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LE VILAYET D ALEP

Population 994.600 habitants. Superficie 78.600 kil. carrés. Divisé en 3 Sandjaks^lZ Gazas et 14 Nahiés.

1° Merkez. Sandjak d'Alep.

1° Caza d'Alep.

2° — - de Killis.

30 . d'Aïntab.

40 d'Antakkié.

50 — d'Iskenderoun.

6° — de Harem.

70 — de Idlis.

8° — de Djisr-Chor.

go — de Djebel-Semdan.

10 e Caza de Mogra.

11° — de El Bob.

12° — de Membidje.

13° — de Beïlan.

14° — de Rekkd.

2° Sandjak de Marache.

1° Caza de Marache.

2o — de Elbistan.

30 d'Anderine.

4° — de Bazardjik.

5° — de Zeïtoun.

3° Sandjak Ourfa.

1° Caza d'Ourfa.

2° — de Roum-kalé.

3° — de Biredjik.

4° — de Souroudj.

Les limites géographiques de ce vilayet sont :

La mer Méditerranée et le Vilayet d'Adana à l'Ouest. Les Vilayets de Sivas, de Mamouret-ul-Aziz au Nord ; le Vilayet de Diarbekîr et le Mutessariflik de Zor à l'Est; le Vilayet de Beyrouth (Syrie et Libnan) au Sud.

Voici quelques notions sur les principales villes de ce Vilayet, sans nous étendre beaucoup sur ce département qui ne nous intéresse pas autant que ceux d'Adana et de Djebel Bereket qui sont devenus

célèbres par les monstruosités des Moustapha Remzi, des Djévad, des Assaf et consorts Savoir :

Antakkiè (Antioche), 20.000 habitants. Lors de la première croisade les chrétiens y établirent une principauté qui subsista jusqu'en 1268. Elle a possédé du temps où elle était la capitale florissante de la Syrie jusqu'à 500.000 habitants. Bâtie sur l'Oronte (Nahr el-Asi), patrie de Saint- Jean Chrysostôme. Les musulmans s'en emparèrent en 1268. — 80 familles arméniennes y ont été massacrées en 1909. Du côté de l'Ouest se trouvent les villages arméniens suivants : Hadji Habib, Youghounolouk, Khederbey, Bakof, Kéboussié et Batias qui possèdent tous leurs écoles.

Beïlan. — Au Sud d'Alexandrette, à 3 heures de distance, elle sert de station estivale à celle-là. Il y eut de grands massacres d'arméniens en 1909.

Ancien Bonel du temps du royaume cilicien, à l'entrée d'Erminie. Aux environs : Atik, Kanlidéré, Saritchinar, Soghanli,Mizguit-eunu, Hadji Moussali, tous ces villages arméniens ont été massacrés en 1909.

lskenderoun (Alexandrette), à l'Ouest du Vilayet, port sur la Méditerranée, ville bâtie par Alexandre le Grand dont elle porte le nom. Elle fait le trafic avec l'intérieur tels que Alep et Aïntab, etc., etc. Commerce assez florissant, mais l'air n'est pas salubre, 6.800 habitants dont 3.600 chrétiens. Aux environs : Arsus (Arché), Nerguizlik, Soouk-Olouk, Guzely, Mahmurlu, Merkez, Kermetli, Keur-Konyou, Guiavour Ouchaghi, Ak-tchaï.

Alep (Péria des anciens) (environ 180.000 habitants). Bâtie au milieu d'une grande vallée, traversée par une rivière qui tarit en été. L'hiver se passe sans neige et il fait fort chaud pendant la saison d'été.

Centre d'un grand commerce. Métiers de cotonnades et de lainages.

Killis (Giliza). — Entre Alep et Aïntab, 20.000 habitants dont 2.000 arméniens. Fabriques d'huile d'olives.

Khnous. — Petite ville sur la route d'Aïntab, au Nord de Killis. Aux environs : Hamarig, Tchevirmé, les habitants de ces deux villages arméniens ont été massacrés en 1909.

Aïntab. — Bâtie sur trois collines, 70.000 habitants dont plus de 25.000 arméniens. Ville antique et opulente située sur la route provinciale de Bagdad ; beaux jardins, environs magnifiques, montagneux et frais. Commerce florissant ; métiers de tapis, étoffes pour habillements, savonnerie, etc., etc. Elle était au moyen âge un grand fief de la principauté d'Edesse {Ourfa actuel). Elle s'appelait Dolique. Aux environs, Kaypak.

Kessab, sur le versant septentrional de Djebel- Libnan, aux pieds du Mont Akra. Possède une population de 1.000 maisons dont 700 familles arméniennes. Son port de commerce est Karabouroun sur le littoral de la Méditerranée. Les arméniens y ont été massacrés.

Kerek-Han. — Petit village sur la route d'Alexandrette à Alep, à 37 kilomètres. Hôtelleries et moulins. Aux environs, Amoukh, Deyirmen-Tache. Tous les arméniens ont été tués.

Marache (ancienne Germanicia de Cappadoce), à 44 heures à cheval, au Nord d'Alep, près du Mont Akhor, 25.000 à 30.000 habitants. Chef-lieu du Sandjak du même nom. Grand centre de commerce avec les cazas et avec une centaine de villages. Environs :

Dérékeuy, Kandia, Kéchifli, Tchakirogloù , Fendedjak, Gueuldeïz, qui sont des villages arméniens.

