LITRES
poussé les lobes antérieurs du cerveau ; la tumeur, non opérée, se trouve actuellement au musée de Florence.
En 1799, Baillie pratique l’autopsie d'un crâne, actuellement au Collège Museum de Londres (N° 795), dont le sinus frontal gauche était rempli par un ostéome en grande partie éburné et qui avait envoyé des prolongements dans le sinus droit, dans l'orbite et dans les cavités nasale et cranienne.
Middlemore, en 1800, est le premier à signaler, à propos d'une tumeur osseuse dure siégeant au niveau de la paupière supérieure et refoulant l'œil en avant et en dehors, l'existence de lésions du nerf optique et de la musculature du globe oculaire ; il note une vision très diminuée, mais non abolie, récupérée après l'ablation de l’ostéome.
Peu de temps après, en 1818, deux auteurs londoniens, Cooper et Travers, rapportent le cas d'un adulte, dans les antécédents duquel on ne relève ni traumatisme, ni diathèse, qui présentait deux volumineuses tumeurs osseuses dures (ostéome ou exostose À) du sinus frontal, ayant perforé les deux plafonds orbitaires et dont la gauche, comprimant le lobe antérieur du cerveau, avait provoqué la mort.
Le Glascow Medical Journal de 1828 signale chez une femme de 34 ans, ayant dans son passé des accidents de rhumatisme articulaire, une exostose (?) de l'angle interne de l'orbite.
Il faut attendre l'année 1844 pour observer avec Rokitansky un cas intéressant par la coexistence d'’osiéophytes : chez un jeune homme de 26 ans, ostéome
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éburné du sinus frontal gauche, envoyant des prolongements dans la fosse cérébrale antérieure et l'orbite, accompagné d'excroissances osseuses sur la table diploïque du frontal et de la grande aile du sphénoïde.
En 1851, Weiss signale une exostose éburnée du sinus frontal, du volume d’un œuf, dont la pièce se trouve au musée de l'hôpital du Val-de-Grâce. La même année, Türnroth et Slmoni emploient l’ostéotome de Heine pour enlever un ostéome remplissant la partie supéro-latérale de l'orbite.
Puis ce sont : Paget, en 1853, dont la jeune malade de 20 ans, porteuse d’un ostéome du sinus frontal, meurt de méningite post-opératoire ; Hoppe, en 1857, qui perd une jeune femme de 27 ans d’abcès cérébral treize jours après l’extirpation totale d’un ostéome (?) des sinus frontaux et de l’ethmoïde ayant envoyé un prolongement dans la cavité cranienne ; Lambl, la même année, qui relate deux cas d’ostéome typiques situés dans le sinus frontal, dont un, d’un diamètre de 9 centimètres, accompagné d'ostéophytes.
Hutchinson en 1859, Knapp en 1861, Deprez en 1862, parlent de tumeurs osseuses paraissant être des ostéomes, situées dans lie sinus frontal et opérées avec des résultats variables : la malade de Knapp mourut de méningite post-opératoire.
En 1864, Virchow perd un malade porteur d’un ostéome kystique, au milieu de symptômes de tumeur cérébrale. Le cas de Textor, l’année suivante, nous paraît avoir été contesté à tort par Bornhamp, car il possède les caractéristiques des tumeurs du sinus
frontal.
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Bientôt paraissent les premiers travaux d'ensemble sur la question. Dolbeau, rapportant les cas de Jobert, de Roux et ses propres observations, soutient dans son mémoire sur les exostoses du sinus frontal, présenté à l'Académie de Médecine en 1866, que ces tumeurs proviennent de la muqueuse sinusale et non de l'os frontal lui-même, tout en reconnaissant qu'un ostéome se détache rarement de son point d'implantation.
Richet dès 1871 s'élève contre cette théorie, prouvant par deux cas où la tumeur se trouve rattachée au squelette par un pédicule osseux, que l'ostéome peut naître du squelette.
