienne.: — Elle n’est heureusement pas la règle, car elle entraîne des complications qui mettent la vie du malade en danger. Elle se produit à bas bruit et évolue silencieusement pendant un temps très long. Mais les accidents nerveux qu'elle peut déclancher sont brutaux, graves et souvent irrémédiablement mortels ; ils sont presque toujours la conséquence d’une infection du sinus propagée aux méninges par la brêche ouverte par l’ostéome.

En effet, le cerveau est un organe très tolérant, et le lent développement de ces tumeurs favorise l’accoutumance cérébrale. De plus, il est à remarquer, avec Goyanes, que les lobes antérieurs du cerveau tolèrent mieux que les autres zones cérébrales toutes sortes d’agressions. À ce point de vue, les ostéomes du sinus frontal diffèrent des exostoses intra-crâniennes qui donnent presque toujours naissance à des manifestations épileptiformes. Les cas de Tweedy, Pareja, Mitvalsky, rapportés par Lagrange, plaident éloquemment dans ce sens.

LMDE TS

On a tous les degrés dans cette extension de la tumeur vers la cavité cranienne.

C'est d’abord un simple refoulement de la paroi postérieure du sinus par l’ostéome grandissant. Les symptômes de compression sont nuls. C'est une trouvaille radiographique, qui est d’une grande utilité pratique : elle indique la nécessité d’une intervention 1mmédiate.

L'ostéome, continuant sa marche extensive, use les lames postérieures du frontal tout comme au niveau de l'orbite, les dissocie et finit par pénétrer au niveau de la fosse cérébrale antérieure ; continuant sa marche, il use la dure-mère et se met en contact avec la substance cérébrale. Tant qu'il n’y a pas d'infection du sinus, cette néoformation intra-cranienne est très bien tolérée. Mais à ce moment, deux éventualités peuvent se produire :

1° Le développement continu de la tumeur provoque des accidents de compression : on a alors des crises d'épilepsie du type Bravais-Jackson. Tels sont les cas de Carreras-Arago, Adenot, Lemaître et Aubin. Ces crises, plus ou moins typiques, se produisent à des intervalles de plus en plus rapprochés. Les examens neurologiques sont très négatifs ; ce n'est que devant ces résultats négatifs que l’on pense à un ostéome possible que la radiographie vient confirmer aussitôt.

On note également parfois de la torpeur, de la somnolence, qu'il est bien difficile de rattacher à leur véritable cause (cas de Jayle, de Hamilton).

Exceptionnellement la tumeur se développe au point de remplir la fosse cérébrale antérieure (cas de Pech) ou d'envoyer des prolongements jusque dans le ven-

TR |. pe

tricule latéral (cas d’Arnold) ou à la base du rocher. Une fois, elle était reliée par un pédicule à une tumeur myxomateuse logée dans le lobe frontal.

L'apparition de ces troubles est d’un mauvais pronostic opératoire. Ils indiquent l'ouverture d’une brèche osseuse dans la paroi cranienne qui, après l’ablation de l’ostéome, va mettre en communication les méninges ou la substance cérébrale avec un sinus septique.

2° L'infection du sinus se propage par l’intermédiaire de la tumeur aux méninges dénudées : d’où méningite et méningo-encéphalite. Quelquefois même l'infection gagne la substance cérébrale à travers la perforation de l’enveloppe méningée et provoque la formation d’un abcès du lobe frontal. Mais ces deux derniers sont plutôt des complications de l’extension intra-cranienne de la tumeur : ils sont d’un pronostic fatal.

Complications

Il est des complications spéciales à chaque période de l’évolution d’un ostéome ; il en est aussi qui sont communes à tous les âges de leur développement.

1° Compuicarions DES 1° ET 2° PÉRIODES : l’éventualité la plus fréquente est l’oblitération de l'ostium du canal naso-frontal par la masse tumorale. Ce fait

CAUSSE (fi

provoque la rétention des sécrétions de la muqueuse sinusale : si la muqueuse est saine, on a une mucocèle, ce qui explique la coexistence d'une mucocèle et d’un ostéome (Dubar, Coppez, Luc, Buys, Pfeiffer, Howarth, Petterino) : si la muqueuse est enflammée, on obtient une sinusite et bientôt un empyème (Gerber, Mott, Hucklenbroich, etc.), ou plus simplement une masse de fongosités (Mouret et Dejean).

2° COMPLICATIONS DE LA 3° PÉRIODE : l’ertension de la masse tumorale aux cavités voisines est sans contredit la complication la plus grave. C’est elle qui entraîne les phénomènes de compression ; c’est elle qui propage l'infection. Parmi les directions dans lesquelles se propage la tumeur, il en est deux : l’une, presque de règle, vers l'orbite ; l’autre, fréquente, vers la cavité cranienne, qui sont tellement fréquentes qu'elles font partie du tableau symptomatique classique et que l’on peut les décrire dans le chapitre de la symptomatologie. Nous les avons vues. Mais elles entrent dans le domaine des complications dès que la compression provoquée devient excessive.

L'ostéome peut encore étendre ses prolongements vers les sinus voisins : maxillaire, sphénoïdal, envahir l’ethmoïde, les fosses nasales, la fosse zygomatique ou temporale. L'ostéome de notre observation IT occupait non seulement les deux sinus frontaux et l'orbite droite, mais encore plongeait des deux côtés dans les masses latérales de l’ethmoïde.

Nous avons vu également que dans le cerveau les prolongements tumoraux reproduisent de graves perturbations au sein de la substance cérébrale.

Page 1