‹ Les Turcs ont passé làChapitre 25 sur 28 · DONNÉES GOUVERNEMENTALES ÉMANANT DU GOUVERNEUR · texte numérisé non relu

DONNÉES GOUVERNEMENTALES ÉMANANT DU GOUVERNEUR

DU VILAYET d'aLEP

A Marache (ville)

A Enderine (faubourg)

A Antioche . ,

A Kessab

Dans diverses parties du Vilayet d'Alep

Tués.

Tués

et 6.797 éprouvés (1).

(1) Il est à remarquer qu'on n'a pas fait le dénombrement de ces victimes par nationalité!

DU JOURNAL « TANINE », ORGANE OFFICIEL DU COMITE JEUNE-TURC « UNION ET PROGRES »

Province d 1 Adana.

A Adana (ville). — Grand massacre, pillage et incendie.

A Missis. — Massacre, pillage et incendie.

A Hamidié — — ■ — A Sis (Kozan). — Siège du Catholicos. Pas de massacre.

A Hadjine. — 11 existe de nombreux arméniens. 11 y a 72 islams tués. Dans les villages, peu de turcs, par contre de nombreux arméniens tués.

A Osmanié. — Événements, incendie des églises. Massacre et pillage par les Redifs (territoriaux) (i).

A Bahdjé. — Massacre, pillage et incendie.

A Yàrpouz. — Evénements de peu d'importance.

A Erzine. — — — —

(dans le Djebel-Bereket).

A Deurt-Yol. — Massacre de la part des musulmans. — Les arméniens en uniforme ont barricadé le village. Des canons construits avec des conduites d'eau enfer ont été employés par des volontaires de la tribu Pochai. Beaucoup de monde venu du dehors (2).

(1) C'est le premier aveu de la participation des soldats aux carnages et au butin. Cela a son importance, surtout venant d'un journal officiel jeune-turc.

(2) Le dit journal ne donne pas des détails précis sur les massacres^ pillages et incendies par malveillance pour étouffer les chrétiens dans leurs derniers refuges, leurs églises. Il veut constater absolument qu'il existait des canons en conduites d'eau et qu'ils étaient employés par les arméniens de Deurt-Yol.

Ii n'existe pas en outre de tribu du nom Pochai; c J est une pure invention, un mot jeté au hasard, comme une trouvaille. D'ailleurs ce mot n'est pas connu des arméniens.

A Mer sine. — Pas de troubles.

A Tarsous. — Événements, massacre, pillage et incendie.

A Ayas. — Pillage et massacre.

A lslahié. — Pas de troubles.

A Khassa. — Le monastère de Ekbez a été assiégé. Quelques femmes ont été enlevées par des Islams (1).

A lskenderoun (Alexandrette). — Rien dans la ville même. Quelques maisons incendiées aux alentours.

Vilayet d'Alep.

A Beïlan. — Pas de troubles.

A Kerek-Khan. — Les arméniens ont été massacrés et le village incendié par les Islams.

A Antakkié (Antioche). — Les soldats Redifs d'accord avec la populace ont commis des massacres et du pillage en grand.

A Kessab. — Ce village est essentiellement arménien ; les Islams Font attaqué, ils ont massacré les habitants et tout détruit.

A Marache. — Quelques personnes tuées, pillage insignifiant (2).

(1) Le Vali assurait qu'on n'avait pas enlevé des chrétiennes.

(2) Voilà donc une liste préparée par un organe qui se vante d'être juste, bien renseigné et véridique. Nous lui demandons pourquoi il n'a pas osé poser quelques chiffres pour montrer clairement le nombre des morts de part et d'autre. On lit dans cette liste qu'il y a eu 72 Islams tués àHadjine; et dans les autres villes et villages, combien? Quel a été le nombre des arméniens massacrés ? Il fallait pousser la franchise plus loin et puisqu'on dit que les Islams ont attaqué tel ou tel village, dire aussi quelles sont par contre les habitations et les villes attaquées par des arméniens en armes. Du moment qu'on n'a pas osé préciser ces faits, cela indique catégoriquement que les Islams ont attaqué les chrétiens partout à la même heure avec une

Le Tanine voulait intervertir les rôles, incriminer derechef les arméniens, en prétendant qu'il y avait beaucoup plus de turcs massacrés par ces premiers. Cependant son article était écrit avec un excès de fiel, il était en contradiction avec la vérité et tourné bien gauchement pour être cru.

11 a eu sa réplique comme il le méritait. Ce fût un toile général dans les journaux arméniens de Constantinople. Le Jamanak, YArévelk, k; Djèrideï-Charkié, etc., ont publié des articles sensationnels, le 11 et 12 juin 1909 et Font fait taire d'une façon exquise.

D'ailleurs le Tanine et Ylttihad ont toujours combattu contre les arméniens et ont tâché de mettre la discorde dans la Fraternité octroyée par la Constitution ottomane.

précision, une férocité et un ensemble parfait. Le coup était savamment étudié et combiné d'avance. Les pauvres arméniens furent surpris partout, même au milieu de leurs travaux des champs; on les abattit à coups de fusil, comme des lapins et, s'ils tentaient de se défendre, on les mutilait sans pitié. Si quelques musulmans fanatiques sont tombés dans les assauts qu'ils ont donnés avec préméditation, ceux-là ne sont pas à plaindre car ils ont cherché euxmêmes la mort, lis n'avaient qu'à rester tranquillement chez eux, au lieu d'aller de sang-froid à la tuerie, pour égorger dans leurs lits des frères de la Constitution qui ne demandaient qu'à vivre en paix.

Le Tanine reconnaissait donc malgré lui, en date du 10 juin 1909, que des soldats avaient participé aux massacres ainsi qu'aux pillages. Il ajoutait que c'était des redifs, quand on sait pertinemment par toutes les correspondances privées et des rapports consulaires que c'étaient des soldats envoyés de Dédé-agatch (3 e eorps d'armée, armée de la Constitution même). Voir à ce sujet également le rapport Faïk et Mostidjian. Enfin, c'est tout de même un aveu de la part des jeunes turcs ; auparavant, ils niaient énergiquement toute participation des soldats réguliers,

Le même journal répondait aussi à la même date au journal Le 3Iatin de Paris, en contestant les faits et récits y publiés le 5 juin 1909 au sujet des événements d'Adana,

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