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PARIS ET LES ÉTRANGERS

A M. RAFFAELLl, MAITRE PEINTRE.

ES amateurs de statistique se livrent chaque année à des travaux sérieux pour évaluer le nombre des étrangers qui viennent à Paris j)^^ du 1" janvier au 31 décembre. Ces calculs ne sont pas sans intérêt, car ces migrations annuelles sont variables selon que les saisons se montrent clémentes, que la fortune a souri aux uns,

que rinfortuiie a sévi sur les autres, ou que Paris offre quelque spectacle extraordinaire, en dehors de la puissante attraction qu'il exerce constamment sur rbumanité tout entière. On vient tout chercher à Paris, parce que l'on y trouve tout. La richesse, le plaisir et la gloire s'y rencontrent en compagnie de la ruine, du déplaisir et de l'oubh. Il n'est pas jusqu'à l'incognito que l'on ne s'y crée plus aisément qu'en aucun lieu du monde. Si Pranzini n'était pas allé à Marseille, il serait peut-être encore le préféré des agences qui groupentles étrangers pour leur montrer les curiosités de la grande ville. ï^e séduisant Levantin ne serait pas de trop pour donner quelque prestige à ces longues caravanes anglosaxonnes, qui ont perdu de leur caractère primitif et qui ne nous laissent à l'heure actuelle que l'impression de silhouettes taillées sur ce patron unique, mais insipide, qui a j;iit la l épiitatiun des couturiers de l'Angleterre.

Les étrangers que M. Hagenbeck de Hambourg envoie périodiquement au Jardin d'accHmatation sont bien plus attirants. La science anthropologique les goûte, et elle en tire profit pour l'étude des crânes africains et asiatiques, avec l'espoir d'améliorer les crânes européens par des croisements intelligents.

La première fois que je visitai M. Hagenbeck dans son domaine du Thier- Garten, il possédait un prince sénégalais dont Paris n avait pas voulu, et il en

AU JAUDI.V D ACCLIiMATATIOX

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