II. Saturation des agglutinines
L’agglutination qui nous a donné ainsi des résultats précis, et d’une grand importance, ne satisfait pas entièrement l'esprit. Il reste trop de microbes non classés ; il reste surtout des bacilles dont la suspension nest pas stable et pour lesquels on ne voit pas le moyen d'utiliser l’agglutination. Nous avons vu, d'autre part, qu'un certain nombre de
souches peuvent voir leur agglutinabilité varier: celle-ci, ilest vrai, change quantitativement et non qualitativement, c'est-à-dire qu'un microbe agglutinable par un sérum d'un type donné, pourra perdre son agglutinabilité parce sérum, mais n’en acquerra Jamais vis-à-vis d'un sérum d’un autre type. Si l’agglutination positive n’est guère trompeuse (exception faite des coagglutinations signalées), la négative n’a pas grande valeur. La saturation des agglutinines échappe à ces reproches. Pour autant que nous l’ont montré des expériences répétées sur des centaines: de microbes, et souvent à plusieurs reprises pour h acun d'eux, elle permet de rapporter à un type cun microbe donné, que sa suspension soit stable ou non, qu'ilsoit agglutinable ou non, quelles que soient les variations de son agglutinabilité. Une épreuve négative permet d'affirmer qu'un microbe est étranger au type du sérum employé. Elle permet enfin d'éviter les deux erreurs possibles que nous avons rencontrées, à savoir: coagglutinine pour le type I dans les sérums de chevaux immunisés à la fois avec un bacille d'un autre type et avec la toxine du bacille Park Williams n° 8, coagglutinines pour le type II, des sérums de lapins préparés par l'injection d’un microbe du type II. Dans ce cas, la saturation du sérum de cheval par le bacille américain laisse persister entièrement, mais isolées, les agglutinines pour le type du microbe injecté en même temps que la toxine : la saturation du sérum de lapin du type Il par un microbe du type III, ne laisse persister que les agglutinines du type Il.