‹ Les Types de Bacilles Diphtériques: Valeur Thérapeutique Du Sérum Antidiphéritique AntimicrobienChapitre 13 sur 52 · III. Essais de Thérapeutique par les Sérums antimicrobiens · texte numérisé non relu

III. Essais de Thérapeutique par les Sérums antimicrobiens

Dès 1897, van de Velde avait distingué dans les sérums antidiphtériqnes une action antitoxique et une action antiinfectieuse, n'évoluant pas parallèlement, capables C'être développées de préférence, la première par dés injections à l’animal producteur de sérum de toxine soluble forte, la seconde par injection de culture totale ou de bacilles lavés.

Wassermann avait proposé l’utilisation thérapeutique d'un sérum antimicrobien, maïs ne semble pas l’avoir mise en pratique.

Bandi (1903) prépare d’abord un chien par injections péritonéales de bacilles tués. Puis, avec le sérum de ce chien, il sensibilise des bacilles diphtériques vivants qu il injecte sous la peau d’une chèvre. Il obtient ainsi un sérum agglutinant à 1/30, présentant des sensibilisatrices abondantes et possédant 15 unités d'Ehrlich par centimètre cube. Ce sérum, à dose très faible (3 à 6 centimètres cubes par injection, répétée 2 ou 3 fois), amène dans 7 cas humains très graves, l'expulsion rapide des fausses membranes. Bandi en préconise, par conséquent, l'emploi dans les diphtéries trachéo-bronchiques.

L. Martin (1903) utilise son sérum antimicrobien pour le traitement local des fausses membranes ; il note que la douleur disparait très rapidement, que les fausses membranes se gonflent et tombent en un temps très court, et que le nombre des bacilles diphtériques diminue rapidement.

Le sérum est employé en attouchements ou bien desséché, incorporé à de la gomme et transformé en pastilles que sucent les malades. Naturellement, des injections d'antitoxine sont faites à tous les malades.

Dopter (1905), utilisant les pastilles de Martin, constate la disparition en quelques jours des bacilles de la gorge des malades et en un temps un peu plus long, la disparition des bacilles des fosses nasales, en faisant priser de la poudre de sérum sec.

Cette sérothérapie locale, modérément employée avant la dernière guerre, fut largement répandue, avec quelques modifications, dans les hôpitaux militaires de contagieux et de là dans les hôpitaux civils. Le sérum antimicrobien desséché, mélangé à des poudres inertes et adhésives, et employé en insufflations nasales et pharyngées, réduisit considérablement la durée de l’isolementet de l’indisponibilité soit des convalescents, soit des porteurs sains de germes.

Martin, Prévotet Loiseau (1910), devant le manque de parallélisme des pouvoirs agglutinant et antitoxique des sérums antidiphtériques, se demandent quel est le meilleur sérum thérapeutique. Ils rappellent qu'au moment du Congrès de Budapest, l’action du sérum de Roux était manifeste, vingt à trente centimètres cubes suffisant pour faire rapidement tomber les fausses membranes et guérir une diphtérie moyenne ; à ce moment, les chevaux ne recevaient que de vieilles toxines, et l’on vit plus tard qu'ils ne titraient guère que 150 unités antitoxiques d'Ehrlich. On injecta alors des toxines jeunes, très actives ;

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le nombre d'unités du sérum monta considérablement, mais les fausses membranes tombèrent moins vite, si bien que L. Martin injecta à la fois des toxines jeunes et des toxines vieilles pour obtenir de meilleurs résultats thérapeutiques.

Les sérums antitoxiques et agglutinants ainsi obtenus amenèrent une disparition des fausses Îmembranes plus rapide que celle obtenue par les sérums purement antitoxiques. À signaler seulement que les sérums très agglutinants parurent provoquer des accieents sériques plus marqués que les sérums strictement antitoxiques. (

Tels sont les travaux de nos devanciers.

On peut en tirer un certain nombre de conclu- SiOns :

Les sérums antimicrobiens s'obtiennent par injection de bacilles ou d'autolysat bacillaire.

Ces sérums peuvent agglutiner, mais non toujours, les bacilles diphtériques à un taux élevé, jamais les pseudo-diphtériques à un taux approchant.

Les sensibilisatrices accompagnent les agglutinines, mais sont moins spécifiques que ces dernières.

Ily a dans le bacille diphtérique, en dehors de la toxæine soluble, des substances toxiques dont l’une au moins est douée d’affinité pour le système nerveux.

Les sérums antimicrobiens ont une action thérapeutique locale certaine.

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