‹ Les Types de Bacilles Diphtériques: Valeur Thérapeutique Du Sérum Antidiphéritique AntimicrobienChapitre 12 sur 52 · RA · texte numérisé non relu

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dilutions de sérum et porté à l’étuve. La réaction commence vers la 4° heure et est complète entre 7 et 22 heures.

50 souches de bacilles diphtériques ont toutes été agglutinées par le sérum de Schwoner ; très disciplinées, elles s’agglutinaient le même jour toutes au même taux, qui atteignit 1/10.000.

Aucun bacille pseudo-diphtérique ne fut agglutiné à plus de 1/10.

Inversement, un sérum de bouc traité par des injections d'un bacille pseudo-diphtérique n’agglutine aucun bacille diphtérique, ni même aucun pseudo-diphtérique autre que celui qui avait servi à l’inmmunisation. ;

Les résultats de Schwoner, confirmés par Schick et Ersettig (1903) qui opérèrent avec le sérum de Schwoner, établiraient donc la possibilité de la différenciation biologique des bacilles diphtériques vrais et des pseudo-diphtériques.

Louis Martin (1903) recherche dans quelles conditions apparaît le pouvoir agglutinant, inconstant dans les divers sérums thérapeutiques. Il constate que l'injection de bacilles tués le fait toujours apparaître, faible quand on utilise la voie sous-cutanée ; plus fort quand on fait des injections intra-péritonéales ; bien plus élevé, enfin, quand les bacilles sont introduits dans les veines. Mais, les trois procédés offrent leursinconvénients respectifs. Abcès dans le premier cas, difficulté de répéter les injections péritonéales, réactions violentes pouvant ame-

ner la mort des chevaux au cours du dernier mode de traitement.

ROLE qu

L’agelutination, sur des cultures rendues homogènes par chauffage d’une heure à 100°, peut dépasser le taux de 1/200.

Louis Martin reprend la question en 1910 avec la collaboration de Prévot et Loiseau. La technique modifiée est la suivante : Culture de bacilles 24 heures sur gélose, broyage au mortier de la masse bacillaire et émulsion dans l’eau salée, addition de sérum dilué, et enfin lecture de l’agglutination après 45 à 18 heures de séjour à 37°. On constate ainsi que le sérum de chevaux immunisés à l’aide de toxines diphtériques vieilles peut agglutiner jusqu’à 1/600, de même que celui de chevaux injectés dans le péritoine avec des bacilles diphtériques vivants. Au contraire, le sérum de chevaux traités par des toxines jeunes peut ne pas agglutiner et ne dépasse, en tous cas, jamais le taux de 1/100.

De plus, les titrages par la méthode d’Erlich montrent qu'il n’y a pas de parallélisme entre le pouvoir antitoxique et le pouvoir agglutinant et que l’on peut préparer des sérums très antitoxiques qui ne sont pas agglutinants.

Les recherches de Louis Martin et de ses élèves ont eu le grand mérite de préciser les conditions d'apparition du pouvoir agglutinant des sérums, lié à l'injection de bacilles ou de substances diffusées du bacille dans les vieilles cultures, et de poser, comme nous le verrons plus loin, le problème de la valeur thérapeutique comparée des unités antitoxiques et des autres propriétés du sérum.

Przewoski agglutine deux bacilles diphtériques et

à un taux peu élevé un bacille pseudo-diphtérique avec un sérum anti-microbien. Par contre, un sérum anti-pseudo-diphtérique n’agglutine que la souche homologue et non les deux diphtériques.

Van Riemsdyjk insiste sur la difficulté de préparer une émulsion stable, avec les méthodes antérieurement proposées pour cet objet. Elle obtient une suspension homogène en chauffant les émulsions bacillaires 2 heures 1/2 au bain-marie à 50°. Elle constate qu’un sérum de lapin immunisé avec une seule souche est strictement monovalent. Pour agir sur ses douze échantillons avec le même sérum, elle doit employer, pour l’immunisation de l’animal, au moins quatre souches différentes. L'agglutination ne lui donne d’ailleurs des résultats appréciables qu'après 24 heures, c'est-à-dire à un moment où la sédimentation spontanée est très intense et gène considérablement la lecture.

Spiegelberg essaie encore de faire le diagnostic, par l’agglutination, des bacilles diphtériques et des pseudo-diphtériques. Il travaille avec quatre souches de diphtériques d’origine humaine et huit souches provenant de pigeons sains ou malades. Ses sérums proviennent de lapins injectés dans le péritoine avec un seul microbe. Les résultats sont variables, l’agglutination étant tantôt forte, tantôt du degré de celle que produit un sérum normal de lapin.

La souche qui a servi à l’immunisation d’un animal peut être agglutinée par le sérum correspondant à un taux moins élevé que ne l’est une autre souche.

L'auteur conclut qu'une distinction radicale n’est

pas possible par l’agglutination entre diphtériques vrais et faux.