Nous ne ferons que citer les cas de Birkett ; de Bryant ; d'Arnold (2 cas), en insistant seulement sur le dernier cas d’Arnold où l'ostéome, issu du sinus frontal, avait envoyé un prolongement intracranien qui avait provoqué un abcès du lobe frontal gauche, perforé le ventricule latéral et avait entraîné la mort par méningite ; de Bornhaupt (2 cas), qui trouva à l'autopsie d'un de ses malades quatre ostéomes adhérents à la paroi postérieure et supérieure du sinus ; de Knapp ; de Teiïllais ; de Panas, de John Tweedy, de Badal, dont les résultats opératoires furent peu brillants (méningites).
En 1885, Tillmanns, à propos d'un volumineux ostéome de l'ethmoïde ayant envahi ies fosses nasales et les deux sinus frontaux, défend l'opinion de Richet et signale la gravité plus grande des ostéomes libres, non adhérents à la table osseuse.
La présence curieuse de ces tumeurs libres dans le
Hiqpe
sinus est expliquée par Montaz par la rupture du pédicule osseux causée par le vicillissement de l’ostéome (18388).
Ce ne sont que des observations que nous apportent Yates (1888), Snell (1890), Jayle, Poppert, Jackson (1892), Lewis, Coppez (5 cas, dont une forme kystique) en 1895. L'ostéome de Liaras (Bordeaux, 1895) pesait 50 grammes. L'’exostose de Th. Thelwall présente les caractères d’un ostéome typique. En 1898, de Santi signale la coexistence d’une mucocèle et d’une exostose éburnée. La même année, Tauber extirpe trois petits ostéomes spongieux de la paroi postérieure d’un sinus frontal traumatisé seize ans auparavant, et Fridenberg observe une forme spongieuse.
Plus intéressant est le rapport de Kronenberg, en 1399, à la Société O.R.L. de l'Allemagne de l'Ouest, où l’auteur, après avoir rapporté une observation personnelle de quatre ostéomes libres dans un même sinus, entrevoit très heureusement leur mode de formation ; nous aurons plus loin à parler de sa théorie.
Des observations de Hoffman, de H. Copper, sont publiées en 1899 ; sur les deux cas signalés dans le travail de Moser sur les tumeurs du sinus frontal, un seul concerne un ostéome vrai.
1900 marque uné étape dans l’histoire de la question qui nous occupe. Dubar, dans sa thèse sur les ostéomes du nez et des sinus, et Tchilinghiroff, également dans une thèse inspirée par Lagrange, font deux excellentes mises au point du sujet. Ce dernier en particulier fait une étude poussée de la question anatomo-pathologique et pathogénique. Dubar classe
CAUSSE
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les ostéomes en ostéomes libres (éburnés, âge mûr) et en ostéomes adhérents (adolescents ; kystiques, ostéogéniques, éburnés, celluleux, spongieux), reprenant ainsi les conclusions de Montaz.
Les observations de Hamilton (2), de Zimmerman, d'Arthur Giese, de Goyanes, de Birsch-Hirchsfeld, d'Hastings, qui s'échelonnent de 1900 à 1905, permettent à Huchlenbroïch (de Fribourg) de faire porter son étude sur 59 cas. Hugh E. Jones et Thurstan Holland, de Liverpool, sont les premiers, à notre connaissance, à avoir utilisé la radiographie pour le diagnostic des tumeurs osseuses du sinus frontal.
Un travail d'ensemble, très documenté et que nous avons aujourd’hui encore consulté avec profit, paraît en 1907 par la main de Gerber (de Künigsberg). Il constate la prédilection de l’ostéome pour l’adolescence et le sexe masculin ; il croit plutôt à une étiologie traumatique et inflammatoire qu'à une genèse embryonnaire, Nous verrons plus tard ce qu'il faut en penser.
