INTRODUCTION
Les nombreuses laparotomies pratiquées dans ces dernières an nées ont tait connaître des variétés ou espèces pathologiques de tumeurs de l’ovaire qui ,ne sont pas complètement décrites par les auteurs.
C’est une de ces variétés dont nous nous proposons de tracer l’esquisse clinique; nous croyons que ce doit être là le but des études pathologiques de l’avenir quand il s'agira des tumeurs de l’ovaire.
Ces tumeurs sont distinctes des kystes uniloculaires et multiloculaires, et diffèrent des tumeurs solides proprement dites de l’ovaire, telles que sarcomes, enchondromes, etc. Elles se présentent sous deux formes anatomiques lorsqu’on les étudie sans le secours du microscope, tantôt les végétations constituent à elles seules toute la tumeur, il ne reste pas trace de la petite cavité kystique primitive et l’ovaire est transformé en une masse végétante; tantôt les végétations nombreuses et abondantes sont implantées à la surface et à l’intérieur
d’un kyste de volume variable, mais ordinairement beaucoup moindre que celui des kystes ovariques ordinaires.
En général les deux ovaires sont envahis en même temps par les végétations néoplasiques.
La première pensée qui vient à l’esprit de l’observateur est qu’il s’agit dans Lun et l’autre cas de cancers végétants de l’ovaire, épithéliomes ou papillomes, d’autant plus que dans la grande majorité des
cas on voit survenir à bref délai la généralisation. Il faut cependant établir des degrés dans la malignité, car au début, quand la dégénérescence cancéreuse n’est pas survenue, certaines de ces tumeurs
jouiraient d’une relative bénignité. Dans un cas observé par nous dans le service de M. le professeur Duret, une ovariotomie pratiquée
pour une double tumeur végétante des ovaires, chez une femme de 25 ans, a été suivie de succès, et après 32 mois la récidive n’est pas survenue et la santé est au suprême degré florissante.
Nous étudierons du mieux qu’il nous sera possible ces tumeurs végétantes kystiques ou non kystiques, en nous attachant surtout à Tétude de la végétation qui donne à ces tumeurs une physionomie clinique spéciale, un pronostic presque toujoursgrave et qui entraîne des conséquences thérapeutiques spéciales.
Nous savons que MM. Malassezetde Sinety, M. Poupinel ont envisagé la structure etla généralisation de ces tumeurs, queM. Sebileaua très bien étudié l’ascite qui accompagne presque toujours ces néoplasmes, toutefois l’aspect clinique particulier de ces sortes de tumeurs nous a décidé à en faire une étude spéciale, en effet tandis qu’après ouverture de l’abdomen dans le cas de kyste ovarique on tombe immédiatement sur celui-ci, dans le cas de tumeurs végétantes au contraire la laparotomie donne issue à du liquide ascitique souvent abondant et c’est dans le petit bassin qu’on trouve une ou deux tumeurs kystiques ou non mais végétantes et ressemblant absolument à des choux-fleurs. Bien que la conduite du chirurgien aboutisse dans les deux cas à l’extirpation, la physionomie clinique des deux affections est si différente au moment de l’opération que nous avons cru utile d’essayer une description spéciale des tumeurs végétantes de l’ovaire.
En raison du soin que nous avons mis à recueillir la plupart des observations connues et suffisamment détaillées, eu égard aux difficultés inhérentes au sujet lui-même, on voudra bien être indulgent pour notre modeste tentative et l’excuser en raison de l’effort tenté pour jeter quelque lumière dans cet ensemble pathologique encore si complexe des tumeurs de l’ovaire.