Langer fait, en 1916, une étude très consciencieuse de la question. Son matériel microbien se compose de 24 diphtériques typiques par leur morphologie, leur virulence, capables de pousser en anaérobies et de faire virer le milieu glucosé de Thiele, possédant, enfin, des granulations de Neisser, d’un bacille diphtérique atypique n’ayant pas de granulations et d'un autre sans granulations ni virulence, enfin de 9 pseudo-diphtériques. Ces bacilles donnent facilement des émulsions stables, à condition d’être cultivés pendant 18 à 24 heures sur plaques de sérum coagulé très lentement, de 70° à 90° en 12 heures et dans une atmosphère saturée de vapeur d’eau, ou bien encore sur de l’agar surmonté d’une couche de sérum.

Langer note que les émulsions phéniquées peuvent se conserver plus de quinze jours sans perdre leurs propriétés d'homogénéité et d’agglutinabilité.

Il immunise des lapins par trois injections intraveineuses, à huit jours ou plus de distance, d’un mélange de sérum antitoxique et de bacille, celui-ci à la dose, d’abord, de 2 üses, puis de 1/10 de culture sur plaque.

L’agglutination se fait dans des blocs de verre creusés, commence au bout de 2 à 3 heures, est complète en 5 à 6 heures. à

Dans ces conditions, le sérum de lapin normal peut agglutiner à 1/20, parfois à 1/40.

Les sérums de quatre lapins préparés avec la sou-

che 22 agglutinent entre 1/640 et 1/1280 15 souches dont l'homologue, à 1/40 ou pas du tout les 9 autres souches diphtériques, n’agglutinent pas les pseudodiphtériques. Mêmes résultats avec le sérum d'un lapin immunisé avec une autre des 15 souches agglutinées.

Deux lapins sont alors injectés, chacun avec une des 9 souches inagglutinées. Aucun des deux sérums n’agglutine une de ces 9 souches, mais tous les deux agglutinent à un taux élevé les 15 bacilles du premier groupe.

Ainsi, la fonction agglutinogène se montre le témoin fidèle de l'identité d’un bacille diphtérique,

L'auteur remarque d'ailleurs que l’agglutinabilité peut ou non se montrer dès l’isolement de la souche, qu'elle peut se perdre par culture prolongée sur agar, ou être ramenée par repiquages journaliers sur sérum. Les cultures inagglutinables auraient, de préférence, les caractères suivants : bacilles longs, assez droits, poussant en bouillon en trouble diffus et provenant de cas cliniques légers ou de porteurs sains.

Mais Langer ne se contente pas de trouver dans la fonction agglutinogène un des caractères majeurs de ses bacilles diphtériques. Il constate une autre propriété aussi importante et plus facile à déceler dans le pouvoir de fixer les agglutinines. N'importe lequel de ses sérums, dilué à 1/20 ou 1/40, additionné d’une émulsion épaisse d’un quelconque de ses bacilles diphtériques, placé douze heures à l'étuve, puis centrifugé, ne peut plus agglutiner aucun des 15 bacilles du premier groupe.

Poche: purs

La fixation des agelutinines, caractère absolument spécifique des bacilles diphtériques, peut servir à les séparer des bacilles pseudo-diphtériques qui ne fixent rien ; elle peut même s'employer avec des cultures impures.

Les travaux de Langer, dont nous n’avons eu connaissance qu'après avoir publié nos premières recherches, nous paraissent tout à fait exacts, mais l’auteur a dû prendre ses souches, assez nombreuses, au cours d’une épidémie localisée ne comportant qu’un seul type de bacille diphtérique.

Cette notion des types, que nous avons énoncée dès novembre 1918 et étendue plus tard, est confirmée en partie par /lavens (1920), qui obtient par l’agglutination deux groupes de bacilles diphtériques, dont l’un, comprenant 82 °/, des 206 souches examinées, a pourtête de liste le bacille Park-Williams n° 8. Havens note une différence dans les toxines produites par les deux groupes, l’antitoxine obtenue parinjection de toxine du groupe | neutralisant beaucoup moins la toxine du groupe II que là première.

Il est juste de dire ici que le D' Park, à qui nous avons eu l'occasion d’exposer nos travaux et de remettre un échantillon de nos types en janvier 1920, a bien voulu nous écrire qu’il avait rencontré et identifié en Amérique la plupart de nos types.

SENSIBILISATRICES. — Zambotte (1901), par la méthode de Bordet-Géngou, ne constate pas desensibilisatrice pour le bacille diphtérique dans les sérums thérapeutiques ordinaires. En préparant un sérum antimicrobien par injections péritonéales de bacilles

diphtériques ou pseudo au cobaye, il obtient une fixation de complément par les bacilles diphtériques en présence de sérum correspondant, par les pseudo en présence de sérum correspondant, et une fixation plus ou moins complète, parfois intense, dans les . réactions croisées.

L. Martin (1903) constate avec Besredka la pré sence d’une sensibilisatrice dans les sérums agglutinants, son absence dansles sérums non agglutinants.

Weill-Hallé et Bloch Michel (1910) font de la méthode de déviation du complèment par le mucus recueilli sur la gorge du malade, en présence de sérum antidiphtérique thérapeutique, un procédé plus sûr pour le diagnostic précoce de la diphtérie que l’examen microscopique.