Davies, en 1907, est un des rares auteurs à menlionner avec précision le point d'implantation de la tumeur : ici, le pédicule est inséré sur l’ethmoïde et la paroi interne du sinus frontal. L'examen anatomopathologique du cas curieux de Ziberte, la même année, vient éclairer d'un jour particulier la pathogénie des ostéomes, mais peut-être pas dans le sens que lui avait donné l’auteur.
Une observation de Moure permet à Ardenne de reprendre en 1909 les diverses théories tentant d'expliquer la genèse des ostéomes.
Solger, Güntzer, Dubar et Potel, Pfeiffer apportent, de 1909 à 1912, ieur contribution à l'étude clinique de la question.
En 1913, vient Citelli (de Catane) qui, dans deux publications, se fait le défenseur de la théorie de la genèse embryonnaire, sans parler encore du cartilage ethmoïdal, déclarant la théorie étiologique purement traumatique insoutenable aujourd'hui.
Il serait fastidieux de relater toutes les publications qui vont paraître sur les ostéomes du sinus frontal. Signalons seulement celles de Chapman, Robert (1916), Barnhill, Sewal, Thomas (1918), Jacques (1919), Slope (1920), Fallas (1921), Dahmann (1922), Piazza (1923), Schousboe (1924), ceïle de ce dernier présentant l'intérêt de quelques considérations de pratique opératoire {tamponnement des choanes).
Désormais le rythme des publications s'accélère, témoignant du vif intérêt que porte le rhinologiste à une affection qu'il apprend à connaître et dont il commence à se rendre le maître. Ce sont Buys, Lee, James Harper, Good Year, Lillie et Anderson, Righetti, Riecke, Serra, H. Walter, Neilson, Garretson, Trakmann, Caccialupi, etc., qui relatent des cas ou font paraître des études.
C’est en 1926 également que se place la première observation de MM. Mouret et Dejean, suivie en 1927 d’une seconde, très intéressante par le volume exceptionnel de la tumeur ; ce sont ces observations que M .le Docteur Dejean a bien voulu nous autoriser à publier, nous donnant lui-même tous renseignements sur elles et en mettant à notre disposition les coupes
histologiques.
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En 1929 paraît, à la Société de Laryngologie des Hôpitaux de Paris, la relation du cas de Lemaïtre et \ubin qui servira d'observation princeps à l'excellente thèse de Roger (1932).
Nous ne ferons que citer (nous reviendrons sur ces cas au cours de notre étude) les publications de Drachmann, Zimmermann, Reverchon, Worms, Sackin, Browder, Siméoni, Rosenstein, Hertz, Lithgow, Martin et Hall, Zeliger, Leavenworth, Neumann, Brown, Vittle et surtout le deuxième cas présenté par Lemaître et Aubin en 1931 à la Société de Laryngologie des Hôpitaux de Paris.
En 1931, MM. Terracol et Lamarque présentent à la Société des Sciences médicales et biologiques de Montpellier le cas d'ostéome du sinus frontal qui a servi de point de départ à notre thèse. L'intérêt de cette observation réside dans le caractère de la tumeur qui est double, dans son point d'implantation sur le plancher du sinus à la jonction du frontal et de l’ethmoïde, et dans les excellents résultats qu'a donné la radiographie pour la recherche du diagnostic.
Depuis cette date, il faut encore citer l'observation d'Armitage (1931), étudiant les complications intracraniennes des ostéomes, la mise au point de Roger déjà mentionnée et un travail de Knapp (1933) sur les ostéomes des sinus accessoires du nez. Tout récemment, Gault a publié deux nouveaux cas d’ostéomes du nez, dont un du sinus frontal, et Petterino une observation d'ostéome du sinus frontal accompagné de mucocèle.
Que l’on nous permette de rapporter maintenant le
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cas que nous avons pu étudier dans le service de notre Maître, M. le Professeur Terracol. Nous ferons suivre sa relation de l'étude des trois observations que nous devons à l'obligeance de M. le Docteur Dejean.
C'est sur ces éléments réunis que nous allons appuyer notre étude des ostéomes du sinus frontal.