‹ Les Types de Bacilles Diphtériques: Valeur Thérapeutique Du Sérum Antidiphéritique AntimicrobienChapitre 50 sur 52 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Lel... Marcel, 3 ans 1/2. Entre le 14 mars 1921 pour des phénomènes dyspnéiques, datant de 48 heures. Il a de plus une petite fausse membrane sur une amygdale. Le tubage est pratiqué immédiatement.

Le 16 mars se montrent des signes de broucho-pneumonie qui s’accentuent le lendemain. La mort survient le 19, surtout semble-t-il par broncho-pneumonie, dont l’autopsie montre des lésions bilatérales et étendues.

En culture sur sérum, on trouve des bacilles de Lœætffler

dans les nerfs olfactifs, le moteur oculaire commun, le trijumeau, dans l’ensemble des nerfs bulbaires, dans la protubérance et le bulbe. Pas de bacilles dans la région rolandique, dans le chiasma, les 4°, 7°, 8° paires.

En somme, sur cinq cas, le bacille a été trouvé dans quatre, à la fois dans la région protubérantielle, les bulbes olfactifs et les racines des nerfs bulbaires.

Cette statistique n'est pas encore assez importante pour établir fermement la pathogénie des paralysies diphtériques. Nous nous proposons, d’ailleurs, de continuer ces recherches. Cependant dès maintenant, la fréquence des bacilles dans le bulbe, la protubérance et dans les racines crâniennes provenant du rhino-pharinx, nous permet d'envisager que les bacilles peuvent quitter la fausse membrane, en suivant les nerfs qu'ils rencontrent. Par cette voie ils remontent aux centres nerveux, d’où ils peuvent ensuite diffuser dans d’autres régions (v. obs. V dans le nerf moteur oculaire commun et le trijumeau).

Une fois dans le bulbe, ils peuvent ou non provoquer des phénomènes pathologiques, conformément à des conditions de réceptivité ou d’immunité des malades qui nous échappent, et qui'ne sont d’ailleurs pas les mêraes que celles de la diphtérie proprement dite causée par la toxine soluble. Que les deux immunités soient différentes, cela est prouvé par le fait que des paralysies peuvent évoluer éhez un malade qui présente une réaction de Schick négative, comme l’ont montré les récentes discussions à la

Société Médicale des Hôpitaux de Paris, de Babonneix et Rist.

La progression des bacilles le long des nerfs s'accorde tout à fait avec l'hypothèse émise, dès 1903, par Rist, d’après laquelle les paralysies diphtériques seraient dues à l’endotoxine. Rist pensait qu'elles pourraient être influencées favorablement par un sérum antiendotoxique. C'est ce qu'ont démontré ies statistiques présentées au cours de ce travail.

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