Prietsley (1911) essaye de différencier par cette méthode diphtériquer et pseudo. Il n'obtient pas de résultats, à cause, dit-il, de l’absence d’un bon antigène, quoiqu il eût essayé plusieurs de ceux-ci.

Kolmer (1912) conclut, de réactions effectuées comparativement avec des bacilles diphtériques et pseudo-diphtériques, que la fixation du complément en présence de sérums antimicrobiens préparés avec les uns ou les autres, ne révèle pas de différence bien nette entre ces différents microbes et que, d’autre part, il n'y a aucun rapport entre le degré de la fixation et la force antitoxique du sérum.

M.-E. Morse (1912) ne trouve au contraire aucune fixation réciproque entre bacilles diphtériques et quatre espèces diphtéroïdes ; par contre, elle trouve des fixations croisées entre les quatre diphtéroïdes.

Schmitz (1915) trouve des différences considérables entre la fixation en présence d’un même sérum par divers bacilles diphtériques vrais. Pour un même bacille, la réaction peut même varier d’un moment à l’autre.

Elle est nulle avec les pseudo-diphtériques.

PRÉCIPITINES. — Le sérum antitoxique ordipaire ne contient de précipitines ni pour une toxine soluble non concentrée (1), ni pour un autre antigène diphtérique. Wasserman, après de nombreux essais, arrive à préparer un sérum précipitant pour un antigène diphtérique.

Il prépare un antigène par dessication de bacilles, broyage au mortier d’agathe et extraction de la masse par l’éthylène-diamine à 0,1 °/,. Cet antigène, toxique pour le lapin, est inoculé à l’animal mélangé à du sérum antitoxique. Après une longue immunisation, le sérum obtenu précipite l’antigène.

Wasserman prévoit la possibilité de différencier ainsi les bacilles diphtériques des pseudo, et pense qu’un sérum précipitant pourrait peut-être faire disparaître plus rapidement les bacilles de la gorge des convalescents.

(1) On sait que Nicolle, Debains et Césari ont montré que l’antitoxine diphtérique peut donner un précipité quand on la met en présence d’une solution en eau salée gélatinée d’une toxine préalablement précipitée par le sulfate de soude.

Le 0 —

IT. L’Endotoxine diphtérique

Brieger et PBaer, dès 1896, constatent qu'après avoir éliminé toute trace de la toxine soluble adhérente à des bacilles diphtériques, en les lavant à plusieurs reprises avec une solution de chlorydrate d’ammoniaque, ils sont encore toxiques pour l’animal, même après avoir été chauffés, même après avoir été additionnés de sérum antitoxique. L'action en est surtout nécrosante.

Mya (1899) émet l'hypothèse qu'après la phase aiguë de la diphtérie, il reste dans l'organisme des « résidus toxiniques » à qui seraient dues les paralyÿsies tardives.

L’antigène de Wasserman, précipitable par son sérum, n'est qu'une sorte d’endotoxine.

Bandi, Bandi et Gagnont (1902-1905), obtiennent de l’endotoxine par autolyse de bacilles diphtériques dans une solution de Nacl, endotoxine neutralisée par un sérum bivalent, non par un sérum purement antitoxique.

Fist (1903) voit que l'injection péritonéale de bacilles diphtériques tués dans le péritoine du cobaye amène des accidents tardifs : cachexie, paralysie ou mort, bien distincts de ceux que provoque la toxine soluble. L’antitoxine qui empêche les derniers est sans action sur les premiers.

Il émet, comme Mya, l'hypothèse que l’endotoxine est cause des accidents paralytiques, et cela d’autant mieux que les recherches de Barbier, Richardière et

sd.

Tollemer, Zacchiri, ont montré aux autopsies la fréquence du bacille dans les centres nerveux des malades morts de diphtérie.

Auclair (1903) montre les lésions que peut déterminer l’éthérodiphtérine.

Cruveilhier (1909-1911) constate la toxicité d’une endotoxine obtenue d’après la méthode de Besredka, surtout lorsqu'on l’injecte dans le cerveau. Non neutralisée par le sérum antitoxique, elle l’est par un sérum de chèvre injecté avec des bacilles diphtériques.

Nicolle et Loiseau (1911) admettent que « parmiles facteurs de toxicité du bacille diphtérique, l’un constant est représenté par la substance fondamentale (poisons constitutifs), l’autre inconstant par la toxine soluble ». | Ê

Aviragnet, Bloch et Dorlencourt (1911) confirment les expériences de Rist et voient survenir à la suite d’injections de bacilles tués, ou dont la toxine soluble a été neutralisée, des lésions locales et des dégénérescences parenchymateuses.

Enfin, P.-J. Ménard (1913) isole dans le bacille diphtérique des substances toxiques de deux ordres. Les unes, lipoïdes, déterminent des lésions locales de nécrose plus ou moins intenses. Les autres, protéiques, ont une affinité spéciale pour les centres nerveux et déterminent, même à très faible dose, des convulsions et des paralysies lorsqu'on les introduit dans la circulation. Le sérum antitoxique ne neutralise aucune de ces substances.

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