CONCLUSIONS
Arrivé à la fin de l'exposition de nos recherches, qui ont duré plus de trois ans et ont porté sur plus de 700 malades, nous croyons pouvoir résumer aïnsi notre contribution personnelle à l’étude du bacille diphtérique et de la sérothérapie antidiphtérique.
Nous avons produit des sérums agglutinants à un très haut degré pour le bacille diphtérique, par des méthodes bien règlées, rapides, sans danger pour l'animal, (au moins chez le cheval). Nous avons obtenu aussi des sérums mixtes, tout aussi agglutinants, mais de plus fortement antitoxiques.
Ces sérums nous ont permis de délimiter cinq types de bacilles diphtériques, très distinctement individualisés par l’agglutination et de façon encore plus sûre par la saturation des agglutinines ; certains de ces types se différencient par leur pouvoir fermentatif électif pour certains hydrates de carbone. En dehors d’eux restent des échantillons de bacilles diphtériques, non classés encore.
L'observation clinique de malades traités comparativement par nos sérums mixtes et par des sérums antitoxiques, nous a montré la supériorité des sérums mixtes, en ce qui concerne les mortalités brute ou réduite, l’appariton de symptômes cardiaques, la durée du séjour des malades à l'hôpital. Mais la caractéristique de ces sérums est le pouvoir préventif vis-à-vis des paralysies, pouvoir d'autant plus intense qu’ils sont polyvalents.
La présence très fréquente de bacilles diphtériques dans le bulbe, la protubérance et dans les nerfs cràniens provenant du rhino-pharynx, nous inclinent à admettre que, de la fausse membrane, le bacille suit les nerfs qu’il rencontre pour se rendre dans le bulbe et la protubérance. Cette localisation élective du bacille et l’action antiparalytique du sérum antimicrobien confirment la pathogénie endotoxique des paralysies diphtériques.