ARCHITECTURE GÉNÉRALE
Comme les tumeurs villeuses bénignes ces néoformations apparaissent comme très superficielles. À la loupe, sinon à lœil nu, on voit le chevelu des villosités qui constituent à elles seules la tumeur, se détacher de la muqueuse vers la lumière intestinale. Mais alors que dans la forme bénigne les villosités s’insèrent sur un plan nettement surélevé par rapport à l’alignement de la muqueuse saine voisine — et cela vraisemblablement à cause de la prolifération adénomateuse qui fait le lit des végétations superficielles — dans ces tumeurs malignes elles se dégagent en contre. bas de la muqueuse saine, comme si elles se développaient au niveau d’une dépression, ou plus exactement d’une érosion qui
aurait abrasé une partie du chorion. Cetté image est particulièrement nette dans les préparations où la tumeur est encadrée par deux bordures de muqueuse saine. On voit alors, au niveau des deux zones frontières, la fracture brusque de la muscularis mucosae, la dépression progressive de la muqueuse, ou plus précisément du plan sur. lequel s’insèrent les végétations villeuses (fig. 10).
Mais dans l’ensemble la tumeur, malgré la tendance qu’elle présente à s’enfoncer dans le chorion, donne cependant l’impression d’une néoformation superficielle, la prolifération villeuse procédant vers la lumière intestinale.