I. — Le diagnostic préopératoire est fait
Doit-on considérer la métastase ovarienne comme une interdiction opératoire au même titre que toute métastase ?
Voyons ce que nous enséignent les faits :
Hartmann a présenté au Congrès de gynécologie et d’obstétrique de Toulouse, en 1910, l'observation d’une femme sur laquelle il avait fait le diagnostic de cancer de l'estomac avec métastases dans les deux ovaires. Dans une première séance, il enleva l’utérus et les deux annexes et fit une gastro-entérostomie. Un mois plus tard, à la faveur de l’amélioration due à la première opération, il faisait la pylorectomie. La malade guérit.
Les cinq cas publiés par Goullioud ne sont pas aussi satisfaisants. Les tumeurs ovariennes étaient secondaires, deux fois à des cancers gastriques, deux fois à des tumeurs du côlon pelvien, une fois à un cancer des voies biliaires. Chez trois de ces malades, on enleva simultanément la tumeur primitive et les tumeurs ovariennes. Toutes succombèrent à la récidive au bout de quelques mois.
Taylor [de New-York] (1929) estime que le diagnostic préopératoire de tumeurs métastatiques des ovaires contre-
LS
indique toute action chirurgicale. Quelle est maintenant l’opi-
- nion des classiques?
Nous lisons dans le Traité de Gynécologie de Forgue et Massabuau (1927) :
« L'opération doit être tentée à condition qu'il n’y ait pas » de métastase sur d’autres organes ou d’envahissement im- » portant du péritoine et des ganglions. »
Malgré-l'opinion de Rosenstirn (1910), qui prétend n'avoir jamais observé d’envahissement des ovaires sans qu'il y eût en même temps des noyaux métastatiques dans le Douglas, les métastases ovariennes ne paraissent pas être des métastases banales. Si l’on admet, et c’est vraisemblable, que l’'atteinte de l’ovaire se fait par greffe de cellules cancéreuses par voie intra-péritonéale directe, et non par voie lymphatique, on s’explique comment Pacte chirurgical, vaiu dans tout autre cas, peut essayer d'enlever les lésions.
On cherchera donc les métastases’ classiques (foie en particulier) des cancers digestifs — métastases qui interdiront toute action naturellement. Par le toucher vaginal et rectal on étudiera soigneusement l’état du péritoine du Douglas — une induration nette de cette région doit commander l’abstention. Dans le doute et surtout si en dehors du cancer primitif on ne trouve rien que les masses annexielles, tenter l’ablation comme le fit Hartmann.