Anderine, limitrophe au Vilayet d'Adana, entre Zeïtoun et Marache, elle possède 21.000 habitants la plupart arméniens, elle commande à 82 villages* Grâce à la proximité de Zeïtoun dont les habitants sont de bons guerriers, ce caza n'a pas été endommagé pendant les massacres de 1909. Quelques villages situés un peu loin de ces parages ont été seulement pillés.

Zeïtoun, au Nord-Ouest de Marache, bâtie en amphithéâtre sur le versant de hautes montagnes. Population de 20.000 habitants tous arméniens ayant leur église, des écoles et un couvent célèbre au nom de la Sainte Vierge.

Ce nid d'aigle a été choisi par sept familles princières arméniennes qui ont émigré de la ville d'Ani, ancienne capitale arménienne détruite complètement par un grand tremblement de terre en 1319. Ces princes étaient venus s'installer tout d'abord en Cilicie dans un endroit qu'ils ont baptisé du nom à'Ani-tzor (Vallée d'Ani), mais ne s'y plaisant pas beaucoup, ils se sont transportés avec leur suite vers les monts de Zeïtoun (Tzitoun) mot qui signifie en arménien, Oliviers. Les habitants, montagnards bien bâtis sont très pauvres et s'occupent généralement de l'élevage du bétail et de travaux champêtres. Ils sont très braves, les femmes mêmes sont très courageuses. Très patriotes, retirés aux sommets de leurs montagnes et bons tireurs, ils ont résisté hardiment à une armée ottomane de 50.000 soldats sous Abdul-Aziz. Ce dernier, furieux de sa défaite, voulait y envoyer 150.000 hommes pour écraser entièrement les Zeïtou-

niotes* Cependant leur chef ecclésiastique, lô prêtre Apartiantz, ayant eu vent de l'expédition qui se préparait pour leur destruction, eut le courage de faire un voyage jusqu'à Paris et de trouver le moyen de se présenter aux Tuileries pour déposer les doléances dé ses co-nationaux aux pieds de l'Empereur. Napoléon III irrité de l'attitude prise par le Sultan contre de pauvres montagnards qui ne désiraient que la paix, télégraphia immédiatement au Sultan de faire arrêter de suite son expédition sous peine d'avoir affaire avec la France elle-même. Là-dessus le Sultan Abdul-Aziz rappela son armée et la France intervenant, une autonomie fut accordée à Zeïtoun, avec la nomination d'un gouverneur chrétien* Cependant cette clause a été annulée sous le régime tyrannique d'Abdul Hamid II, et l'Europe occupée ailleurs n'a pas élevé la voix contre cette nouvelle main-mise turque. Car Zeïtoun a depuis quelque temps un gouverneur turc et de nouvelles vexations se produisent journellement pour exaspérer la pauvre population rurale qui traîne dans la misère.

Un grand incendie avait presque entièrement détruit la ville en 1884, depuis cette date Zeïtoun n'a pas pu se relever de ses ruines.

Les monts environnants s'appelent Berzinga, $o>lakdédè et Kêr-Dzère*

Oulni^ petit village aux environs de Zeïtoun est renommé, l'histoire ên fait mention.

Elbistan (Ablasta des arméniens), ville ancienne, à l'Est de Zeïtoun et au Nord-Est de Marache. Située au milieu d'une chaîné de montagnes, elle contient des vestiges romains.

Bazar djik* — . Nouvelle ville, située entre Marache

et Aïntab ; aux environs il y a des forts remontant au temps des croisades.

Nissib ou Nissibine {Medzhine des arméniens) au Sud-Est de Aïntab, appelé également (Antioehe de Muctonia), aux pieds du mont Karadéré (ancien Massius) près de la rivière Djakhdjakh (Muctonia). Capitale du royaume de la dynastie arménienne Archagouni. Lucullus s'en est emparé du temps de Tigrane. La ville a perdu toute son importance dans la suite et a été ruinée.

Ourfa (ancien Our des Chaldéens et Edesse ou Rakel). Capitale du royaume de Mésopotamie. En l'an 1.144 elle a passé entre les mains de Zanki d'Alep.ll y existe d'anciens forts avec des inscriptions chaldéennes, elle a possédé jusqu'à 200 églises. Commerce florissant, métiers d'étoffes pour vêtements. Edesse est un nom donné par Alexandre-le- Grand qui avait rebâti la ville. Ce fut, au lendemain de la prise de Jérusalem, le chef-lieu d'une principauté chrétienne fondée par Godefroi de Bouillon.

Roum-Kalè [Hromgla des arméniens) Cla'in des grecs ; à deux jours à l'Est d' Aïntab. Vieux forts arméniens. Les catholicos arméniens y ont siégé longtemps, dont le célèbre Nersès Chenorhali qui s'appelait aussi Glaétzi du nom de la ville, qui veut dire en arménien : de la ville de Glaè. Le Catholicos Krikor Bahlavouni, surnommé aussi Degha (jeune) y fit construire un superbe temple pour conserver les restes des catholicos Bahlavouni. En 1293 le Sultan d'Egypte s'est emparé de la ville et a conduit avec lui le catholicos Stepannos ainsi que le bras saint, relique de Saint-Grégoire l'Illuminateur.

Tamerlan en 1401 a ruiné complètement la ville

qui est aujourd'hui presque délaissée. Il n'y reste plus qu'une quarantaine de maisons. Elle est bâtie en amphithéâtre sur le versant d'une colline, elle est entourée d'une enceinte forte en pierre. Plusieurs vestiges romains. Tombeau du catholicos Nersès Chenorhali.

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