‹ Les Types de Bacilles Diphtériques: Valeur Thérapeutique Du Sérum Antidiphéritique AntimicrobienChapitre 46 sur 52 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Il s’agit d’une jeune fille ayant eu une diphtérie méconnue et par conséquent non traitée par le sérum. Trois semaines environ après son angine, elle présente des troubles visuels qui la gênent dans sa profession de comptable ; quelques jours après, affaiblissement progressif des membres inférieurs et, au moment où elle entre à l’hôpital, on constate une impotence complète des membres inférieurs, une diminution considérable de la force des membres supérieurs, de la paralysie du voile et de la paralysie de l’accommodation. Elle meurt brusquement de syncope deux jours après son entrée dans le service.

Des cultures du mucus nasal et du mucus pharyngé faites pendant la vie, montrent un assez grand nombre de bacilles diphtériques.

A l’autopsie, le cerveau est prélevé aseptiquement en lui conservant adhérente la plus grande longueur possible de nerfs crâniens ou de leurs racines.

On ensemenee des fragments du bulbe, de la protubérance, des hémisphères au niveau de la région rolandique et au niveau de la partie antérieure du lobe frontal. On cultive également un bulbe olfactif, les deux nerfs optiques y compris le chiasma, les deux nerfs moteurs oculaires communs dans le même tube que les moteurs oculaires externes et un pathétique, les faciaux, un auditif et, ensemble dans un même tube, toute la portion des racines qu’on

a pu recueillir du glosso-pharyngien, du pneumogastrique, du spinal et du grand hypoglosse. Au bout de 24 heures, les cultures du lobe frontal, du bulbe, de la protubérance, du bulbe olfactif, de la masse des derniers nerfs craniens. sont positives et donnent des colonies très abondantes ; les cultures de la région rolandique, des nerfs optiques, des moteurs oculaires, faciaux et auditifs, sont restés stériles au bout de plusieurs jours.

Les souches isolées se sont montr ces très virulentes pour le cobaye.

Il semble donc que les bacilles diphtériques aient utilisé toutes les voies nerveuses qui se présentaient à eux pour gagner les centres. Localisés d’abord dans le nez et le pharynx, ils sont montés par les nerfs olfactifs dans la région frontale et par les dernières paires crâniennes dans la région bulbo-protubérantielle.

Depuis cette première observation, l’obligeance du professeur Mouriquand nous a permis d’examiner avec la même technique les nerfs crâniens et l’encéphale de quatre sujets décédés de diphtérie. :

L’un d’eux présente exactement la même histoire clinique que la malade du docteur Bouchut.

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